LE CŒUR, VITESSE DU SANG
mée d'une vitesse égale à celle qu'un corps pesant acquiert en tombant dans le vide, d'un mètre de hauteur. Seulement dans le dernier cas, c'est au point d'arrivée qu'il faut mesurer la force; dans le premier cas, c'est au point de départ.
Les travaux de Haies ont démontré que la charge développée par la contraction du cœur, peut faire équilibre à une colonne de sang d'environ 2 mètres de haut. Or, un corps grave, tombant dans le vide d'une hauteur pareille, acquiert une vitesse de 6™ 3 par seconde, telle serait la force de propulsion du sang.
Mais la circonférence originaire de l'aorte est de 65""" et son aire 340°"" : ce serait donc une masse de 340""" carrés sur 2 mètres de haut, que lancerait le cœur si son jet était continu. La systole n'occupant que le tiers du temps, le jet doit se réduire au tiers de cette somme, ce qui équivaut à 680'" par seconde. De ce calcul, il faut encore déduire les pertes dues aux résistances, au frottement, aux courbes, aux éperons, à l'élasticité des parois vasculaires, à la résistance et au calibre des capillaires, enfin à la pression que la respiration exerce sur les gros vaisseaux. Parmi ces causes de perte, la plupart ont une action continue, excepté la dernière. Leur ensemble s'exprime approximativement, par la hauteur où se maintient la colonne manométrique pendant la diastole ; et si, avec Poiseuille, on compare cette pression constante avec celle que le cœur y ajoute à chaque systole, on reconnaît qu'elle s'exerce dans la proportion de 4 ou 5 à 1 .
Le cœur, à chaque contraction, doit donc chasser un volume de sang qu'on peut évaluer à 113-136"-
Vitesse fin saug. Un élément de la question restait encore bien obscur, c'était la vitesse du sang .
Volkmann * et Vierordt en 1858, plus tard Colin, en France, entreprirent de la déterminer.
Volkmann avait trouvé^ avec un hémodromètre de son invention (fig. 70), 188 grammes comme débit par seconde pour le ventricule gauche.
' Volkmann. Die Exmodynamik, p. 2S1. Leipsig 1850.
* Vierordt. Die erscheinungen und gesetze des stromgeschsindigkeiten des blutes. Francfort, 1858, p. 103.
= L'hémodromètre est formé d'uQ tube de verre, eu forme de fer à cheval pleiu d'eau, communiquant par des robinets avec uu autre tube dont les bouts s'anastomosentavec ceux d'une artère; on ouvre alors les robinets et l'on calcule le temps que le sang mettra à se substituer àl'eau, dans le parcours du tube, dans le sens des flèches. (Fig. 69. J