Libri quatuor de pro'sagitione ex pidsibus
6. Synopsis sexdecim librorum de pulsibus. 1. Pulsuum compendium.
Le tout représente un demi-volume (334 pages, édition Chartier). Mais les dissertations, les explications purement théoriques, occupent plus de la moitié de l'ouvrage. Galien y passe en revue les opinions de tous les auteurs anciens, dont il fait du reste peu de cas Puis, lorsqu^il vient à décrire le pouls, ses divisions sont si subtiles, que Haller disait : « Galien a divisé et composé de telle sorte l'histoire du pouls, qu'aucun médecin de notre temps ne pourrait avoir des doigts assez délicats, assez mesurés, pour reconnaître toutes ces nuances. »
Il admet, en effet, 27 espèces de pouls, qui^ subdivisées chacune en trois, portent le nombre total à 81.
Pourtant, le livre IV sur les causes du ponls peut être fort utile au praticien, car il contient la description du pouls dans les différentes maladies; c'est l'œuvre que nous cherchons à refaire dans cet ouvrage, en nous aidant des puissantes ressources de la science moderne.
Enfin Galien semble avoir prévu la grande théorie des pouls organiques et devancé Bordeu, lorsqu'il observe que « l'affection d'une partie peut y exciter des variations dans le mouvement des artères, sans qu'il soit besoin que le cœur participe à cette affection* ». Cette Tétude nous montre assez combien Galien fut supérieur aux physiologistes et aux médecins de son temps. On ne doit donc plus s'étonner que sa renommée ait régné plusieurs siècles sans contestation.
Il serait trop long d'énumérer ici toutes ces variétés du pouls et de les décrire en détail.
Nous nous contenterons d'en donner quelques exemples , en étudiant, avec Galien^ le pouls inégal, pour montrer sa méthode. Du pouls inégal. — On admet une inégalité selon un seul
* Galten, lib, IV, Deprxsag. expulsu. De differentiis pulsuum. De pulsu ad Antonium diseiplinx studiosum ac philosophum, t. XIX, p. 634.
battement, où la diastole n'est pas uniforme dans toute sa durée.
Cette inégalité se subdivise en inégalité selon la position et selon le mouvement.
Dans l'inégalité de position^ le calibre de Tartère ne présente pas les mêmes dimensions pendant toute la durée de la diastolGk Par exemple : dans le pouls myure, proprement dit, l'artère va en diminuant, du cœur à la périphérie^ comme une queue de rat.
Dans l'inégalité de mouvement, le mouvement de la diastole ne présente pas la même intensité pendant toute la durée; exemple : le pouls dicrote et le caprizant.
Une troisième inégalité s'appelle : suivant les périodes, ou in a-cervo, ou anomalie systématique, c'est Vinégalité régulière.
Un pouls inégal, suivant ses périodes, est celui qui frappe inégalement les doigts à toutes les diastoles.
Galien^ poussant la subtilité jusqu'aux dernières limites, admettait encore Vinégalité ou V égalité dans Vinégalité ; dans le premier cas, les battements inégaux se succèdent sans ordre, sans retour périodique, l'inégalité est absolue; dans le second cas, des pulsations inégales se reproduisant par séries semblables entre elles, l'inégalité n'est plus que relative et partielle
Galien distingue encore les myures qui vont en s'amoindrissant et les myures récurrents que l'on peut représenter par deux cônes réunis par leurs sommets.
Dans le pouls intercurrent, Vinégalité ne porte que sur la fréquence, c'est-à-dire qu'après un certain nombre de battements il y en a un précédé d'un repos très court.
Le pouls intermittent porte sur la rareté et Id, petitesse.
Tel était l'art sphygmique dans l'antiquité. Plusieurs de ces observations étaient justes et le sphygmographe nous donne des exemples correspondant à un certain nombre de ces nuances. Mais on comprend, qu'il fut impossible à la plupart des médecins d'exceller dans cet art, et que l'on finit par y renoncer. Ce fut pour la spliygmologie un retard de dix-sept siècles.
• Galién, De diff. pulsuum, 10 et 11, p. 253, 19, t. VIII.
NÉMBSIUS.