‹ Le cinémaChapitre 6 sur 17 · DOUBLAGE DES FILMS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

DOUBLAGE DES FILMS ÉTRANGERS

Pour le profane, un film doublé est la reproduction imparfaite d'une œuvre cinématographique étrangère. Il éprouve donc, dès avant sa projection, le senti- [ ment que le résultat ne pourra être que bien in- ; férieur à ce qu'aurait pu donner la version originale sous-titrée.

Cela était vrai autrefois.

Il était aisé, au temps du muet, de rendre compréhensible un film étranger, par la sim- I pie traduction de ses sous-titres. Dans les premières années du cinéma parlé, on commença à traduire le texte des films parlés étrangers, et à le faire dire par des comédiens français.

A cette époque, ce qui importait avant tout, c'était que le texte parlé en français fût parfaitement audible. On estimait alors que la condition essentielle d'un bon doublage était réalisée, et ceci posé, on n'attachait qu'une importance secondaire à tous les autres aspects du problè-

me : valeur du texte traduit, concordance entre le mouvement des lèvres des comédiens étrangers et l'articulation des mots français, plans sonores, — c'est-à-dire sensation auditive de rapprochement ou d'éloignement des artistes durant une scène jouée, — choix des voix... A telle enseigne qu'il était fréquent qu'un comédien français prêtât sa voix à plusieurs comédiens étrangers jouant dans un même film, et lorsque le hasard, assez courant d'ailleurs, réunissait sur l'écran deux comédiens étrangers, dont il disait les textes, il lui arrivait de se donner à lui-même la réplique !

Somme toute, dans un studio de doublage, si une scène filmée comportait alors cinq ou six personnages principaux, on voyait, devant le micro servant à l'enregistrement du texte français, trois ou quatre comédiens alignés en rang d'oignons, et qui parlaient chacun à leur tour, sans pouvoir, à aucun moment, ébaucher le moindre jeu de scène...

Ces dernières années, le doublage a fait de grands progrès, et les résultats obtenus, encore qu'ils laissent la porte ouverte à des perfectionnements nouveaux, sont déjà très satisfaisants.

Une des difficultés les plus sérieuses du dou- Blage est d'abord l'adaptation du texte étranger en langue française. Celui qui est chargé de ce travail est guidé par le souci de respecter le synchronisme entre le mouvement des lèvres de l'artiste étranger et les paroles françaises qu'il doit substituer au texte original.

On imagine aisément que certaines voyelles combinées, telles que le th anglais, certaines

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