LE CŒUR, CARACTÉRISTIQUE DE SON TRAVAIL
torsion du cœur n'amène pas le retrait intercostal; les conditions favorables à la production du symptôme sont :
1° ]J hypertrophie du cœur.
2° La rétraction du poumon gauche.
3° Les contractions énergiques du cœur.
Dans tous les cas, il devient évident que le retrait systolique n'est point un signe pathognomonique d'une symphise cardiaque, ainsi qu'on l'a cru jusqu'ici. C'est surtout chez les jeunes enfants que Ton voit les dépressions intercostales sans lésion aucune.
Pressions que subit le sang dans les cavités du cœur. — • D'après fick^, dans l'oreillette droite, la pression est presque nulle et à peu près constante, représentée par 2™™IIG. La systole auriculaire ne la modifie pas, la systole ventriculaire très peu; mais elle dépend surtout des mouvements respiratoires. Dès qu'il y a obstacle pour la respiration, la pression s'élève pendant Y expiration et descend à — 10 pendant l'inspiration.
Yeutriciilc droit. — La pression maximum varie entre 18 et 42"""HG. Un fait important, c'est que immédiatement après la systole ventriculaire, la pression s'abaisse dans le ventricule audessous de 0 et devient même plus basse que celle des oreillettes. Cela démontre, d'une manière complète, que la diastole ventriculaire n'est pas seulement passive, mais exerce une aspiration directe, active sur le sang.
Teiitriciile gauche. — Pour chaque révolution cardiaque, le sommet de la courbe atteint la même hauteur dans le ventricule et dans l'aorte. Mais la courbe aortique présente un abaissement beaucoup moindre. Les deux lignes d'ascension offrent en outre cette différence que l'ascension de la courbe aortique est toujours plus lente que celle de la courbe cardiaque. Cependant on retrouve une identité presque complète entre la courbe ventriculaii-e et la courbe carotidienne.
Fink a trouvé^ de plus, que la pression était constamment plus forte dans les artères que dans les ventricules ; il l'explique en admettant que le ventricule précipite le sang par une impulsion subite, au delà des valvules aortiques, aulieu de l'introduire par compression.
Caractéristique du travail du cœur. — Le cœur paraît différer des autres muscles par sa puissance extrême^ et par
^ FioK. Variations de pression du san</ dans les différentes portions du système irculatoire. Verandlung. der phys. med. sesellchaft» Wurtzbourg. V. 14. p. 223.
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l'impossibilité de consumer sa propre substance, du moins rapidement. Au lieu de s'user lui-même, il emprunte son aliment au milieu qui le baigne, au sang qui le pénètre^ et qui se renouvelle sans cesse en un instant, lui rendant ainsi une énergie instantanée C'est ainsi que Kronecker et Stirling, adaptant un cœur excisé à un appareil circulatoire artificiel, ont pu le voir travailler régulièrement et longtemps, pourvu qu'il fût bien pénétré et nourri par du sang artériel en circulation, constamment renouvelé.
De la syncope ou abrét du cœur. — La syyicope est un phénomène caractérisé physiologiquement par le ralentissement extrême, ou l'arrêt subit des contractions du cœur. Cet arrêt peut reconnaître deux causes : l'une 7ierveuse, Varrêt n'^exe du cœur; — l'autre mécanique^ V anémie brusque du bulbe ^ soit directe^ par liémorrhagie , soit indirecte, par état douloureux ou moral.
L'arrêt du cœur survient par l'excitation trop forte du pneumo-gastrique. Mais c'est aux racines spinales qu'est due cette propriété, car hosteinê^, aprèsles avoir arrachées à un lapin, n'a plus obtenu cette action suspensive. L'arrêt du cœur produit une anémie encéphalique, la suspension générale de l'hématose, Taccumulation de CO'^ dans le sang.
.A leur tour, ces phénomènes d'asphyxie provoquent une excitation bulbaire, qui retentit sur le nerf vague, maintenant ainsi l'arrêt du cœur.
Un grand nombre de traumatismes, même légers, peuvent amener la syncope, car les excitations de la périphérie se réfléchissent sur le cœur. Il en est de même de l'excitation des nerfs splanchniques; an coup violent à l'épigastre peut donner la mort. Une cause morale, elle-même, peut, par action réflexe, produire l'arrêt du cœur et la mort; sous ce rapport une joie subite s'est montrée plus souvent funeste qu'une douleur ou un chagrin extrême.
Température du cœur. — La température du cœur varie aux différents moments de son évolution. MAREY opérant avec une aiguille thermo-électrique enfoncée dans les parois du cœur
' KuoNECKER et STinuNG. Tlic cliamclerislic sign.of cardiac muscular tnove)7ien L Joum. of auat. and pliys., XVf, 1875.
- HosTEiNG. Essai sur la syncope. Thèse P. 1877.
'Engel. De la syncope d'origine traumcdique. Thèse P. 1877.
* -M.VHEY. Acad. des sciences. P. 1876.