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STRUCTURE DU CŒUR

Structure du cœur. — Tandis que les fibres musculaires des autres organes se rapportent toutes à deux classes : 1* fibres striées^ pour les muscles locomoteurs de la vie animale, 2® fibres lisses pour les muscles de la vie organique.^ le cœur semble avoir pour lui des libres à composition personnelle; d'une part, elles se rapprochent, par l'ensemble de leurs caractères, de celles des muscles locomoteurs ; d'une autre, elles en diffèrent :

1° Par un moiuilre volume, leur diamètre n'étant que de 0,"^'"02 au lieu de 0""",06 à 0""",08.

2° Par leur îsolemeut, car elles ne se groupent pas en faisceaux secondaires et tertiaires.

3" Par l'alisciicc de sarcolcmmc et de gaïucs isolautoi», absence bien constatée par Ch. Robin, tandis que chaque fibre Striée des muscles volontaires est entourée dans sa gaîne sarcolemmateusc.

4° Par leur dieision incessante, leurs anastomoses innombrables, bien différentes du parallélisme et de l'indépendance des fibres musculaires ordinaires, et qui se rapproche de l'inlrication habituelle ailx muscles organiques.

5° Enfin par la simultanéité de leurs contractions; fonction résultant de leur disposition parfaitement solidaire et de leur cnchamement réciproque.

Groupement des eibues du cœur. - — Règle générale, les faisceaux musculaires sont aplatis et rubanés sur les oreillettes — arrondis et cylindriques, coniques ou filiformes, à la surface interne des ventricules. Mais la direction des fibres présente un réseau pour ainsi dire iuexlricable. Tantôt juxtaposées, tantôt

LE COEUE, FIBEES COMMUNES OU UNITIVES. 227

inclinées les unes vers les autres, unies à leurs extrémités le milieu restant libre, ou bien partant obliquement d'un filet tendineux, comme les barbes d'une plume.

Dans tous les cas, ces divers faisceaux, qu'ils soient parallèles ou qu'ils appartiennent à des couches différentes, s'envoient de nombreux filets de communication, destinés à grouper les éléments de force du cœur et à rendre leur action simultanée.

Wolf a décrit six couches superposées pour le ventricule gauche, et trois pour le ventricule droit; mais toutes ne sont pas également étendues : les unes enveloppent tout le cœur ; les autres se bornent à l'un des ventricules, et comme cellesci ne descendent pas jusqu'à la pointe du cœur, il en résulte : — 1" que le cœur représente bien, en réalité^ comme l'avait affirmé Winslow, deux sacs musculeux enveloppés dans un troisième ; — 2° que la pointe du cœur, moins riche en fibres musculaires, offre une forme conique ; — 3" quelabase des ventricules destinée à fournir et à supporter le plus grand effort est aussi la plus dotée de fibres musculaires, puisque toutes les couches y sont représentées.

Fibres communes ou unitives. -~ BERDY a parfaitement décrit, sous le nom de /ib?'es unitives, les fibres communes, qui recouvrent le cœur. Sur les ventricules, ces fibres unitives se divisent en antérieures oVl sternales et postérieures ou diaphragmatiques. Les premières partent surtout des zones artérielles pulmonaire et aortique. Les secondes viennent des deux orifices auriculo-ventricidaires. Les premières se dirigent en bas et à gauche, vers la pointe du cœur; les secondes en bas et à droite, vers le bord tranchant. Les premières vers la pointe du cœur se contournent en tire-bouchon, ou mJcux en 8 de chiffres à anneau inférieur très petit, pour remonter, en pénétrant dans le ventricule, et revenir fixer leurs anses aux zones de la base du cœur. C'est ce tourbillon de la pointe du cœur que Sénac appelait la rose tournante. Au centre se trouve une portion canaliculée reconnue par Sténon, c'est l'anneau inférieur du 8 de chiffres.

Quant aux fibres unitives postérieures, elles forment sur tout lebord libre du ventricule droit j nOn plus des tourbillons, mais des anses. Aussi ce ventricule paraît-il plus court que l'autre de toute la différence produite par la spirale inférieure du 8 de chiffres.

Il faut donc reconnaître dans l'enveloppe musculouse

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externe du cœur des fibres à anses, et des fibres en 8 de chiffres.

Les premières, parties des parois externes, pénètrentparleur moitié intérieure dans les parois internes, et vont même à des ventricules opposés.

Les secondes, par leur moitié interne^ se perdent dans la paroi antérieure du ventricule gauche.

Toutes, après avoir pénétré dans le cœur, envoient des faisceaux de fibres isolées qui forment les travées et Xç.?, colonnes charnues.

Pour la cloison du cœur, il n'y a pas de fibres propres, mais elle est formée par l'adossement des parois ventriculaires, au point que Winslow a pu séparer les deux cœurs.

Fibres propres des ventricules. — Elles représentent deux tubes cylindro-coniques adossés l'un à l'autre, dont la base s'insère aux orifices auriculo-veutriculaircs, tandis que la pointe se dirige vers celledu cœur. Les travauxdc Gerd^/ ont démontré que les fibres musculaires qui les composent formaient des anses attachées aux zones auriculo -ventriculaires, et qu'elles offraient des séries de couches étagées les unes sur les autres. Cependant WiNCKLER, en. 1865, n'admit point l'existence des fibres propres ventriculaires, qui toutes appartiendraient d'après lui aux fibres communes. Mais Sappey, sans nier l'étroite union qui existe entre les deux espèces de fibres, a démontré qu'après avoir enlevé les fibres unitives antérieures et postérieures, on pouvait [séparer les couches moyennes et isoler les deux ventricules.

Fibres musculaires des oreillettes. -—Elles se divisent aussi en propres et en communes.

Fibres musculaires de l'oreillette droite. — Elles sont disposées en fascicules à directions variées; on remarque sui lout des sphincters et demi- sphincter s, autour des veines caves supérieure et inférieure, puis autour des orifices auriculo-ventrimlaires, tandis que d'autres faisceaux, régulièremententrecroisés, occupent la partie antérieure de l'oreillette, ou se disposent en colonnes dans l'auricule. Dernièrement, le D' Durosiez a démontré que ces sphincters éprouvent une occlusion hermétique pendant la présystole.

Fibres DE l'oreillette gauche. — Elles offrent de même une

' Dunosiis/, Acad, des se. P. 2.j aoiit IS8i,

LE CŒUR, SON POIDS DANS SON DÉVELOPPEMENr. 229

série de faisceaux disposés en sphincters, autour de l'orifice auriculo-vcntriculairo gauche et dos quatre veines puhnonaircs, tandis que de larges anses parcourent les parois de l'oreillette cf de l'auricule.

FiBBES COMMUNES DES DEUX OEEILLETTES. — EllcS SOUt peU

abondantes, et se réduisent à une bandelette, qui rejoint les deux auricules, et au sphincter très marqué, autour de la foèse ovale, lequel constitue au milieu de la cloison interauriculaire l'anneau de Vieussens.

Trait scalariforme d'Eberth. — eberth a décrit sur le trajet des fibres du cœur, à leurs points de jonction, un trait enmarche d'escaliers qu'il appela : trait scalariforme.

C'est au niveau de ce trait, que dans les affections typJidldes, dans scarlatine, la rougeole^ les varioles graves^ on voit les fibres du cœur s'interrompre et se dissocier, sous l'influence de la myocardite, qui se déclare souvent dans le cours de ces rrialadies, et produit alors une véritable ataxic du cœur, parfois môme la mort snliite.

Poids du cœur dans son développement. — A la naissance, le cœur ne pèse guère que 21 grammes.

La première année, le cœur augmente de 16 grammes.

D'un an à 4 ans, le poids normal du cœur augmente de 37 grammes à 66.

Jusqu'à 8 ans le cœur gagne 6 à V grammes par an.

A partir de 12 ans l'accroissement annuel est de 18 grammes jusqu'à 15 ans.

Alors le cœur pèse 205 grammes.

Puis l'accroissement continue, mais plus faible, jusqu'à 33 ans où le cœur pèse 303 grammes.

De 3S à 45 ans, le poids du cœur est stationnaire.

De 47 à 65, il augmente de 3 grammes par an ; il arrive à peser 332 grammes.

Puis, le cœur décroît d'une manière sensible ; à 85 ans, il ne pèse plus que 303 grammes comme à 35 ans

' Thoma. Lepoidsdu cœur, aux différents ûrjes. Leipsig. Vogel. 1882.

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