OŒUK, INNERVATION PAR LE PNEUMO-GASTRIQUE
Or, comme le grand sympathique cardiaque prend ses origines dans la moelle cervicale, il doit être établi que la moelle est bien le centre accélérateur, dont les filets sympathiques sont les transferts à l'organe circulatoire.
IV. Innervation du cœur par le pîïbumo-gastrique. — En 1845, les frères WEBER communiquèrent à la septième assemblée des savants italiens, réunis à Naples, les premières expériences raisonnées sur l'excitation électrique du bulbe et des nerfs vagues, dans leur rapport avec les mouvements du cœur. Ils concluaient par les données suivantes ;
A. « L'énergie des mouvements du cœur dépend essentiellement de l'axe cérébro-spinal. »
B. « Le centre à! action se trouve dans la moelle allongée; les nerfs pneumo-gastriques^ qui y prennent racine, transmettent au cœur cette action.
C. Un courant électrique trèsfaible, appliqué aux nerfs vagues, acoélère\Q?> pulsations cardiaques et augmente Yb. pression y di^cw- IbXvq. »
D. « Un courant jo^e^syt)?'^, diminue \di pression, ralentit les pulsations, arrête le cœur. La galvanisation du pneumo-gastrique droit agit plus fortement sur les contractions du cœur que celle du côté gauche. »
E. « Le pneumo-gastrigue droit paraît donc plus spécialement préposé aux /onctions du cœur. »
F. « Pendant la galvanisation du pneumo-gastrique, les pulsations artérielles sont plus fortes, par suite d'un abaissement de la tension dans les artères, le cœur battant plus faiblement. »
Au commencement de 1846, un savant physiologiste allemand, BUDGE, approfondissant le même sujet montra que chez la grenouille un courant galvanique discontinu traversant la moelle ou les nerfs pneumo-gastriques, produisait le repos du cœur, pendant que les muscles ordinaires sont spasmodiquement contractés.
SchiJ^^, Lûdmig et Hqffa''^, Claude Bernard ^ et Brown- Séquard^, vérifièrent bientôt la vérité de ces premiers travaux.
' Scm??. Archiv. fiir phijsioL Heilkmde, t. VIII, p. 166-442, t. IX, p. 60.
- LuDwiG et HoFFA. Einige neue versuche liber Herzbeweguny zeitschrift fur rationelle medicin, 18S0.
' Claude Bernard. Leçons sur la physiol. du syst. nerveux, 18K8, t. II, p. 394.
* Brown-Séquard. De l'arrêt passif du cœur par l'excitation galvanique de la v%oelle allongée. Société de Boulogne 1850, t. II, p. 26.
236 LE CŒUr;, INNERVATION PAR LE NERF VAGUE.
Influence p«'oi»re à cbacnu des tieiix nerfs vagfucs. —
Mais était-il nécessaire d'exciter ies deux nerfs vagues pour obtenir le résultat cherché, ou bien chacun d'eux avait-il une spécialité d'action, l'un sur le cœur, l'autre sur le poumon, ainsi que le pensait Weber ? Schiff indique d'abord qu'il suffit d'électriser un seul pneumo-gastrique pour arrêter le cœur en diastole. Arloing et Tripier ' avaient conclu de leurs travaux que le pneumo-gastrique droit agit sur le cœur, et le gauche sur le poumon. Les expériences de Tarschanoff ({ePuelma ^ sur l'excitation alternative des deux nerfs vagues ont démontré que chacun des pncumo-gastriques met enjeu tout l'appareil modérateur situé dans les parois du cœur, et qu'une fois cet appareil épuisé, par l'excitation d'un pneumo-gastrique, il ne peut être mis en activité par l'excitation de l'autre. C'est ce qui a pu faire croire à l'action plus directe, plus décisive, de l'un des deux. Du reste, cet état d'épuisement de l'appareil modérateur du cœur disparaît très promptement par le repos.
En résumé, les irritations légères du nerf vague ralentissent les battements du cœur en prolongeant les diastoles. Les irritaiionsplus fortes du nerf arrêtent le cœur en diastole. La section du nerf vague accélère le mouvement du cœur. Mais si avec Eckard ^ l'on galvanise le tronçon cardiaque, on suspend de nouveau les pulsations en rendant, d'une façon artificielle, au nerf vague, sa primitive énergie. Tels sont les faits, seulement les explications varient : Weber, Claude Bernard considérèrent le pneumo-gastrique comme un nerf modérateur des mouvements du cœur, tandis que le sympathique ne lui fournirait qu'une action motrice désordonnée et sans loi.
Or, comme le nerf vague, aussi bien que l'accessoire de Willis, prend naissance dans la moelle allongée, celle-ci doit avoir une action semblable et constituer, comme nous l'avons déjà dit, le régulateur des mouvements cardiaques,
Budge, Moleschott, et Schiff, regardent le pneumo-gastrique, comme un nerf moteur, mais d'une excitation extrêmement subite et qui s'épuise rapidement. Yoilà pourquoi des courants trop forts épuisent son action et arrêtent le cœur en diastole.
' Arloing et Tripiru. Contribut. à la physiol. des nerfs vagues, Archiv. de physiol., 1871-72.
* Tarschanoff et Puki.ma. Arch. tlepliysiol., 1875, p. 758.
' EcKAiîD. Physiol. ries nerfs et trait, du trftanns. G<az. hehrlom . de uiéd., 18q4,
t„ i,p. fim.