‹ Le circulation et le poulsChapitre 14 sur 669 · RUFUS · texte numérisé non relu

RUFUS

Il étudie ensuite le pouls, suivant les â^es et suivant les mœ/œdies; celui âesjiévreux, des pkrénétiques, des léthargiques, des cardiaques, des p leur étiques, des péri-pneumoniqueSj des épileptiques ; à l'exemple d'Hérophile, il nomme le pouls naturel de la santé eurythmique, et le pouls morbide, joa^rarythmique.

« Des espèces de pouls. Les espèces de pouls sont, par rapport au rejjos, caractérisées par la fréquence et la rareté; sous le rapport du mouvement, par la rapidité et la lenteur ; -pav rapport à rintensité, par la force et la faiblesse; sous le rapport du corps de l'artère, par la. dureté et la, mollesse. »

Il décrit ensuite les pouls les plus importants et dont les noms sont le plus usités parmi ceux que les anciens ont étudiés.

« Il y a, dit-il, un pouls qu'on appelle mxjure, dont il existe deux espèces; dans l'une, les pulsations, d'abord grandes et fortes, vont diminuant graduellement pour revenir ensuite à la force et à la grandeur qu'elles présentaient dans le principe ; dans l'autre, au contraire, les battements, d'abord petits, vont en augmentant, puis reviennent, en diminuant, à leur état primitif ; ce pouls est habituel chez quelques gens bien portants. Quand on l'observe chez les malades, celui où la, petitesse domine indique que l'individu sera pris de phrénitis, celui où la grandeur domine indique qu'il va être pris de léthargus, r>

« Le pouls est appelé intercident, lorsqu'à la suite de plusieurs systoles et diastoles, il s'arrête, puis accomplit, après le repos, une systole plus courte que la précédente ; ce pouls arrive quelquefois en bonne santé; chez les malades, il indique une absence de tonicité. »

« Le pouls est appelé dicrote, lorsque l'artère^ après avoir rempli une grande diastole, en fait une plus petite ; ce pouls se montre chez les individus bien portants à la suite de courses, exercices gymnastiques, ou de tout autre effort brusque; chez les malades, il se rencontre particulièrement à la j)ériode d''augment, dans les fièvres, w

« Le pouls est appelé caprizant, lorsqu'à un grand battement Succède aussitôt un petit battement, en sorte que l'artère semble se reprendre pour une nouvelle diastole avant d'avoir entièrement achevé la systole : ce pouls est surtout observé dans les affections de poitrine. »

« Le pouls formicant est celui dont les pulsations sont fréquentes et petites et qui donne sous le doigt la sensation de la marche

AEÉTÉE. 15

d'une fourmi ; on le trouve presque toujours chez les agonisants. »

« Le pouls le plus faible et le plus petit est celui qu'on nomme vermiculaire. Ce pouls est si petit, si faible, si obscur, qu'il n'est pas possible de distinguer la diastole de la systole, distinction qu'on peut faire encore dans le pouls formicant, qui est cependant très petit : on ne sent dans les artères qu'une ondulation, qu'un mouvement circulaire du pneuma. »

Ainsi la plupart de nos travaux modernes se trouvent résumés dans ce court mais substantiel traité ; nous y reconnaissons jusqu'au dicrotisme du pouls, dont l'étude scientifique n'a été reprise que depuis vingt ans, et nous y retrouvons jusqu'à cette indication, qu'il se rencontre surtout chez les gijmnasiarques., et dans période d'augment des fièvres., ce que nos savants les plus modernes ont vérifié et complété, en étudiant le dicrotisme constant du pouls dans la fièvre typhoïde.

Ainsi va la science : à chaque siècle, les mêmes problèmes s'agitent, mais les formes et les explications varient,.. « La science moderne », dit le célèbre Daremherg « semble être un reflet de la science antique, avec des éléments surajoutés ou retranchés. Les erreurs ou les vérités léguées par les générations passées servent ainsi à l'instruction des générations présentes. » Mais, pour rester dans le vrai^ il faut ajouter que, si nous tournons dans un même cercle, c'est moins un cercle qu'une spirale dont le rayon grandit toujours.

P'' SIÈCLE. — ARBTISE DE CAPPADOCE. — LES ARTÈRES CONTIEN- NENT DU SANG. — LA SAIGNEE DE LA MAIN ET DU FRONT.

ÂRÉTÉE parait avoir vécu vers la fin du règne de Néron, suivant Wigan, mais la date n'est pas certaine.

Arétée de Gappadoce fut un homme de génie. Les historiens le comparent à Hippocrate, plusieurs le préfèrent ; il paraît avoir cultivé l'anatomie avec le plus grand succès; il évita même plusieurs des erreurs qui entravèrent si longtemps la connaissance de la circulation.

C'est ainsi qu'il reconnut fort bien que les artères contenaient du sang et non de l'air. C'est là, suivant lui, ce qui fait la gi-avité des plaies artérielles et les rend difficiles à guérir, car le sang, venant constamment frapper contre les parois,

IG AEÉTÉE.

empêche ]a cicatrisation. Il savait que le sang artériel diffère de celui des veines par la couleur et les autres qualités. La saignée était so^i remède favori, il paraît être le premier qui ait saigné à la main. — Il saignait au front ceux qui souffraient de céphalalgie, ou bien encore il leur tirait du sang des veines qui sont en dedans du nez, au moyen de deux instruments nommés cateiadion et stonjna. Il pratiquait aussi l'artériotornie. Il a également décrit le pouls et toutes ses variétés. Pour lui, la phlébotomie portée jusqu'à la défaillance constituait un puissant remède ; elle remplissait trois indications : 1° diminuer l'inflammation , — 2° apaiser la chaleur; — 3° agir sur le moral du malade.

Malhcusement les œuvres d'Arétée demeurèrent peu connues, parce qu"il ne vint point à Rome, et il resta bien audessous de la réputation légitime due à son génie.

Page 1