VALVULES DES VEINES
mies des veines, excepté dans Jes plus grosses, où Wahlgreen prétend avoir reconnu des fibres musculaires.
La membrane interne ou endophlebs, comme Veiidartôre, représente une séreuse à parois très minces laissant très facilement suinter le sérum du sang par diapédèse quand la pression sanguine dépasse les limites habituelles.
Coefficient d'élasticité. — D'après Wmidt * , le savant physiologiste de Heidelberg, le coefficient A' élasticité des veines est de 94 gr. 9 eu longueur et de 4 gr. dans le sens transversal.
Leur cohésion est, suivant Wertheim " , plus grande que celle des veines.
Mais voilà les veines formées, développées dans tout l'ensemble de l'organisme : comment et par quelles forces le sang pourra-t-il parcourir ces innombrables vaisseaux? C'est ce que nous allons examiner.
Valvules des veines, — Pour favoriser l'ascension du sang veineux souvent obligé de remonter contre les lois de la pesanteur, les veines sont munies de nombreuses valvules, de forme parabolique, flexibles dans un seul sens et faisant l'office de soupapes. Leur bord adhérent est consolidé par un bourrelet fibreux; elles sont constituées par une lame mince de tissu élastique, recouverte sur ses deux faces d'une couche d'épithélium. En s'abaissant, elles forment un creux valvulaire et s'opposent au reflux du sang. C'est leur mécanisme fonctionnel qui inspira l'idée de la circulation au célèbre Harvey.
A leur niveau, les parois veineuses amincies et bleuâtres sont dilatées en ampoule; elles apparaissent sur le trajet des veines superficielles comme des nodosités. Le meilleur travail fait sur les valvules est, sans contredit, la monographie du docteur
HOUZÉ DE L'AULNOIT ^ .
Le nombre de ces valvules, leur forme, leur position, leur importance varient beaucoup.
Les unes sont ostiales, c'est-à-dire siègent à l'embouchure d'un tronc veineux (veine-cave, — azygos, — vertébrale, — jugulaire interne, — grande veine coronaire du cœur.)
Les autres sont pariétales, disposées le long du tube, tantôt
' WoNDT. Nouveaux éléments de physiol. humaine. Trad. par Bouchard. P. Savy. 1812. 1 vol. iQ-8°, p. 2S4.
-Wertheim. Ann. de chimie et dephysiq. 3° sérient. XXL ' HouzÉ de L'AuLNOiï, Rech. sur les valu. vein.Thèse. P. 1834.
INSUFFISANCES VALVULAIRES. 339
accouplées Tparpaii-es, tantôt alternées. Certaines veines ont beaucoup de valvules ; ce sont :
1° Celles qui ont le plus à supporter les effets de la pesanteur, comme les veines des membres inférieurs; la Saphène interne en compte de 11 à 20, la Saphène externe de 9 à 13;
2" Celles qui ont à vaincre les effets de compression extrême, comme les veines des muscles. Les veinules intrà-musculaires sont remplies de valvules; et les veines profondes de la langue en offrent un grand nombre, malgré leur très petit volume.
D'autres veines en ont très peu: X Azygos^X^^ Thyroïdiennes ^\^% Jugulaires, les Spermatiques. Il en est quelques-unes dont les valvules sont disposées en sens opposé, dans la seconde moitié de leur trajet, par exemple : les veines Intercostales. Cette disposition a pour but de favoriser, en cas de nécessité, la circulation entre les vaisseaux internes et externes du thorax. Beaucoup de veines n'ont point de valvules : de ce nombre, il faut citer les veines Pulmonaires , la veine Cave supérieure, les deux BrachiocéphaliqueSj\di veine Porte rameaux anastomotiques des veines profondes àiimembre inférieur, les veines du C er veau, \qs Rénales, les Utérines. Toutes ces veines sont sujettes à des circulations rétrogrades, à des reflux, pour lesquels les valvules eussent été un obstacle considérable.
Indication opératoire. Notons encore ici la veine Fémorale profonde, qui, dans sa partie supérieure, n'a point de valvules. Il en résulte que le chirurgien, obligé de faire la désarticulation de la hanche, doit lier le bout cardiaque de la veine fémorale, sous peine d'exposer le malade à une hémorrhagie dangereuse par son abondance.
Enfin d'autres n'ont point de valvules, mais bien de nombreux filaments tendus au travers de leur calibre, tels sont les sinus et les lacs sanguins de la dure-mère.
InsufSîsauccs valvnlaires. — Quand les veines se dilatent outre mesure, leur diamètre augmente, mais la valvule diminue, distendue qu'elle est par cette augmentation de circonférence ; il en résulte bientôt l'insuffisance du vaisseau. Deux mécanismes peuvent la produire :
1° Une compression trop grande par les muscles situés au-dessus. Cette compression agit de dehors en dedans et fait refluer le sang qui dilate le conduit.
2° Une pression trop forte du sang qui dilate l'artère de dedans