CHAPITRE m
LA CIRCULATION D'APRÈS LES CONNAISSANCES ANATO- MIQUES, DU MOYEN AG-E JUSQU'A VÉSALE.
FONDATION DES UNIVERSITÉS ET DBS AMPHITHÉÂTRES. LES DISSECTIONS HUMAINES.
A dater de Galien et comme si ces premières découvertes eussent été suffisantes pour éclairer les médecins au milieu des difficultés de l'art et de la pratique, un grand repos se fit dans les esprits; pendant onze siècles, les opinions du médecin de Pergame régnèrent dans l'enseignement médical, sans qu'on cherchât à progresser, ou même à vérifier ses travaux; de là le proverbe : Jurare in verba magistri, affirmer cC iiprèsla parole du maître. » Ce ne fut qu'en 1213 que la célèhre école de Salerne reprit à cœur les travaux anatomiques et que l'on résolut d'étudier non plus les animaux, mais le corps humain. L'enseignement se fit sur un plan général et les corps enseignants prirent le nom à' universités.
L'université de T?/!(5f??^z^(3 surgit la première, en Allemagne; elle se distingua d'abord par ses recherches savantes sur l'anatomie. Bologne devint ensuite illustre sous Bérenger de Carpi, qui, de 1502 à 1527, disséqua plus de cent cadavres. Padoue, Vérone, Rome, ouvrirent également des amphithéâtres célèbres, vers le début du XVI® siècle ; et Sylvius[dele Boe],B\n9,\(\vie Charles Estienne, commencèrent, dès lors, à faire connaître à Paris l'art des dissections. En 1564, le roi Charles IX fonda, dans cette capitale, deux cours publics d'anatomie. Mais en quoi consistaient ces cours? Quelles étaient les vérités enseignées? Quelle était la part des erreurs ? C'est ce qu'il convient d'examiner ici.
Sans doute on avait gagné quelque terrain au profit de la science.
On admettait une certaine évolution du sang dans les vaisseaux du corps humain.
On savait que les artères sont pleines de sang et non CCaiv.
Le cœur était reconnu comvaQlQ centre, la, cause du mouvement artériel et dn pouls.
Mais on enseignait toujours avec persistance trois erreurs ondamentales :
i° La. perforation de la cloison interventriculaire, permettant le mélange des deux sangs, ce qui, disait-on, rendait superflu tout autre genre de circulation.
2° Le foie, considéré comme centre de toute circulation veineuse.
3° Les veines, auxquelles on attribuait une circulation o^Lrgwfe et la fonction do porter aux organes un sang nourricier.
Sur ces trois points, les opinions étaient tellement arrêtées, qu'on ne tolérait même pas le doute ni la discussion.
L'esprit humain est ainsi fait : dès qu'il peut donner une explication théorique, il croitsavoir et dédaigne d'aller plus loin.
L'effort que doit accomplir le jugement pour réformer le passé, doit être alors immense et réclame des génies; nous les verrons bientôt à l'œuvre.
1-478. JACQUES DU BOIS [SYLVIUS] . l'aRT DBS INJECTIONS VASCU- LAIKES. — LA VALVULE SEMI-LUNAIIIE DE LA VEINE CAVE.
Ce médecin fut le premier à pratiquer, sur le cadavre, des injections coagulantes, pour étudier l'anatomie des artères. Il substitua aussi en France les cadavres humains aux cochons dont on s'était servi jusqu'alors pour les études anatomiques.
C'est à Dubois que l'on a dû. la découverte de la valvule semilunaire de la veine cave descendante, à son embouchure dans le cœur. JACQUES DU BOIS est né en 1478, on n'a point la date précise de sa mort.