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LE CŒUR, INFLUENCE DE SES GANGLIONS

Les ganglions du cœur, leurs altérations dans les maladies. IWANOWSKY ^ décrivit,en 1876, les ganglions autochtones du cœur. Ils se trouvent principalement dans la cloison, qui sépare les deux oreillettes, au-dessus de l'anneau musculaire qui circonscrit la fosse ovale.

Ils sont de forme arrondie ou ovale, et pourvus d'une gaine conjonctive tapissée par un réseau vasculaire, dont les ramifications pénètrent entre les divers nodules de chaque ganglion. Les cellules nerveuses qu'on y découvre sont rondes ou ovales et pourvues d'un ou deux prolongements. Le long des fibres nerveuses, on rencontre parfois une ou plusieurs cellules nerveuses isolées.

A l'autopsie de malades qui avaient succombé typhus exanthématique, Iwanowsky diivowvé les cellules des ganglions autochtones tuméfiées et troubles, de telle sorte qu'on n'apercevait plus leur noyau. Parfois les cellules ganglionnaires étaient en voie de dég-énérescence, maison en découvrait toujours qui présentaient leur aspect normal.

Dans le tissu interposé aux cellules nerveuses d'un même ganglion, ainsi qu'à la face interne de sa gaîne fibreuse, on remarquait une accumulation d'éléments granuleux. Wasilief a constaté des altérations semblables dans plusieurs cas de rage; on remarquait la distension de la capsule ganglionnaire par une exsudation considérable, traversée par les prolongements nerveux aboutissant aux cellules nerveuses ^.

Putjatin ^ a étudié les lésions ganglionnaires dans les affections organiques du cœur. Dans les affections chroniques du cœur et de V aorte, l'infLammatioii chronique se propage par continuité aux ganglions autochtones. Lorsque l'affection cardiaque est peu prononcée et récente, on observe une simple hypérémie ou une inflammation granuleuse des ganglions; mais dans les affections cardiaques ou aortiques anciennes les ganglions sont le siège d'une inflammation interstitielle avec prolifération conjonctive abondante, et dégénérescence graisseuse consécutive

* IwANOwssKY. Zur pathologischen anatomie des flecktyphus. Journal ' der normaleu und patholog. Histologie und der Klin. medicin. von Rudneff. Januarfebruar, 1876.

^ Wasilieff. Ueber die veranderungen der Gehirns und llerz ganglien bei der Lyssa. Centralblatt. fur med. "Wissench., n" 36, 1876.

' PuTJATiN. Des altérât, patholog. des ganglions nerveux autochtones dans les affect. chroniq.du cœur. Virchow's Archiv., t. 74, p. 461. 1878.

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des cellules nerveuses. Les affections générales constitutionnelles, telles que la syphilis, peuvent également provoquer des altérations pathologiques dans les ganglions autochtones.

Ganglions du cœur considérés comme centres de réflexion. — D'après les récentes recherches de pagliani les ganglions nerveux du cœur fonctionnent comme des centres où s'opère la réflexion des excitations produites sur les terminaisons sensibles des memhranes qui revêtent la superficie et les cavités du cœur. On ne peut cependant parmi ces ganglions reconnaître que les uns agissent comme centres d'arrêt, les autres comme agents d'excitation des mouvements du cœur.

Mais les effets variés paraissent dépendre de l'excitabilité inégale des fibres qui passent par ces ganglions.

Les unes^très excitables, s'épuisent facilement dès qu'il s'agit d'excitations fortes.

Les autres, moins excitables, n'agissent que sous l'influence d'excitations énergiques.

Les fibres très excitables se trouvent dans les sinus des veines caves et autour de l'orifice auriculo-ventriculaire ; les moins excitables entrent dans le myocarde, autour du bulbe aortique, d'oii elles partent pour se rendre au cœur.

Objections : Malgré toutes ces preuves, on ne peut encore affirmer que le sympathique et ses ganglions soient la véritable, l'unique cause de la force active du cœur. Car, à moins que chaque fragment^ chaque cellule de ce viscère ne soit comme pétrie avec un ganglion, on doit admettre que le mouvement cardiaque peut exister indépendamment du sympathique. En effet : on a pu détruire successivement chacun des ganglions nerveux situés en dehors du cœur, les plus rapprochés comme les plus éloignés, sans arrêter d'une manière absolue les battements de l'organe.

C'est ainsi que Longet ^, réfutant les travaux de Brachet, a démontré que l'on pouvait exciser le cœur, retrancher les oreillettes et les gros vaisseaux, râcler et détruire les ganglions de la base du cœur, sans faire cesser les fonctions rhythmiques. Volkmann ^, d'autre part, fit voir que, si Ton coupe le ventri-

' Pagliani. Redi. sur la fond, jihxjsiolog. des ganglions nerv. du cœur. Lo Sperimentale, mars 1874. Torino.

- Longet. Anat. eiphysiol. djisyst. nerv. t. II, p. 603.

'\0L\iM.ws. Nachireisung der neruen centra. Mûller's Archiv. ISti, p. 423.

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