LE CŒUK, INNERVATIUN PAR LE NERF VAGUE
Mais bien des faits sont opposés à cette théorie. Par exemple, si, pendant une électrisation, assez forte pour arrêter le cœur, on vient à couper le nerf, les battements rapides apparaissent aussitôt ; le nerf n'était donc pas épuisé.
D'après Lussanna, le nerf vague serait un nerf sensitif ; mais alors comment l'excitation de son but périphérique arrêteraitelle le cœur en diastole ? i?rcw;2-/S6'^Wrtr(/, étudiant les rapports de la respiration avec le cœur prouva qu'une inlluence retardatrice des mouvements cardiaques est transmise à cet organe, à chaque effort d'inspiration.
Cette influence est donc associée à l'action nerveuse, qui se rend du centre cérébro-rachidien aux muscles inspirateurs ; expliquons-nous davantage : Une excitation part du centre cérébro-spinal et se propage au cœur à chaque effort respiratoire. Quand l'action nerveuse sort de ce centre pour gagner les muscles dilatateurs du thorax, elle se jette aussi dans les fibres cardiaques du nerf vague et va produire dans le cœur unft suspension ou une diminution de mouvement. C'est ainsi qu'en faisant un effort respiratoire, on diminue les mouvements du cœur. Le nerf vague est donc un nerf modérateur, et la volonté en agissant sur l'acte respirateur est capable, jusqu'à un certain point, de réagir sur le cœur d'une manière indirecte. Brown- Séquard "■^ admet en outre que le nerf vague agit comme vaso-moteur, sur les petits vaisseaux du cœur. En faisant contracter ces vaisseaux coronaires, il diminue les mouvements du viscère. Les nerfs vagues seraient donc la voie par laquelle une cause de diminution des mouvements du cœur arrive à cet organe.
Voici, maintenant, une théorie toute différente sur l'action des nerfs vagues :
D'après ONIMUS, une excitation modérée, unique, du pneumogastrique détermine la contraction du cœur, bien loin de l'arrêter. Mais dès que les excitations deviennent trop nombreuses et trop rapides, elles cessent de provoqueras actes fonctionnels et ne sont qu'une cause de perturbation. C'est alors que l'on voit
* Brown-Séquard. Association des efforts respirât, avec la dimlnut. ou l'arrêt des mouvements du cœur. J. de physiol. 1838, p. 512.
* Brown-Séquard. Expérimental researches appiied ta physiol. and pathol. 1853, p. 77 et H 4.