LE CŒUR, INNERVATION PAR LE NERF VAGUE
l'existence de deux ordres de fibres nerveuses vaso-motrices: les unes dilatatrices, les autres constrictrices : sous l'influence d'une simple irritation nerveuse, les vaisseaux peuvent ainsi se contracter ou se dilater. Or Luciani admet que le cœur, tout comme les fibres musculaires des artérioles et des veinules, peut, sous l'influence d'irritations nerveuses, modifier son état moléculaire pour s'allonger ou se raccourcir. Il recevrait aussi deux espèces de nerfs; les uns systoliques, les autres diastoliques , et le pneumo-gastrique renfermerait précisément la majeure partie des nerfs diastoliques. Sous l'influence de l'irritation des nerfs vagues, les mouvements de dilatation, devenus non plus seulement passifs mais actifs, sont exagérés de plus en plus, jusqu'à ce que la force de dilatation dominant, la systole ne puisse plus avoir lieu. Le cœur s'arrête alors en diastole forcée. L'irritation du nerf ne produit donc pas une paralysie du cœur, mais bien une sorte de tétanos diastolique. Le tronc du pneumo-gastrique contient aussi des fibres cardio-constrictives ou systoliques plus excitables encore que les dilatatrices. Aussi, quandon excite légèrement le nerf vague, ces fibres sont les premières à entrer enjeu, et l'on observe une exagération des systoles, tandis qu'avec un courant plus intense, on met en action les fibres plus nombreuses cardiodilatatrices, et la diastole survient. En réalité toutes ces fibres nerveuses sont modératrices et excitatrices à la fois; les unes modèrent la diastole en excitant la systole, les autres modèrent la systole en excitant la diastole.
Les recherches récentes de V. chirone % faites dans le laboratoire de Cl. Bernard^ viennent confirmer l'opinion de Luciani; elles ont démontré en effet que la ^uinîuc arrêtait le cœur en diastole, et dans une diastole qui dépassait celle du cadavre ; il faut donc que le cœur ait une part active dans cette dilatation, pour qu'elle puisse être poussée aussi loin. La Quinine, le Chloral, la Muscarine, la chaleur, sont des agents diastoliques . Ils excitent l'extensibilité du myocarde et augmentent progressivement la force, l'étendue de la diastole, jusqu'à ce que le cœur s'arrête en diastole forcée, en véritable tétanos diastolique. Le venin dit Crapaûd, V Atropine, \q froid, sont des agents systoliques, ils excitent la contractilité de la fibre musculaire, augmentent progressive-
' CitiiioNÉ (V.)- -ta doppici allkita tnilsculare, e i'azione délia cliinina. lUvisfa clinica di Bologna,