LE CŒUR, SA TOESION SUR SON AXE
mètre, la prédisposant ainsi aux anévrysmeSj et allonge, par déplacement, la base de l'artère. Le cœur bat parce qu'il recule, a A\i Hifelsheiyn. Envisageant la question à un autre point de vue, nous disons : le cœur recule parce qiCil bat. La dynamique nous apprend, en effet, que toute force de projection a besoin d'un point d'appui, et que si ce point d'appui n'est pas lui-même immobile, la projection se partage et le support se déplace aussi bien que le projectile. La résistance du point d'appui est en raison inverse du carré de la vitesse transmise.
Dans le cas actuel, le point d'appui est formé par le poids du cœur qui résiste au choc du sang. Mais si l'on considère la force d'impulsion du cœur et son peu de poids [180 grammes environ] par rapport à la quantité de sang projetée à chaque systole dSO grammes], on voit que le raisonnement donnerait un recul infiniment plus grand qu'il ne l'est en réalité^ si un autre obstacle compensateur ne venait en atténuer l'effet. Cet obstacle, c'est la crosse de V Aorte 'qui recule aussi en recevant le choc du sang et tend à se redresser sous cet effort. Dès lors le cœur, poussé en bas et en avant par son propre recul^ mais poussé également en haut et en arrière par la retraite aortique, ne se déplace plus que par suite de la différence qui existe entre ces deux reculs; celui de l'aorte est le plus faible, puisque le sang trouve par la [carotide, la sous-clavière et le tronc brachio-céphalique, une voie d'écoulement multiple qui manque à la pointe du cœur.
Ainsi s'explique l'importance de la crosse de l'aorte dans Pacte circulatoire , importance qui n'avait point encore été signalée et qui consiste à fixer le cœur, à empêcher son déplacement entre deux forces qui le sollicitent. Sans elle, le cœur éprouverait peu à peu une migration en bas, en avant et à gauche, et viendrait douloureusement heurter le diaphragme ou les parois pectorales, qui finiraient par se voûter à son contact, déformant ainsi le côté gauche du thorax.
Torsiou du cœur sur sou axe. — Le cœur subit un troisième mouvement, celui de rotation sur lui-même, sa pointe se portant un peu de gauche à droite. Cela tient surtout à une cause anatomique, à la direction oblique de la plupart de ses fibres, qui, fortement fixées à la base des ventricules, déplacent la pointe en lui faisant décrire une portion de spirale. Kuerschner
' Kuerschner. Ueher clen Herzstoss. Mallcr's Arcliiv. fur auat. uud phys., 1841,