LE CŒUR, INNERVATION PAU LA MOELLE CERVICALE
pneumo-gastriques avant que la digitale ait manifesté son action, tout en entretenant la vie par la respiration artificielle, le médicament est sans effets le pouls reste normal.
Ainsi la fonction du bulbe est de retenir^ de régler les mouvements du cœur, comme les rênes gouvernent Voilure d\m cheval, c'est donc un centre modérateur.
En étudiant le pneumo-gastrique, issu du bulbe même, nous spécialiserons davantage encore cette action si importante.
Kxceptiouis apparcutcs. — Un certain nombre de filets excito-moteurs qui appartiennent au grand sympathique s'ac^ colent à la moelle allongée, avant de gagner le cœur. Il en résulte qu'il existe en ce point une communication du pneumogastrique avec des centres nerveux accélérateurs, analogue à celle qui existe dans le cœur lui-même. La preuve en est donnée par l'expérience suivante, due à Bezold : sectionner le nerf vague, le cordon cervical supérieur, et isoler les vaso-moteurs. Cela fait, si l'on excite la moelle allongée ou la moelle épinière, on détermine une accélération des mouvements du cœur. h'' excitation directe de la moelle allongée entraine donc^ dans certains cas, celle du cœur. Cela peut arriver même quand le nerf vague est intact. Mais si, au contraire, on irrite le bout central du pneumo-gastrique divisé, on voit survenir le ralentissement du cœur quand on a eu la précaution de séparer d'abord le cerveau do la moelle allongée.
III. Innervation du cœur par la moelle épinière cervicale. — Mais en quoi consiste la fonction de la moelle cervicale par rapport au cœur? Les travaux de Liidwig QiCouty nous ont appris que la moelle intacte agit en sens contraire de l'action encéphalique, et, tandis que le cerveau et le bulbe sont des centres modérateurs, la moelle constitue un organe accélérateur car" diaque, un centre vaso-moteur indépendant^ mais modifiable cependant par les réactions secondaires que peuvent lui faire subir Yasphyxie, Vané?nie, etc.
Lorsqu'avec une injection de spores de lycopode, on anémie à la fois l'encéphale et la moelle cervicale, on détermine une augmentation de tension très considérable dans les vaisseaux; et le cœur, au lieu de se ralentir, comme il le fait quand on opère sur l'encéphale seul, s'accélère presque d'emblée.
' CouTY (L.)- Arch. de physiol. 2' série, 1S7G.