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de son rôle exact, la recherche des vedeltes de demain ne sera plus dictée par une considération fausse, mais orientée plutôt vers des sujets ayant un véritable tempérament d'artiste et une physionomie expressive.

A cet égard, les différentes écoles de l'art théâtral présentent un grand intérêt, aussi bien dans les classes du Conservatoire que chez un Baty, un Jouvet, un Rouleau, un Dullin.

Il est des jeunes gens et des jeunes filles qui, outre l'enthousiasme de leur âge et leur volonté d'arriver, possèdent déjà des rudiments de cette formation classique dont j'ai dit tout le bien que j'en pensais. C'est là, sans doute, la pépinière la plus riche qui puisse exister. En donnant à ces jeunes comédiens ou comédiennes la faculté de créer à l'écran un petit rôle, on jugera de leur tempérament et de l'orientation qu'il convient de lui donner. Cela ne les empêchera pas, d'ailleurs, de poursuivre des études extrêmement désirables, en même temps que ces brèves apparitions sur l'écran leur donneront une première assurance et un précieux encouragement.

Entrée des Artistes, un des plus beaux films de la production cinématographique française, avait permis à des élèves du Conservatoire, et d'autres écoles, de saisir la chance d'une première création à l'écran. Pour certains, l'essai fut remarqué ; pour tous une occasion inespérée de jouer, entourés, soutenus par de grands comédiens tels que : Jouvet et Claude Dauphin.

Ceux-là se trompent qui veulent à toute force établir une discrimination entre les nécessités

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de la scène et celles de l'écran. Un comédien,! excellent sur une scène de théâtre, le sera 1 l'écran. Et, plus le cinéma évoluera, plus il aura besoin d'excellents comédiens. Il est indéniable qu'il fallait un comédien de la valeur de* Laughton pour personnifier à l'écran le personnage de Rembrandt, ou le commandant des révoltés du Bounty. Imagine-t-on, par ailleurs, cè( qu'eut été Marius sans un Raimu, un Fresnay, une Orane Demazis ? et la Maternelle, sans Madeleine Renaud, son incomparable interprète ?

L'avenir appartient aux grands comédiens et. il à ceux qui suivront leurs traces.

Sous quelque latitude que ce soit, on apprécie leur talent, développé par un travail de chaque jour. Le rayonnement de leur personnalité leur confère le privilège insigne d'être vraiment des vedettes internationales, au sens le plus noble du mot.

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I LA PRESSE FILMÉE

La presse filmée est née iï y a trente-deux ans. Au début, Charles Pathé dut vaincre des résistances tenaces pour qu'on admette le principe du Pathé-Journal, première appellation de la presse filmée. Mais, ainsi qu'il l'avait prévu, cette branche nouvelle se développa avec une grande rapidité.

De nos jours, la presse filmée est entrée dans les mœurs.

De nombreuses publications illustrées ont familiarisé le public avec les à-côtés les plus brillants de la production cinématographique. Il n'est pas une vedette dont on n'ait cherché à définir les pensées cachées, pas un metteur en scène auquel on n'ait prêté des propos dont il est le premier à s'étonner. Il semble que, pour juger des choses du cinéma, il faille projeter sur les moindres détails de la vie du monde des studios la clarté aveuglante d'un sunlight...

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Mais, à l'ombre de ces visions fulgurantes, i existe des techniciens, opérateurs d'actualités ingénieurs du son, qui poursuivent inlassablement leur tâche : celle de renseigner le grand pubiic sur l'actualité de chaque jour.

Avec ces chasseurs d'images, nous sommes loin du studio et de ses splendeurs, — parfois bien surfaites.

Dans le cadre d'un bureau sans grand apparat, les cinéastes de l'actualité viennent chaque matin discuter des événements du jour, de l'intérêt qu'ils peuvent éventuellement présenter pour le public. Jamais, au cours de ces discussions, la pensée de ces hommes n'est effleurée par les difficultés que soulèvera immanquablement la prise de vues de tel ou tel sujet. Une fois 1' « histoire » inscrite au programme du; journal filmé, rien ne saurait les empêcher de la « couvrir », comme on dit en termes de métier.

A toute heure du jour, voire de la nuit, ils partent, dans leurs voitures rapides, avec leur matériel, prêts à dérouler le câble du micro et à braquer leur objectif sur l'événement du moment. Dans des conditions précaires, parfois périlleuses, ils vont, souriants, filmer des documents que le spectateur verra, confortablement assis dans son fauteuil, sans se douter un instant de la somme d'efforts et de risques que représente telle vue sensationnelle, qui se déroule devant ses yeux en moins d'une minute.

Le plus grand souci d'un journal filmé est de ne pas se laisser déborder par l'actualité, d'être toujours prêt à filmer un événement im-

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portant. Sa plus grande gloire, de le présenter sur l'écran avant tout le monde, r: Si, le jour du changement hebdomadaire de l'actualité dans les cinémas, un fait marquant vient à se produire dans la journée, il est difficile, parfois même impossible ■ — j'hésite à écrire ce mot — de le filmer pour le présenter au public le même soir.

Lorsque Costes et Bellonte revinrent de leur raid Paris-Tsi-Tsi-Har, record du monde de la distance en ligne droite, ils atterrirent au Bourget vers k heures de l'après-midi environ. Un peu imprudememnt, j'avais décidé de présenter, quelques heures plus tard, ce retour triomphal sur l'écran d'un grand cinéma des boulevards.

Un avion, loué au Bourget, partit avec un opérateur de prises de vues, à la rencontre des deux aviateurs. Filmé en plein vol, l'avion de Costes et Bellonte se posa, peu après, sur le terrain d'atterrissage. Mouvements de foule, premières félicitations officielles... rien n'échappa à l'objectif de la camera. Mais le temps pressait. Prévenue, l'usine de Joinville-le-Pont attendait impatiemment les chargeurs de pellicule impressionnée. Nous les plaçâmes dans la carlingue de notre avion qui décolla aussitôt. Au-dessus du champ de manœuvre de Vincennes, le paquet de films lesté fut lancé par-dessus bord. Sur le terrain, un reporter attendait le précieux colis pour le transporter, sur une motocyclette rapide, jusqu'à l'usine.

Il était déjà presque 7 heures.

Développés et rapidement séchés, les rouleaux

de films furent passés au montage. Des 3oo mètres de pellicule qui avaient été tournés et développés, 70 mètres de négatif furent retenus pour le montage définitif de l'histoire. Après une dernière vérification du synchronisme de l'image et du son, on passa, enfin, au tirage de la copie positive.

Pendant ce temps, mon reporter attendait, prêt à bondir sur sa moto, avec le film. Vaguement inquiet, j'attendais moi-même la précieuse bobine dans le hall du cinéma où l'on devait la projeter. On me l'apporta une minute avant l'heure fixée. Nous étions sauvés, le public satisfait.

Mais que d'efforts ! pour présenter une actualité, dont la projection sur l'écran dépassa à peine 2 minutes !

Et je ne parle pas de tous les ennuis météorologiques, mécaniques ou autres qui peuvent surgir au cours des prises de vues ; aux déplacements journaliers des opérateurs avec un matériel encombrant, pour filmer aujourd'hui à Paris, demain à Bordeaux, le jour suivant à Marseille... On imagine volontiers l'organisation que cela entraîne.

Pratiquement, le personnel de la presse filmée ne trouve un peu de repos qu'un jour par semaine. Celui où, à la même heure, aux quatre coins de France, est projetée la nouvelle bobine d'actualité. Dès le lendemain, on recommence à se préoccuper des événements. Et le second jour, une sorte de fièvre commence à s'emparer de chacun : la hantise de « couvrir » toutes les histoires en temps voulu. Cette course à la montre conti-

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nue jusqu'à l'instant où les 100 ou 200 exemplaires de l'actualité viendront à nouveau donner au public un aperçu des faits de la semaine écoulée.

A côté de l'actualité proprement dite, il .existait des traditions, comme celle de filmer à l'approche de la Noël les étalages de dindes et d'oies, bourrées de marrons, ainsi que les vitrines de jouets des grands magasins.

Ces fins d'années étaient particulièrement fatigantes pour les reporters de la presse filmée. Ils étaient partout : réceptions officielles, distributions de jouets, réjouissances populaires ; rien n'était négligé. Et souvent, au lieu de la dinde rôtie, ils avaient tout juste le temps d'avaler un sandwich. Pour eux, les fêtes commençaient le I janvier.

Entre l'opérateur chargé de la prise de vue, l'ingénieur responsable de l'enregistrement sonore, et le chauffeur qui veille à la bonne marche du camion, aucune mésentente. Le désir de s'aider, c'est tout.

Ces cinéastes de l'actualité, je les connais bien. J'ai pour eux toute l'estime et l'affection de celui qui a su les apprécier, qui a senti chez eux ce désir constant d'apporter toute leur énergie, tout leur optimisme et par-dessus tout une confiance sans limites au chef qui s'enorgueillit aujourd'hui d'avoir, avec eux et grâce à eux, créé le Pathé-Journal sonore et parlé.

Pendant près de deux ans, nous avons continuellement cherché à renouveler l'actualité filmée, par de nouveaux modes de présentation, par la création de rubriques, où, selon son ca-

ractère et son importance, le fait du jour prenait place.

La fantaisie y trouvait également son compte, non pas en marge de l'actualité, mais dans l'actualité elle-même. En effet, il est certains sujets dont l'intérêt s'augmente sensiblement s'ils s'accompagnent d'une présentation originale et plaisante.

Pour un esprit non averti, le quotidien d'information et le journal d'actualité cinématographique, poursuivant le même but, devraient, par les points communs qu'ils présentent, se concevoir sous une forme semblable.

Or, on oublie trop souvent que le spectateur, au cinéma, assiste bon gré mal gré à la projection intégrale de l'actualité, alors que le lecteur d'un journal imprimé n'est nullement contraint d'aller jusqu'à la fin d'un article qu'il n'apprécie pas.

D'où la nécessité d'être très circonspect, pour ne pas indisposer le spectateur par la projection d'une actualité trop longue ou de heurter son sentiment par une présentation maladroite.

L'actualité peut être envisagée sous trois aspects différents :

En premier lieu, ce qu'il est convenu d'appeler les événements périodiques, qui reviennent, d'année en année, comme les saisons : Carnaval de Nice, Six Jours, Grand Prix, Tour de France cycliste, et combien d'autres 1

Ensuite se place l'actualité mondiale dans ce qu'elle présente de saillant et d'intéressant pour le public : raids d'aviation, expéditions scientifiques, grandes manifestations de l'activité po-

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litique internationale. Il reste enfin les sujets neufs ; invention nouvelle, enquête inédite, création d'une pièce de théâtre, événement artistique, littéraire ou autre.

Chaque année, la Journée des Drags attirait un public nombreux. Or, l'intérêt de cet événement périodique se rehaussait d'une des premières manifestations de l'élégance féminine. Cette réunion était faite d'atours chatoyants, de mille propos échangés, et de notations amusantes que la plume alerte d'un chroniqueur ne saurait manquer de décrire avec une fantaisie sans cesse renouvelée.

Le journaliste cinématographique ne peut malheureusement pas observer le même laisseraller dans ses propos filmés ; là où le chroniqueur décrit en quelques mots le charme d'une toilette, l'opérateur d'actualités est obligé de demander à cette toilette de se décrire elle-même, avec le bienveillant concours de celle qui la porte.

Dans l'impossibilité où la presse filmée se trouve de s'attarder complaisamment aux à-côtés et aux mille détails dont le public est friand, elle se doit de faire l'effort nécessaire pour ne pas se contenter de présenter à l'écran des vues qui semblent être des agrandissements animés des photos publiées, depuis plusieurs jours déjà, par des journaux de la presse imprimée.

Pour s'évader de la monotonie née de la répétition annuelle de tels événements, il convient de développer leur côté accidentel, voire même le provoquer.

Ainsi ne serait-il pas intéressant, clans le cas qui nous occupe, de révéler les origines de la

Journée des Drags, et. la tradition qu'elle renferme ?

Après tout, lors du décès d'un homme illus-; tre, ne projette-t-on pas dans les salles un aperçu des différentes étapes de sa vie, et ce raccourci ne renforce-t-il pas la signification de l'événement qui vient de se produire ?

Une discrimination s'impose dans la grande actualité mondiale. J'entends qu'il existe, en de-| hors des difficultés techniques, que l'on surmon-j te, pour filmer un raid d'aviation, par exemple, des difficultés d'un autre ordre lorsqu'il s'agit de montrer et de faire entendre au public des manifestations oratoires se déroulant à l'étranger.

En ouvrant son quotidien, le lecteur peut parcourir, sans réaction visible, le discours d'un homme d'Etat dont il ne partage pas les idées. Entre l'orateur et lui, une tierce personne s'interpose : le journaliste qui commente. Au ciné-" ma, ce médiateur s'évanouit. Le lecteur, devenu spectateur, est placé devant le personnage, dont les gestes et les expressions, agrandis par l'écran, soulignent le sens des paroles et en amplifient la portée. Se croyant pris à partie, chaque spectateur voit dans ce discours une sorte de provocation, presque un défi. Il devient militant de parti et réagit comme tel. De là l'explication de ces manifestations dans les salles de spectacle et l'inutilité de faire appel au calme et à l'objectivité du spectateur, alors qu'il est sous l'impression d'une offense personnelle.

Cette remarque n'est pas particulière à l'actualité politique internationale, mais s'applique

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