V' SIECLE. A^TIUS. — LES POULS A MOLIMEN INTERNE ET EXTEENE
AÉTius, médecin chrétien à^Amide, en Mésopotamie, imagina une division fort ingénieuse du pouls, en pouls des mouvements vers Vextérieur du corps^ et pouls des mouvements vers l'intérieur.
i° Toutes les fois, dit-il, qu3 le pouls est en même temps élevé, fort, que l'artère est plus rapide à faire sa diastole, c\st le pouls des mouvements vers Vextérieur.
' Nemesi, Philosophi clarissimi, de naturâ hominis. Imprini. à Lyon au Gryphon,
26 ACTUARIUS.
Cette classe comprend le pouls de Vépistaxis , celui de la sueur ^ etc., suivant que le caractère générique se combine avec celui qui reste particulier à chacun d'eux.
2" Toutes les fois que le pouls devient dur, inégal et fort en même temps, quand la systole s y fait plus vite que la diastole j c'est le pouls des mouvements naturels vers V intérieur du corps.
Tels sont pouls du vomissement, de la diarrhée, etc.
Aétius prétendait même que chez une personne dont on connaît le pouls naturel, et qui est prise de fièvre intermittente, on peut connaître par le pouls, dès le premier accès, si la fièvre sera quarte ' .
Bien des siècles vont s'écouler maintenant sans progrès sensible dans les sciences anatomiques et sans laisser de trace que nous puissions suivre avec espoir de nous instruire. Nous passons ainsi du v^ au xi" siècle, où nous trouvons, à Constantinople^ la série des Actuariens.
Xf-Xm" SIECLE. ACTUARIUS. — LES POULS ORGANIQUES.
ACTUARIUS fut d'abord le nom collectif que prirent successive ment au moyen âge tous les médecins attachés à la cour de Constantinople. C'était^ pour ainsi dire, le titre de médecin actuel de la cour. Mais il fut attribué définitivement à Jean Actuarius^ médecin grec duxi'^ siècle^ qui fut un des précurseurs de Bordeu et de Fouquet, dans la théorie si ingénieuse des pouls organiques.
Cet habile observateur considérait la science du pouls comme la première donnée nécessaire au médecin, pour prédire les divers changements qui peuvent arriver dans le corps humain et porter un pronostic.
Il affirme qu'on peut reconnaître par le pouls les organes qui sont atteints d'inflammation, et décider si c'est le foie, la rate, les reins, la vessie, V estomac ou Vintesfin^. C'est bien le cas do dire : Nil sub sole novum, rien n'est nouveau sous le soleil ; ou bien encore avec Quintilien : Optima veterum nova, — optima novorum vetera.
Nous citerons, ici, un passage remarquable de ses œuvres :
« Les parties du corps douées d'une plus grande sensibilité ,
' Aétius, clxxxiii. Quartan. exquisit. dignost., p. 214. ^ AcTVARivs{J,), De method.med., ïih. l, c. IX. [Venetiis.]
ACTUARIUS. 27
dit-il , changent ou modifient le pouls , en conséquence du sentiment de la douleur qu'elles éprouvent; et celles qui sont moins sensibles le modifient relativement à l'affection seule dont elles sont atteintes. »
Un physiologiste moderne ne pourrait pas mieux dire, car sous l'influence de la douleur les nerfs vaso-moteurs font singulièrement varier le pouls et la circulation; et cette modification peut être générale ou localisée au point malade^ suivant que la partie altérée est plus ou moins importante, plus ou moins sensible.