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LE CŒUR, INFLUENCE. DES POISONS

que la partie attenante aux oreillettes continuera de battre régulièrement.

La pointe du cœur ainsi préparée,imniobile,'est disposée entre les cuillerons du cardiographe de Marey, sous une couche de sérum de cheval, puis, tout étant disposé pour inscrire les contractions, on soumet la pointe du cœur à l'action des courants continus d'une pile de Daniell de dix éléments. Les systoles du cœur renaissent d'abord à la fermeture du courant, puis à son ouverture; puis, quand il est plus intense, pendant la durée de son passage. Ces systoles offrent la plus grande ressemblance avec la contraction d'un cœur normal ; et l'on voit ainsi un stimulant continu provoquer un travail rhythmique et discontinu.

Il n'est donc plus nécessaire, pour expliquer les alternatives des systoles et des diastoles, de supposer un stimulant qui agirait par voie réflexe sur le tissu musculaire du cœur, ou s'adresserait directement à ce tissu, comme Haller le présumait, ou encore résidant au sein des ganglions particuliers, d'où il se répandrait dans le muscle cardiaque à des intervalles réguliers, pour agir comme excitant discontinu. Il est parfaitement convenable d'admettre que ce stimulant est continu, comme le courant de la pile employée dans ces expériences, mais qu'il s'adresse à un tissu dont l'excitabilité est si grande qu'un travail prolongé lui serait impossible, et que tout effort nouveau exige un temps de repos. Le rhythme du mouvement cardiaque dépendrait, non plus, comme on l'avait admis, d'un mécanisme réflexe ou automatique, mais d'une propriété musculaire du cœur ou de ses nerfs terminaux.

Les faits remarquables observés par Bo7vditch et par le professeur Marey, en excitant le cœur en place, animé de ses mouvements, sont en parfait accord avec cette interprétation du rhythme cardiaque.

Influence des poisons sur la conteactilité du cœur : — Le cœur est d'une susceptibilité extrême pour" toute variation chimique du sang. Ce sujet mériterait d'occuper à lui seul un volume entier; aussi nous contenterons-nous de donner ici quelques indications générales.

L'Aconit et l'Acouitiuc, par leur effet primitif, modèrent le cœur et diminuent à la fois le nombre et la force de ses battements. — Mais, à forte dose, ils produisent l'effet contraire: bat-

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