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LE DOUBLAGE

français doit commencer à parler à un moment précis, ni trop tôt, ni trop tard, et à une cadence donnée ; ni trop vite, ni trop lentement, sous peine de continuer à entendre sa voix, alors que les lèvres du comédien étranger seront closes. Contrairement à ce que l'on imagine, un bon doublage nécessite un grand nombre de répétitions, et plusieurs enregistrements effectifs parmi lesquels on fait un choix, tout comme lors du montage proprement dit d'un film.

Si l'on se limitait à ces deux points essentiels dans le doublage d'un film, le résultat serait imparfait, car non seulement le texte doit respecter la pensée de l'auteur, l'artiste français traduire fidèlement les nuances de jeu de l'artiste étranger, mais encore faut-il recréer l'ambiance sonore de chaque scène.

Entendons par là l'obligation, lors du doublage d'un film, de bien marquer les emplacements des différents comédiens qui jouent, dans le texte français, une scène, afin de donner au son sa voluminosité, et la perspective sonore qui est une des conditions de la vérité de la scène doublée.

Dans une scène tournée en extérieur, il n'existe pas de réverbération sonore, puisque le son se propage dans l'air libre. Par contre, entre les quatre murs d'un studio, il est indispensable de couper toute réverbération possible, par des moyens techniques appropriés, qui amortissent complètement les ondes sonores, recréant ainsi l'illusion de l'espace libre.

Les cas particuliers d'écho, d'impression de lointain, sont autant de problèmes techniques

qui retiennent l'attention des techniciens du doublage. Sans compter l'atmosphère générale d'une scène, îaite de bruits spécifiques, fermeture d'une porte, déplacement dans une pièce, intégrés tout naturellement à la scène.

On s'est efforcé, ces derniers temps, de don-, ner aux artistes un semblant de décor, pour mieux les imprégner de l'ambiance. Ce faisant, on a tendu à se rapprocher le plus possible des conditions dans lesquelles la scène a été tournée dans sa version originale.

Aujourd'hui, le doublage d'un film n'est plus fait avec des moyens de fortune. Bien au contraire, il possède sa technique, demande des semaines de travail et entraîne des frais élevés.

Il en est des cinéastes du doublage comme des cinéastes en général : ceux qui ont l'amour de leur métier et une haute probité professionnelle s'attachent à apporter chaque jour des améliorations à leur art.

Le temps n'est plus où les comédiens considéraient le travail du doublage comme un pisaller. Ils ont compris qu'il y avait là pour eux des possibilités de créations intéressjantes, et qu'après tout, ce n'est pas n'importe quel comédien qui peut doubler un grand artiste. Ils prennent désormais un vif intérêt à leur rôle.

Il arrive qu'un comédien français soit engagé régulièrement pour prêter sa voix, dans un studio de doublage, à tel comédien étranger. Et il s'agit souvent de compositions différentes qui entraînent l'obligation pour le comédien français de composer lui aussi un nouveau personnage.

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