‹ Le circulation et le poulsChapitre 21 sur 669 · DE MICHEL SERVET A HARVEY · texte numérisé non relu

DE MICHEL SERVET A HARVEY

SERVET, dans la cinquième partie de son livre, de Christianismi ^ restitutione ^ ouvrage dont il ne reste, dit-on, que trois exemplaires et pour lequel il fut brûlé par Calvin, en 4553, à Genève, Servet, dis-je, explique assez clairement, [p. 169-172] la circulation du sang dans les poumons, son hématose et son retour au ventricule gauche. Voici ce texte, qu'on nous saura gré de reproduire ici à cause de sa rareté. L'auteur commence par rappeler l'ancienne théorie des trois esprits vitaux :

« 11 Q&iuu esprit vital ^ qui se communique parles anastomoses « et vient des artères, oti on l'appelle esprit naturel. Le premier « est d'abord le sang, dont le siège est dans le foie et dans les (I veines du corps; le second, esiV esprit vital ({\xï siège dans le « cœur et les artères du corps. Il est un troisième esprit vital, (( dont le siège est dans le cerveau et les nerfs. Mais pour com- « prendre comment le sang est la vie elle-même, il faut con- « naître d'abord la génération substantielle de cet esfrit îJzïa^,qui « se compose et se nourrit de Xair inspiré et du sang le plus sub- « til. \^ esprit vital prend son origine dans le ventricule gauche «du cœur; les poumons contribuent à sa perfection. C'est un « esprit délié, élaboré par la chaleur, rouge de couleur, de « puissance ignée ; c'est comme une vapeur brillante émanée du « sang le plus pur, contenant la substance de l'eau de l'air et du « feu, engendré du mélange opéré dans le poumon par l'inspi- (c ration de l'air, avec le sang subtil élaboré, que le ventricule « droit communique au gauche. Or, cette communication ne « s'opère pas en nous par la paroi médiane du cœur, comme « on le croit vulgairement, mais par un grand et habile artifice.

'Servet (M.). Christianismi restitutio . Totius ecclesise apostolicêC ad sua limina vocalio, in integrum resiituta cognitione Dei, fidei Christi, justificationis nosirx, regenerationis ùapiismi et Domini manducationis, etc., etc. Vienne eu Dauphiné,

34 SEEVET.

(( Le sang subtil est conduit du ventricule droit au poumon par « un long chemin [capillaire]^ là, il est élaboré, devient rutilant « [hématose] et passe de la veine artérieuse dans f artère veineuse. « Ensuite, Vair inspiré se mêle dans V artère veineuse elle-même et « V expiration chasse la fuliginosité [acide carbonique]. Enfin, le « tout bien mélangé est attiré par la diastole dans le ventricule « gauche, aide parfaitement adapté pour que l'esprit devienne (( vivifiant ; ainsi la communication de la veine artérieuse avec Var- (( tère veineuse s'opère dans les poumons et retourne aux poumons. « Cest ainsi que cet esprit vital, parti du ventricule gauche, est « transporté de là dans toutes les artères du corps [indication pré- « ciSE DE LA circulation GENERALE] , de telle f açoH que celui qui est « plus léger gagne les parties supérieures, où il s'élabore davan- « tage, surtout dans le plexus rétiforme placé à la base du cer- « veau. C'est là qu'il commence de vital à devenir animal, se « rapprochant de l'état raisonnable de l'âme intelligente. »

Mais cette affirmation, toute théorique, ne s'appuyait sur aucun expériment ou vivisection, ni sur une démonstration physiologique décisive, elles meilleures idées^ perdues dans un livre de discussion théologique, restèrent ignorées des anatomistes, sans éclairer la science de son époque, car ce ne fut que deux cents ans plus tard que le livre de Servet fut réimprimé; il faut franchir quarante ans pour retrouver le passage important, reproduit successivement par William Wotton, Douglas, Moshemies et Gerike.

Dans ces dernières années, la gloire de Michel Servet a éprouvé de singulières vicissitudes.

D'une part, Flourens dans son Histoire de la cii-culation, lui donne la prééminence : « Servet, dit-il, a mieux décrit la circulation pulmonaire que ne le fît Colombo. »

D'autre part, M. Chéreau le savant bibliothécaire de la faculté de médecine de Paris, a consacré un important mémoire, à démontrer que, si Michel Servet paraît avoir fait la découverte de la circulation pulmonaire six ans avant Colombo, c'est qu'il fut probablement son élève àPadoue; c'est qu'il avait appris de lui, ou de Valverde, son principal disciple, ce secret important; et, la preuve qu'il en donne, c'est que Servel^ s'il ne nomme pas

' FLODREr<s. Histoire de la circulation, 1 vol. iu-12.

- Chéreal'. Histoire d'un liure. Servet et la circulatioil pulmonaire. BuUet. dé l'Académ. de mèd, 15 juillet 1879.

R EALDO COLUMBO

PB O V ES S A N T I. ' A N A ÏO M I H

Portrait probable, réduit d'après l'estampe placée en tête de son traité : De re anatomicâ, édition posthume publiée par ses fils Lazare et Phœbus. — Un volume petit in-folin. Venise, MDLIX. — Ex typographiâ Nicolaï Bevilacquœ.

« Colombo^ ne se donne point cependant comme l'inventeur de cette théorie, ce qu'il n'eut pas manqué de faire avec son orgueil trop connu, s'il avait pu se croire quelque droit d'inventeur. »

Ces réflexions du D"" Ckéreau font hésiter, surtout si l'on considère avec lui que la théorie de Servet ne s'appuie sur aucune preuve ni démonstration, qu'elle reste à l'état de simple allégation et que Servet parait même n'avoir jamais opéré sur l'animal vivant, car il dit que le sang de l'artère pulmonaire est jaune [/iavus], ce qui est faux, tandis que Colombo le définit très nettement : ^oridus, tenui setpulcher^ éclatant, léger et beau.

Pourtant nous croyons qu'il convient de conserver la part de mérite qui revient à Servet, 1" parce qu'il n'est point démontré qu'il étudia sous Colombo, mais seulement qu'il vint à Rome, vers cette époque, comme nous le verrons bientôt; 2" parce qu'il a le premier consigné sa découverte par écrit ; 3° parce qu'il paraît avoir deviné, à lui seul^ l'existence et l'importance de ce gaz subtil que nous nommons maintenant Y oxygène^ qu'il re^ garde comme la cause de l'hématose et qu'il définit une mpeur brillante contenant [comme l'oxygène] la substance de Veau, de Vair et du Jeu, c'est là véritablement le trait le plus remarquable de sa conception scientifique.

15S8. COLOMBO DÉMONTRE SCIENTIFIQUEMENT LA CIRCULATION PULMONAIRE. LES VIVISECTIONS INSTITUÉES COMME ENSEIGNESIENT PHYSIOLOGIQUE.

REALDO COLOMBO, de Crémone, professeur d'anatomie à Bologne^ à Padoue, puis à Rome, fut le rival et peut-être le maître de Servet, dans sa belle découverte de la circulation pulmonaire; Car son livre de Re anatomicâ parut à Yenise en 1558-59, sans qu'il eût connaissance de l'œuvre théologique de Servet, publiée en lo53i

Son travail est, du reste, bien supérieur à celui de l'écrivain espagnol et contient, avec un commencement de démonstration physiologique, une anatomie plus juste de l'hématose.

Voici comment il s'exprime [lib. XI) :

« Il existe dans le cœur deux cavités, je veux dire deux venu tricules, l'un droit, l'autre gauche; le ventricule droit est beau- <t coup plus grand que le gauche. Dans le ventricule droit se « trouve le sang naturel, dans le ventricule gauche le sang

« vital. Entre ces deux ventricules, est une cloison à travers (c laquelle la plupart des anatomistes admettent que le sang « passe du ventricule droit dans le gauche. Mais, en réalité, le « chemin parcouru est beaucoup plus long. En efFet, le sang est « porté par l'artère pulmonaire au poumon, on il est rendu plus « léger ; puis, mélangé à l'air, il est dirigé par la veine pulmo- « naire dans le ventricule gauche du cœur : ce que personne « jusqu'ici n'a observé ni établi par écrit, quoique cela puisse « être facilement vu par tout le monde... L'artère pulmonaire « est assez grosse et même beaucoup plus grosse qu'il ne le fau- « drait, si le sang devait seulement être conduit aux poumons « par un si court chemin. Elle se divise d'abord en deux troncs, « qui vont, l'un au poumon droit, l'autre au gauche; puisenpluc sieurs rameaux, comme nous le dirons en traitant des pou- « mons... Je pense que la veine pulmonaire a été faite pour « porter le sang, mélangé d'air, depuis les poumons jusqu'au a ventricule gauche du cœur. Cela est tellement vrai, qu'en ou- « vrant non seulement des cadavi^es, mais encore des animaux « vivants, on trouve toujours le vaisseau rempli de sang, ce qui « n'existerait pas, s'il avait été uniquement construit pour rece- « voir l'air et les vapeurs. Je ne saurais trop admirer ces anato- « mistcs, prétendus supérieurs, qui n'ont pas remarqué un fait « si clair et si important...

« La fonction du poumon est de rafraîchir le cœur, comme « l'établissent avec raison les anatomistes ; il y parvient en « envoyant un air froid. Le poumon fonctionne aussi pour Fins- « piration et l'expiration. Enfin il sert à former la voix. Tous les « anatomistes qui écrivirent avant moi connurent ces fonctions « du poumon. Mais il en est une autre fort importante, que je (( rapporte ici et gue l'on ii'a fait qu entrevoir : je veux dire la pré- « paration et presque la génération des esprits vitaux, qui vont « ensuite se perfectionner dans le cœui. En effet le poumon « prend l'air inspiré par la bouche et les narines, la trachée- (c artère le fait pénétrer dans tout le poumon ; puis le poumon le (( mélange au sang, qui est amené du ventricule droit du cœur « par l'artère pulmonaire. Cette artère, en effet, outre qu'elle « amène du sang pour nourrir le poumon, est tellement vaste, « qu'elle doit remplir un autre usage; par suite du mouvement « continuel du poumon, le sang est agité, il devient plus léger, <c il est mélangé, puis ce mélange d'air et de sang est repris par les

« rameaux de la veine pulmonaire, pour être portée au moyen du (( tronc de cette même veine, au. ventricule .gauche du cœur; « l'air et le sang- y arrivent si bien mêlés, si parfaitement unis, « qu'il ne reste que peu de travail à faire au cœur. Après ce « dernier perfectionnement apporté par le cœur, comme une « dernière main à l'élaboration de ces esprits vitaux, ceux-ci « n'ont plus qu'à être distribués par l'artère aorte à toutes les « parties du corps.

« Je sais que cet usage nouveau des poumons, qu'aucun ana- « tomiste n'a jusqu'ici soupçonné, inspirera peu de confiance et « sera traité de paradoxe. Je prie, je conjure ceux qui ne me « croient pas. de considérer la grandeur du poumon, qui ne pouce vait pas rester privé de sang vital, alors qu'il n'est pas dans le « corps un point, si petit qu'il soit, qui en manque. Si ce sangce n'est pas formé dans les poumons, par quelle partie pourrait- « il être transmis, si ce n'est par l'artère aorte? Or, l'artère aorte « n'envoie au poumon aucun rameau grand ou petit... Donc, loc- « teur, comme je l'ai dit, la veine pulmonaire a été formée, non « pour tirer du cœur et porter en dehors le sang élaboré, comme «je Fai expliqué, mais pour porter ce même sang vers le cœur « même.

« Une autre raison vient corroborer notre assertion : les méde- « cins mûris dans la pratique concluent avec sûreté, en voyant a une hémoptysie, que ce sangvient des poumons, non seule- « ment parce qu'il est éliminé par la toux, mais encore parce qu'il « est d'une couleur éclatante, léger ei heau, j^oridus, ternis et (ipulcker, comme ils ont coutume de dire du sang des artères.

« Qui voudra réfléchir sur ces raisons avec sincérité accordera, « je le sais, sa place à la vérité ; mais il est une race d'hommes « incultes et ignorants qui ne veulent ou ne peuvent rien trouver « de nouveau, mais qui souscrivent immédiatement à tout ce « qu'écrit un médecin en réputation, adoptant ou peu s'en faut « tous ses dogmes. Pour toi, lecteur, qui aimes les hommes ins- « fruits et qui cherches avec ardeur la vérité, je te conjure de te «convaincre sur des animaux que tu ouvriras vivants ; je « t'exhorte, je te prie, dis-je, de voir si ce que j'ai dit n'est pas « l'expression de la vérité. En effet, dans ces animaux, tu trouce veras la veine pulmonaire pleine de sang et non pleine {( d'air...

* Traduct. du D"" Chéreau. — Analyse,

Serait-ce~tîonc Realdo Colombo qui aurait emprunté cette découverte à Servet,.ovL Servet l'a-t-il prise à Colombo? Ou bien encore l'ont-ils accomplie tous deux chacun de leur côté, par un effort simultané de leur génie? Sans doute, on ne peut nier que Servet ait publié le fait en 1S53, cinq ans avant Colombo ; peutêtre même est-ce à cela que Colombo faisait allusion en avouant que d'autres n'avaient fait cp! entrevoir cette découverte. Mais il y avait trente ans que cet illustre professeur en démontrait tous les éléments dans ses cours d'anatomie à Bologne, puis à Rome. Or les recherches savantes du docteur Chéreau ont rappelé que « Michel Servet y mi à Bologne en 1530, alors qu'il était, à dix-huit ans, secrétaire de Jean Quintana, confesseur de Charles-Quint, et quand cet empereur venait se faire couronner roi de Lombardie.

« Servet put donc étudier sous Colombo et apprendre auprès de lui quelques notions d'anatomie et de physiologie.

« Du reste jamais celui-ci ne s'est posé en génie, jamais il n'a à\i'. 'EiljçiriV.al J'ai trouvé !

« Et cependant il était assez désireux du succès pour ne pas perdre une occasion si favorable d'établir sa réputation.

Tandis que Realdo Colombo dit avec assurance :

« C'est moi qui ai découvert que le sang, parti du ventricule « droit pour se rendre au ventricule gauche , passe, avant « d'arriver là, par les poumons où il se mélange avec l'air, et est « ensuite porté par les rameaux de la veine pulmonaire au ven- « tricule gauche. Cela était facile à constater; néanmoins, perce sonne, avant moi, ne l'a marqué par écrit. »

Le dernier point seul est incontestable, c'est que Servet avait consigné le premier cette découverte par écrit, soit qu'il l'eût reconnue à lui seul, soit qu'il n'ait été qtiime plume au service de Vidée d'un maître, comme le dit fort bien le docteur Chéreau dans son remarquable travail.

Un autre anatomiste encore avait devancé Colombo de cinq ans, c'était son disciple Valverde, mais celui-ci s'écrie avec une franchise totale : a Pour tous ceux qui ont écrit avant « moi, la fonction de l'artère pulmonaire serait seulement de « nourrir les poumons, celle de la veine pulmonaire de con- « duire l'air des poumons dans le ventricule gauche; car ils sou- (( tiennent qu'il ne pouvait y avoir de sang dans cette veine pul- « monaire. Mais s'ils eussent fait les expériences que j'ai faites

« avec mon maître, Realdo Colombo^ tant sur des animaux vi- « vants que sur des cadavres, ils eussent constaté que la veine c( pulmonaire n'est pas moins pleine de sang que toute autre « veine... Or, puisqu'il y a du sang dans cette veine pulmonaire « et que ce sang ne peut, à cause des valvules qui se trouvent à (( l'embouchure du vaisseau, venir du ventricule gauche, je crois « que de l'artère pulmonaire le sang est transporté dans les « poumons, où il se purifie et se prépare à pouvoir plus facilece ment se transformer en esprits, après s'être mélangé avec « l'air, par les rameaux de la veine pulmonaire, qui le porte au (c ventricule gauche du cœur. »

Ce qu'il y a de remarquable, c'est que de la découverte de Servet, Valverde n'en paille en aucune façon. Enfin si Flourons paraît favorable à Servet, deux voix vénérables sont invoquées par M. Chéreau pour la défense de Colombo, ce sont celles de Haller et de Baglivi.

Haller écrit en effet :

« Servet paraît avoir vu ce que Galien avait ignoré, mais ce « qui, unpeu auparavant, avait été connu de Realdo Colombo, ce quoique la grande découverte de ce dernier ait été publiée plus ce tard. »

Quant à Baglivi, un peu suspect, il est vrai, de partialité pour un compatriote, voici comment il s'exprime : ce Realdo Colombo, (( anatomiste d'une réputation immortelle, a ouvert le premier, « il y a près de deux cents ans, le passage du sang, par les « poumons, du ventricule droit du cœur dans le ventricule c( gauche; et, le premier, il a ainsi indiqué la circulation du sang. ))

Telles sont les raisons alléguées par M. Chéreau pour donner à Colombo la primauté sur Servet, et nous nous y rallierions complètement, si la description de l'air fuligineux {acide carbonique) et de la vapeur brillante {oxygène) no donnaient au travail du médecin espagnol une originalité qui ne se retrouve nulle part.

Une autre gloire de Colombo fut d'être le premier à vérifier par les vivisections sur l'animal l'état des fonctions des organes et surtout de la circulation. A ce point de vue encore, il fut le maître et le prédécesseur d'Harvey^ qui répéta souvent ses expériences sans le nommer.

C'est ainsi que Colombo décrivit, de visu, les mouvements du

ARANZI.

cœur, leur alternance avec ceux des artères, le retrait de la pointe du cœur, l'instant où il vient de frapper les parois pectorales etc.

Et, malgré tant de belles découvertes, ni lui, ni Servet, ni Aranzi^ ni Fabrice^ ne purent comprendre le problème de la circulation générale! Quelles ténèbres pouvaient donc les aveugler?

Ce qui arrêtait tout progrès, pour ces hommes de tant d'intelligence, c'étaient les erreurs professées par leurs prédécesseurs et dont ils ne pouvaient se détourner eux-mêmes.

C'étaient les fonctions du foie, regardé à tort comme l'organe central de la sanguification et comme l'origine de toutes les veines.

C'était cette supposition^ que le sang veineux est le vrai sang nutritif. Dès lors, le foie et les veines, suffisant aux nécessités du corps, ne pouvaient avoir que des connexions subalternes avec ' le système artériel, et l'intelligence de l'anatomiste se trouvait ainsi éloignée d'admettre un circulus communis.

D'ailleurs, comment l'auraient-ils admis, ne connaissant pas cette troisième circulation, la capillaire, intermédiaire aux deux autres et leur servant de trait d'union?

1530-1589. ARANZI. — LA CIRCULATION UTÉRO-FŒTALE ; LES TUBER- CULES DBS VALVULES AORTIQUES, LA VALVULE OBTURATRICE DU TROU OVALE.

ARANZI de Bologne, élève de Vésale, a décrit, mieux qu'aucun autre, les quatre artères et les quatre veines de l'utérus, puis la civculation placentaire, formée^ dit-il, par un immense lacis vasculaire, qui ne communique pas directement avec l'utérus, mais y est simplement accolé par ses vaisseaux.

Ce savant anatomiste indiqua le trajet des artères ombilicales, ainsi que leurs spirales autour de la veine. Il découvrit encore le rebord cartilagineux qui consolide, vers son milieu, la valvule de l'artère pulmonaire les petits tubercules des ua^w^es aortiques auxquels on a donné son nom.

Ses découvertes sur le fœtus ne furent pas moins remarquables. — Le canal artériel, le canal veineux, le trou ovale, de la cloison des oreillettes, entrevu déjà il est vrai par Galien, mais non décrit dans ses détails et auquel on a, bien à tort, donné le nom de trou de Botal. Aranzi montra la valvule qui l'obture et indiqua son mode d'oblitération.

(F;ic-similo fl'iin autciitraphe '

André CESALPIM

' Ce portrait gravé d'après celui de Biancani et le fac-similé sont extraits de la brochure publiée par les professeurs P. Scalzi et C. Maggiorani, à l'occasion de l'inauguration du monument élevé à André Césalpin par l'Université de Rome, le ?> octobre lH7fi.

Pv 40.

Il décrivit encore les amastomoses de la veine azygos, avec les intercostales et les axillaires.

Enfin, pour la circulation cérébrale, il acheva la description des sinus de la base du crâne et démontra les usages des plexus choroïdes.

Aranzi fut donc un des plus grands anatomistes de l'époque; il fit surtout beaucoup pour l'étude de la circulation, donna les meilleures preuves de la circulation pulmonaire, reconnut fort bien que la cloison du cœur était imperforée et concourut, pour une large part, à détruire les vieux préjugés. Et pourtant il ne put arriver, lui non plus, à découvrir les lois qui président à l'ensemble de la circulation générale, tant il était difficile de concevoir le plan d'un monument aussi sublime, même quand on en possédait la plupart des matériaux ' !

Mais nous voici arrivés à l'époque André Césalpin , la science va marcher à grands pas vers la lumière de la vérité.

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