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LE CŒUR. MOUVEMENT ET RHYTHME CARDIAQUE

du cœur sont comprimés par les contractions cardiaques, à tel point qu'ils disparaissent. Prenant un lapin, dont il entretenait la vie par la respiration artificielle , il fit la ligature du cœur dans le sillon inter-auriculo-ventriculaire, liant un ventricule pendant la diastole, un autre pendant la systole, puis enlevant les cœurs, qui furent durcis par l'acide sulfurique pour obtenir une injection naturelle des vaisseaux remplis par le sang-. Il reconnut ainsi, que le cœur lié pendant la diastole était chargé de sang dans toute son épaisseur, surtout dans les capillaires de la pointe, tandis que le cœur lié pendant la systole ne renfermait de sang que dans les vaisseaux superficiels, et point dans les vaisseaux profonds. Les contractions du cœur compriment donc ses capillaires, de manière à cliasser le sang de ses vaisseaux propres, tandis que la diastole lui permet d'y circuler librement.

Influence de l'épuisement sur le rhythme. — Le cœur, comme les autres muscles, reçoit une force motrice qui s'emmagasine dans son tissu d'une manière continue, et qu'il dépense en un instant par l'effort puissant de sa contraction. L'épuisement, dès lors, engendre le repos, jusqu'à ce qu'une nouvelle accumulation soit devenue équivalente à l'effort qui doit être produit. C'est une balance dont lesplateaux montent et baissent alternativement; de là une seconde cause du rhyi;hme et des mouvements du cœur.

Cette théorie, très clairement exposée dans les leçons d'anaiomie com.^a.rée de Milne-Edrvards^, a reçu un nouvel appui dans les travaux récents de MM. Dastre et Morat ^, que nous allons analyser ici.

DiSTES'CTIOX DE LACAUSEDUM0UVE3IEXT ET DE CELLE DU EHYTHME

CARDIAQUE. — Il importe en effet de distinguer ces deux causes :

1° Celle qui provoque et entretient les mouvements.

2° Celle qui donne le rhythme ou caractère périodique.

Voici l'expérience décisive : on enlève le cœur d'une grenouille, que l'on place dans une soucoupe.

Or, en séparant la pointe du cœur du tiers supérieur des ventricules^ on obtient un tronçon qui reste immobile, tandis

* Milne-Edwardï. Leçons sur la physiologie et l'anatomie comparées, t. IV. p. 164. 1839, Paris.

- Dastre et Mor.^t. f?ec/i. sur le rhythme cardiaque. Soc. de biolog. Pari?, 29 uoveuibre 1877.

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