PREMIER BRUIT DU CŒUR
Causes des bruits du cœur. — Ces causes ne sont pas uniques, comme on l'a cru longtemps, mais multiples. Le bruit perçu par Toreille n'est, en effet, que la résultante de plusieurs bruits d'origine très diverse
Premier bruit. — Le bruit inférieur ou systoUque, bruit sourd, premier bruit ^km^xis, du ventricule, ainsi que Laënnec, Hope et bien d'autres l'ont démontré. En effets si l'on enfonce sur le cadavre un stylet au point précis du premier bruit perçu sur le vivant, la dissection fait voir que le ventricule est traversé.
Mais ce bruit est-il dû à la systole ou à la diastolel Ici les opinions varient. La plupart des physiologistes affirment que c'est à la systole : au contraire, le docteur Beau - l'attribue au choc du sang dans le ventricule en diastole. Mais cette opinion est réfutée quand on considère : 1° que Chauveau et Faivre^ expérimentant sur le cheval, où les mouvements du cœur sont lents, faciles à suivre du regard, ont reconnu que le premier bruit ne coïncide pas avec la systole auriculaire, mais bien ventriculaire ; 2° que ce bruit est perçu, lors même que les oreillettes ne peuvent plus se contracter et que le sang n'est plus projeté dans le ventricule. Le premier bruit appartient donc, en réalité, à la systole ventriculaire. Mais, ici encore, s'élèvent différentes théories. En effet, ce bruit peut dépendre : 1° de la contraction musculaire; 2° du choc précordial ; 3" de la tension des valvules auriculo-ventriculaires. Examinons chacune de ces conditions :
1° Contraction musculaire. — Elle doit avoir une action prépondérante, car Wollastôn ^a montré que l'action énergique d'un muscle est toujours accompagnée de vibrations sonores et le cœur est un muscle puissant. La commission anglaise de Dublin* fit également en 1835 une série d'expériences'; elle finit par conclure que le bruit inférieur devait tenir, en grande partie, à la contraction subite de ses fibres et au son intrinsèque qui en résulte. En effet, ce bruit continue à se manifester lors même que le cœur, en se contractant, ne peut ni battre contre le thorax ni mettre enjeu ses valvules. D'autres physiologistes attribuent le son musculaire, non point à la contraction, mais à la tension
' Barth et Roger. Traitë d'auscuU., p. 19u. -Beau. Traité d'auscuU. , p. 193.
' WoLLASTON. 0/i rfwraîîOH of muscular action. Croouian lectures. Philos, trans., 1810, p. 2.
' Report of thc London mbcomittee. Brit. Associât. Bristol, 18:î6, p. 265.