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Fig. 11. æ— Fragment d’un film de cinématographe. La bande de celluloïd est perforée sur les côtés. Ces perforations servent de guide. Chaque pose correspond à quatre perforations. Le pas de l’avancement d’une pose à la suivante est de 19mm,
àa permettre l'utilisation de n'importe quel film dans n'importe quel appareil. Déjà, en 1890, en France seulement, on comptait quatre types principaux et différents de pellicules cinématographiques : le type Edison, le type Lumière, le type Clément Maurice et le type Demeny. Hospitalier proposa d'adopter un pas uniforme correspondant à 45mm x 35mm,
Les films sont actuellement d’une manière générale à pas normal, c'est-à-dire présentant 19m de distance entre deux images successives (fig. II). Chaque image s'étend sur la LONEURE de quatre perforations.
La pellicule vierge négative vaut actuellement 2fr, 50 le mètre; la pellicule positive un peu plus de xfr.
La technique du film s’est actuellement développée à l'extrême: la fabrication d’une bande de cinématographe comporte de très nombreuses opérations; toute une industrie, employant des machines très précises et très perfectionnées, s’est créée : machines à perforer, machines à brosser, débarrassant les films des minuscules poussières de celluloïd qui, lors du tirage, produiraient des taches. À cause de la grande sensibilité des films négatifs au gélatino-bromure leur brossage est spécial; il faut éviter, au cours de la fabrication, les effluves par frottement qui impressionneraient la couche sensible.
Le mécanisme des appareils de prise de vue ne diffère pas essentiellement de celui des appareils de projection. Un démultiplicateur permet toutefois de dérouler très lentement le film sensible, et si l’on veut de le dérouler à l'envers.
- Les films impressionnés, enroulés autour de châssis de bois, sont développés, lavés, séchés, dans de vastes ateliers, dont certains faiblement éclairés en rouge.
Le négatif passe à l'atelier d’arrangement. Il y a peu d’années encore pour 100 de négatifs utilisables, il fallait prendre 300 et plus de bande ? Aujourd’hui la technique de la prise des vues s’est remarquable-
ment développée. La proximité des ateliers de prise de vues et de développement y a beaucoup aidé. Un bon négatif, obtenu au prix de mille soins et qui revient fort cher, produit d’ailleurs des milliers de kilomètres de bandes positives.
Le négatif, bon pour le tirage, est enroulé, doublé d'une bande sensible. Dans l'appareil de tirage, une lampe à incandescence impressionne, image par image. la bande positive dont le traitement s'opère ensuite comme pour les négatifs, dans des pièces moins obscures toutefois.
Les usines et ateliers élaborant les films constituent des établissements très vastes. Nous citerons, entre autres, les usines Pathé à Vincennes, qui, par leur étendue, permettent de se rendre compte de l'énorme développement qu'a pris l’industrie des films de cinéma.
Donnons quelques détails concernant la réalisation des étonnants spectacles que les cinémas actuels projettent à profusion. Le fabricant de bandes cinématographiques est un véritable directeur de théâtre,
L'artiste pour cinéma doit avoir des qualités particulières. C’est ün travail tout spécial qu'on lui demande. Si les répétitions sont nombreuses, en effet, on ne joue la pièce qu’une fois. Il faut en préparer ensuite une autre. Si la mémoire des mots n'est pas, en somme, indispensable, celle des gestes importe. Les costumes, les décors doivent être en tons neutres, la bande sensible ne rendant pas les couleurs, mais par contre l’action doit être irréprochable. La lumière, l’éclairage de la scène doivent être, en tout temps, assurés par
TURPAIN. — V. 3
de nombreuses lampes électriques qui suppléent le soleil, les jours de pluie. Pour les scènes en plein air, le cadre doit être recherché avec soin.
La Passion du Christ nécessita 130 figurants, 25 chevaux, et un grand nombre d'armes et de bagages qui furent emmenés, pendant plusieurs jours, dans la forêt de Fontainebleau.
Un mannequin ou mieux un clown adroit, jeté du haut en bas d’un échafaudage, que vous prenez pour un malheureux ouvrier victime du devoir professionnel, figure un acteur de la mise en scène d'une prise de vue cinématographique. Il y a aussi des trucs à réaliser: renversement d’échafaudage par un omnibus, locomotive heurtant une voiture. Pour le premier, on disposera des clowns prestes et déguisés en ouvriers sur l'échafaudage que l’omnibus heurte en douceur. Pour le second, sur une voie à trafic réduit, une locomotive viendra s'arrêter presque sur la voiture qu'elle renversera. Tout cela, fait posément, sera enregistré lentement et, par la vitesse donnée ensuite à la bande, on aura l'impression d’une action rapide.
Prix de revient de films négatifs. — I] n’est pas rare que l’exécution de films de quelques milliers de mètres atteigne plusieurs centaines de mille francs, ou même un ou plusieurs millions.
DÉVELOPPEMENT MÉCANIQUE DES FILMS. — On comprend que les opérations auxquelles donnent lieu le développement, le fixage, le lavage, et le
séchage des films négatifs aient nécessité l'étude et l’agencement de laboratoires particulièrement organisés pour ce travail qui est extrêmement délicat puisqu'il met en risque des films portant l'impression photographique de scènes pour l'exécution desquelles ces énormes dépenses sont parfois engagées.
Le dispositif pour le développement industriel du film a été étudié, réalisé et employé depuis une vingtaine d’années par les Établissements Gaumont. Il comporte un agencement mécanique très complexe, mais d'un rendement considérable., Les résultats sont tels que plusieurs machines ont été vendues en Amérique par cette Société.
La figure 12 indique le schéma de ces dispositifs.
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develop D RPG RN ae Flycerine “ Fig. 12. — Schéma du dispositif permettant le trai- 8 P
tement mécanique des films, automatiquement, depuis
le développement photographique jusqu’au séchage inclus.
Pour le tirage des nombreux exemplaires positifs qui doivent servir, dans les différents pays du monde, à reproduire, par projections, les scènes jouées, d’autres laboratoires, très vastes et pourvus d’un matériel extrêmement ingénieux, ont aussi été imaginés, édifiés et agencés. La Société des Établissements
Gaumont fut, en effet, la première (1907) à concevoir, établir et mettre en service des batteries de machines automatiques à développer. Ce matériel permet actuellement à la Société des Établissements Gaumont de produire quotidiennement jusqu'à 100 000% de bandes cinématographiques positives. Si l’on songe que chaque mètre porte 50 images, on voit à quel point les manipulations sont industriellement opérées, puisqu'elles peuvent s'exercer, dans une journée, sur 5 millions d'images.
Nous avons, vu que le film, avant d’être livré à l'exploitation, est soumis à des contrôles successifs. Mais sa vente est une chose difficile, de l’aveu de ceux auxquels les questions commerciales sont les plus familières ; 1l n'existe pas, en effet, de marché plus mobile et plus aléatoire que celui du film, en raison des multiples conditions à remplir pour satisfaire une clientèle mondiale.
Il importe d'abord d'accomplir des prodiges de vitesse.
S'il s'agit de présenter au public du monde entier une actualité sensationnelle; il faut ne connaître nul obstacle pour arriver le premier, c'est ainsi par exemple que, lors du Durbar de Delhi, le négatif pris par les Établissements Gaumont, rapporté des Indes par les paquebots et les voies ferrées les plus rapides, parvenait aux Usines des Buttes-Chaumont un soir à 18h et que, moingide 3h après, 25 000 de films impressionnés pouvaient être embarqués pour Londres. Dès le endemain matin, les Anglais applaudissaient le couronnement de leur Roi comme Empe-
LA
reur des Indes et pouvaient contempler sur l'écran la succession des diverses cérémonies du Sacre au milieu de leur magnificence et du cadre merveilleux qui leur avait été choisi. S'il s’agit de faire parvenir de tous les points du globe les films qui font partie des programmes hebdomadaires, il faut encore ne pas perdre de temps et tenir compte de la position des centres à desservir. Il est nécessaire, en effet, qu'ils reçoivent, tous en même temps, les films d’un même programme pour éviter qu'ils puissent se faire concurrence.
LA VIE UTILE D'UN FILM. — Quelle est la vie utile d'un film dont la préparation parfaite coûta un si long et si minutieux travail ? Celle d'une vue de bande positive du kinétoscope d’'Edison n'atteignait pas une seconde. Les bandes de cinéma ont plus de durée d'activité. Pour 33 000 vues durant 20 minutes, chaque vue étant projetée , 5: de seconde, le mouvement saccadé et la présence de perforations ne permettant pas plus de 500 à 1000 projections, la vie utile de chaque vue ne dure que de 18 à 36 secondes.
CURIOSITÉS ET FANTASMAGORIES CINÉMATOGRA- PHIQUES. — Il est des films curieux et fantasmagoriques ; une boîte d’allumettes s'ouvre, une allumette en sort, s'allume et vase placer verticalement à quelque distance; puis une seconde allumette sort de la boîte, s'allume aussi et se range à côté de la première, etc. Les allumettes se rangent de manière à former les lettres d'un mot.Le film négatif seconfectionne en prenant
plusieurs séries de vues de la boîte d’allumettes fermée que l’on ouvre lentement au moyen de fils invisibles noirs sur fond noir, puis la boîte ouverte, de l’allumette qu'on en fait sortir au moyen d'un fil manœuvré d'un point extérieur au champ photographié. Toute cette série de vues successives doit être travaillée, rapportée, retouchée, pour en définitive fournir le négatif dernier qui donnera la complète illusion et d'où l’on pourra alors tirer, il est vrai, un grand nombre de positifs.
Voici quelques autres curiosités cinématographiques inspirées, en somme, par le principe du cinématographe, par le phénakisticope de Plateau.
Photographiez à des intervalles de temps convenables un même rosier de votre jardin, dès que la poussée printanière apparaît et répétez de temps en temps l'opération en vous plaçant toujours par rapport au rosier dans la même situation. Cela jusqu à l'épanouissement complet des plus belles roses. Réunissez ensuite toutes les épreuves obtenues sur un film positif de cinématographe et projetez le film obtenu, vous assisterez à la croissance de la rose cinématographiquement démontrée. Ce curieux procédé peut être employé à donner l'illusion de la vie accélérée à des paysages qu'on verrait se modifier à vue d'œil, se couvrir de neige, s’en dépouiller, se garnir de feuillages et de moissons, et cela en quelques minutes. Le département de l'Agriculture aux États- Unis à mis en pratique cette idée originale. Un appareil de chronophotographie, disposé dans l’une des serres de la division de pathologie végétale, a pour
mission de prendre des photographies successives d'un tout petit chêne. Le fonctionnement est automatique; on prend une photographie par heure, même la nuit grâce à la lumière électrique. On continuera les photographies jusqu'à ce que le petit arbuste ait un vrai bouquet de feuilles. On se propose d'appliquer cette méthode à l'observation des maladies qui déciment les végétaux, ce qui permettra par la suite de faire d'instructives projections dans les écoles et dans les stations où l’on donne l'enseignement agricole.
Voulez-vous obtenir des résultats conduisant à un spectacle des plus bizarres et des plus inattendus ? Projetez une série de bandes cinématographiques en la déroulant à l'envers. Le cinématographe fournit ainsi la plus curieuse des machines à explorer le temps que le fameux romancier Wells imagina sans arriver cependant à concevoir les détails qu’un simple cinématographe tourné à l'envers nous révèle. Le buveur prend son verre vide et le repose plein. Le fumeur.voit la fumée naître dans l’espace et entrer dans son cigare qui s’allonge avec le temps. Le lutteur qui à jeté ses vêtements les voit revenir vers lui et le recevoir tandis qu'il se livre à des contorsions inexplicables puisque nous n'avons jamais vu les phénomènes les plus ordinaires de la vie se dérouler en remontant dans le temps.
Enfin voici une dernière curiosité : on sait qu'en truquant des photographies et en les photographiant à nouveau, on peut représenter une personne déjeunant avec elle-même, se battant avec elle-même,
s’assassinant elle-même. En faisant passer deux fois une même bande cinématographique dans l’appareil et en posant deux scènes complémentaires convenablement réglées l’une par rapport à l’autre, on peut arriver à projeter de semblables scènes inexplicables pour les non-initiés. Les esprits crédules pensent assister à une cinématographie de l’au-delà, l'acteur s'étant dégagé de son corps astral, et qu'il le félicite, l’héberge ou le morigène.
LA CINÉMATOGRAPHIE DANS LA RECHERCHE SCIEN- TIFIQUE ET DANS L'ENSEIGNEMENT. — Par un Juste retour des choses, les laboratoires après avoir, au prix de patientes et délicates recherches, indiqué aux industriels un domaine intéressant d'exploitation pratique, voient les applications pratiques des résultats de ces recherches leur fournir de commodes et admirables outils pour des recherches nouvelles.
C’est ainsi que la cinématographie fournit à l’enseignement des sciences expérimentales un précieux concours (ici le conférencier projette divers films instructifs : l'air liquide; une plante qui fait ses provisions : le néphentés; examen par les rayons X; le mimétisme, film coloré; tous ces films sont dus à l’aimable complaisance de MM. Pathé frères).
C’est ainsi que le cinématographe devient l’auxiliaire précieux de recherches scientifiques délicates. Le Dr Marage a illustré ses importantes études des organes respiratoires et ses recherches sur la voix humaine de films très intéressants que notre collègue a confiés au conférencier, ce qui lui permet de projeter
des inscriptions cinématographiques du plus haut intérêt pour la physiologie de la voix.
Enfin la cinématographie permet encore une sorte de graphisme animé des phénomènes de l’atmosphère. M. Garrigou-Lagrange, le distingué secrétaire général de la Société Gay-Lussac, qui a fondé et qui dirige l'Observatoire météorologique de Limoges, a eu l’heureuse idée de rendre sensibles les mouvements des aires de haute et de basse pression qui caractérisent, en chaque saison, la circulation générale de l’atmosphère. Il considère chacune des cartes qui, embrassant un hémisphère entier, y marque l’état des pressions par la distribution des isobares, comme étant une photographie instantanée. Les reliant alors l’une à l’autre par le nombre nécessaire de situations intermédiaires, il les transporte sur un film cinématographique ou en forme un carnet. Ces suites de cartes donnent l'impression d'un mouvement du plus haut intérêt. Deux de ces suites de cartes, l’une relative à l’Europe, l’autre à l'Amérique du Nord, montrent que les dépressions progressent en suivant une trajectoire tantôt au Nord sur le 70° parallèle, tantôt au Sud sur le 30€, en telle sorte qu'il semble que l’atmosphèré éprouve sur la région étudiée une sorte de respiration. Ces études, déjà intéressantes en elles-mêmes, montrent que les phénomènes suivent une loi de périodicité assez nette qui rappelle des relations analogues à celles que Henri Poincaré a mises en lumière touchant le déplacement du champ de l’alisé. D'une façon générale, la lune agirait, audessus du 30° parallèle, en entraînant dans des mouve-
Fig. 13. — Analyse de mouvements très rapides par le cinématographe inscripteur: Expériences de M. Bull: a, vol de la libellule; b, choc d’une bulle de savon, son éclatement à la rencontre d’un projectile.
ments d'ensemble de vastes régions de l'atmosphère. Inutile d’insister sur l'intérêt de ces recherches en ce qui concerne la prévision du temps à longue échéance.
Cette méthode offre en outre un grand. intérêt au point de vue éducatif. La complexité des mouvements atmosphériques et leur durée ne permettent de les reconnaître qu'en consultant attentivement une longue suite de cartes synoptiques, opération toujours très difficile, tandis que le procédé cinématographique permet de les voir, en quelque sorte, toutes à la fois, puisque la vue d’un mois, par exemple, dure à ‘peine quelques secondes.
Le cinématographe, en se perfectionnant et s’industrialisant avec une rapidité et une ampleur véritablement inattendues, a permis l'inscription de mouvements de l’ordre de durée de moins de ,4:: de seconde, : tels que ceux particulièrement rapides des battements de l’aile des insectes. A l'institut Marey, M. Bull a pu, en utilisant comme éclairage la même étincelle électrique particulière qui servit à la photographie des balles en mouvements, enregistrer sur un film plus de 2000 images stéréoscopiques, dans l'intervalle d’une seconde, de ces battements d'ailes d'insectes
(fig. 13).
La microcinématographe. — M. le DT Comandon à appliqué encore le cinématographe à l'enregistrement de ce qui se voit dans le champ du microscope et de l’hypermicroscope. Le microscope placé horizontalement produit sur le film une image réelle et agrandie de la préparation. Il suffit pour cela de placer
le cinématographe à la suite immédiate du microscope. Par un petit orifice disposé à l'arrière, on peut surveiller avec une forte loupe la mise au point de la préparation et son maintien dans le champ. L’éclairage intense est assuré par un arc électrique de 30 ampères. Ce sont les effets calorifiques. produits par cette source intense de lumière qui constituèrent’ les difficultés les plus grandes à surmonter pour la réalisation pratique de ces expériences. Quelques instants d'exposition à ces rayons lumineux suffisent, en effet, pour tuer les microbes étudiés. M. Comandon
réussit à détourner l’effet nocif de la lumière en utili--
sant un disque rotatif qui ne démasque l’arc électrique que pendant .!, de seconde pour chaque pose, avec un intervalle égal entre les poses successives. De .plus, une cuve à circulation d’eau froide est interposée sur le trajet du faisceau.
Ce sont de merveilleux spectacles qu'offre à l'œil la projection des films de la cinématographie de l'invisible. Nous pénétrons sans peine et sans fatigue ce merveilleux monde des infiniment petits, jusqu'alors réservé aux yeux attentifs des chercheurs penchés pendant des heures sur le microscope. Nous compre-
nons la passion et la patience des observateurs du .
microscope; le monde nouveau qui leur est révélé est si actif, si complexe, le spectacle si passionnant aussi.
Voici au milieu d’un amas de cellule un canal sanguin où circulent, semblables aux cailloux roulés par quelque gave, les globules du sang. Encore le processus de la mort chez les oiseaux dont le sang
ns: " s
est infesté d'un parasite particulièrement virulent; le Spirochète gallinarum. Nous assistons au drame.
Fig. 14. — Expériences de M. le Dr Comandon : 4, tripanosome dans du sang de rat. Ne tue que les jeunes rats. On voit le blépharoplaste au point brillant situé dans la tête. Lors de la projection du film on voit ces parasites bousculer dans tous les sens les hématies qui rebondissent comme des balles de caoutchouc. b, spirochètes de la fièvre récurrente dans du sang de poule (film Pathé frères).
Au milieu de globules rouges, de longs filaments en spirales se déplacent (fig. 14) avec rapidité comme
des sortes d’anguilles. Ils s’accrochent ou se pénètrent parfois l’un l’autre et sortent de cette lutte allongés, mais toujours actifs. Bientôt ils transpercent un globule sanguin et y restent emprisonnés. Parfois ils s’échappent du globule rouge qu'ils ont pénétré et le laissent détérioré. C’est alors un globule blanc; masse de protoplasme distribué autour d'un noyau, dont on aperçoit le lent mouvement amiboïde. Le globule blanc rencontre un globule rouge détérioré et se met en mouvement pour l’absorber. On voit l’attaqué et la défense du sang. On conçoït de quelle ressource vont être, pour l’enseignement et la vulgarisation de la biologie, les films de M. Comandon qui bientôt, espérons-le, seront multipliés et projetés dans tous les cours de sciences biologiques.
Radiographe cinématographique. — Poursuivant les applicationsdela cinématographie,MM.Comandon et Lomon yont soumis la radiographie.La figure 15 montreun film Pathé représentant la cinématographie delaradiographie d’uñe main humaine s’ouvrant. Quels horizons nouveaux concernant un grand nombre de problèmes importants, en physiologie comme en pathologie (1)!
Enseignement. — Est-il vraiment besoin d'insister sur l'importance de ce nouvel instrument de travail, de recherche et de dissémination du savoir ? Comme pour toutes les inventions du génie humain le cinématographe, à peine néà la vie pratique, a dû d’abord servir les intérêts des oisifs et être utilisé à des futi-
(!) Toutrécemment (juin 1924) MM. LomonetComandon ont réalisé la radiocinématographie du cœur humain.
SJ
Fig. 15. — Radiocinématographie d’une main qui s'ouvre, expérience de MM. Comandon et Lomon (film Pathé frères).
lités. Mais voici enfin l'ère des réalisations utiles qui s'ouvre: les applications aux arts et aux sciences. La vie d'atelier, la transformation de la matière, le développement de l'outillage, rendus faciles à observer. et à comprendre et, dès lors, c’est une éducation de l'esprit autrement plus puissante et autrement plus juste. À saisir ainsi sur le fait toute l’ingéniosité, toute l’acuité, toute l'intelligence du travail humain, on se prend à le respecter, à l'aimer, à le protéger.
C’est encore l’enseignement, l’enseignement à tous les degrés, qui va profiter de ce puissant moyen de propagande et d'exposition. Il est indispensable qu'il pénètre de plus en plus la vie de l’école. A l'heure actuelle encore (1918), on chercherait en vain une de nos villes, même parmi les plus grandes, dont l’administration ait eu l’idée de placer cet outil admirable parmi le matériel scolaire (1).
(1) Depuis que ces lignes ont été écrites, un certain effort a été fait pour doter nos écoles de cinématographes. Mais il reste beaucoup à faire. Ainsi que l’indiquait, au Xe Congrès de la Société de l'Art à l’École, en avril 1922, M. A. Conte, directeur des services de l'Enseignement aux Établissements Pathé Consortium Cinéma, des collections de films d'enseignements, non pas de films quelconques à tendance plus ou moins éducative, mais des fims particuliers, nettement didactiques, établis d’après les programmes même, doivent être édités. Ces films doivent résulter de la collaboration de professeurs et de spécialistes du cinématographe, rompus eux-mêmes aux méthodes de l’enseignement. Comme le constatait, au même Congrès, M. L. Gaumont, l’appli-
Il serait si facile, comme je l’ai indiqué ailleurs, de développer la valeur éducative de l’enseignement scientifique, de doter, par exemple, chaque département d’un de ces appareils, muni d’une série de films bien choisis, présentant les phases de la vie industrielle, de la vie scientifique, de la vie agricole, de toute la vie économique et intellectuelle. Quel puissant secours pour le maître que cette vivante leçon de choses, pour les auditeurs dont j'aperçois d'ici les jeunes yeux attentifs, curieux, bientôt enthousiastes. Sans grever beaucoup nos budgets scolaires qui légitiment d’ailleurs toutes les dépenses utiles, puisque toutes sont fructueuses, on pourrait créer dans chaque département un poste d'opérateur avec cinématographe à films instructifs.
L'opérateur visiterait durant l’année toutes les écoles communales et aiderait puissamment les maîtres dans leur enseignement. En attendant que la routine et l'indifférence reculent un peu sous l'effort du patient labeur que savants, chercheurs et inventeurs continuent sans trêve, le cinématographe devient déja un instrument d'éducation générale. Dans le domaine de l’art, il nous fait communier plus intimement dans l'admiration de toutes les formes de beauté. Bientôt généralisé, puisque démocratisé, il
cation du cinématographe à l'Enseignement est officiellement à l’ordre du jour. Le problème du film parlant, dès à présent résolu, aidera vraisemblablement à lui faire occuper, là encore, la place qui lui revient. |
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aura sa place au foyer familial à l’égal du phonographe et du vérascope. Grâce à lui, on conservera le sourire de l’aïeul mirant des yeux qui s’éteignent et où le « souvenir pleure » dans les jeunes prunelles de l'enfant que l'espoir avive et où la vie s'éveille.