I. vie LiUéraire, 1891 (Calmann-Lévj
M. Jules Lemaître, aussi, s'était rangé parmi les défenseurs de Baudelaire.
Avec cette aisance caustique, cette souplesse matoise, cet esprit d'à-propos qui le caractérise et qui transforme certaines de ses chiquenaudes en coups de massue, il avait trouvé le moyen de ruiner toute la machination de Brunetière, par cette simple remarque :
« Le Baudelairisme est bon. à son heure, pour nous consoler de Voltaire, de Déranger, et des esprits qui leur ressemblent. »
On ne pouvait mieux convaincre Brunetière, confit en Bossuet, de sa bévue et lui démontrer qu'il avait fait fausse route.
Le polémiste maladroit en fut pour sa courte honte. 11 ne restait rien de sa diatribe. Je me trompe. Il en restait ceci (qu'il avait dit par mégarde) et qui se retournait contre lui :
« Les Fleurs (fw^/fl/ demeurent le chef-d'œuvre de la poésie symboliste. »
Il en restait encore que le mot ancien d'Auguste Vitu reprit essor :
a Baudelaire est une pierre de touche. Il déplaît invariablement à tous les imbéciles. »
Si de l'appel de La Plume ' , il ne sortit pas de monument,
1. Un monument à Baudelaire, œuvre du sculpteur José de Charmoy, a été édifié, depuis, au cimetière Montparnasse. C'est une satisfaction d'attente qui ne
il en sortit un livre : Le Tombeau de Baudelaire, publié en 1896. Ce livre, luxueusement édité, contient en même temps que des documents rares et des commentaires curieux sur l'œuvre et la personnalité de Baudelaire, l'hommage écrit des Poètes :
Cueillons-y quelques-unes de « ces belles palmes toujours vertes qui gardent les noms de vieillir » :
console pas les admirateurs de Baudelaire de l'échec provisoire du monument Rodin qu'ils espèrent toujours.