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VEINES A PAROIS INCOMPRESSIBLES

en dehors, comme il arrive dans les congestions veineuses et les engorgements du cœur droit.

Inconvéïiîeuts des valvules. — Si les avantages des valvules sont considérables, elles ont aussi parfois des inconvénients. Pour le chirurgien, par exemple, la ligature de la veine Fémorale au ligament de Poupart produit la gangrène de la jambe, parce ■ que les valvules de la veine circonflexe empêchent le sang de rétablir sa circulation, ainsi que BRAUNE l'a démontré.

Veines béantes ou a parois incompressibles. — La paroi du plus grand nombre des veines est flasque ; elle s'affaisse dès que le vaisseau est ouvert ou coupé transversalement. Mais un certain nombre d'entre elles offrent le caractère opposé : tranchées, elles restent béantes et gardent leur calibre presque entier. Il en est ainsi : P des canaux veineux du Diploé^ dont les parois sont entièrement osseuses; 2° des si7ius de la Dure-mère^ dont les parois sont osseuses d'un côté, et les deux autres côtés de leur contour tinangulaire doublés par la dure-mère ; 3° enfin des sinus simplement fibreux, dont la dure-mère forme en entier les parois, comme la veine de la faulx du cerveau. Leur cavité est. en même temps hérissée de trabécules qui servent à écarter les parois aussi bien qu'à les fixer.

Les veines qui occupent le sommet du thorax sont au nombre des veines presque incompressibles, par suite de leur adhérence aux aponévroses. Ainsi \di Jugulaire interne ou profonde est recouverte par l'aponévrose cervicale, qui l'empêche de se déprimer complètement quand la poitrine se dilate.

Les veines sous-Clavières ont des rapports intimes avec l'aponévrose sous-claviculaire et la cervicale moyenne, qui leur forment une gaine complète sur toute leur étendue et leur adhèrent intimement.

Aussi, le sang contenu dans leur cavité est-il soumis à l'aspiration du thorax; et, lorsqu'elles sont divisées dans le cours d'une opération, elles exercent sur l'air extérieur une succion qui l'attire, le mélange au sang veineux qui passe à l'état de mousse, et, entrant dans le cœur droit, en paralyse subitement les fonctions.

C'est ainsi que s'expliquent les cas de mort par introduction de l'air dans les veines, comme nous le verrons plus loin.

Mais il est d'autres veines adhérentes^ pour lesquelles cet accident n'est point à craindre, Ce sont les veines Hépatiques qui

IMPORTANCE DES ANASTOMOSES VEINEUSES. 341

sont intimement unies à la substance propre du foie. Ce caractère, outre leur direction différente, sert à les distinguer des rameaux de la veine porte, qui, peu adhérentes aux canaux que leur forme la capsule de Glisson, s'affaissent en partie sur ellesmêmes.

Les veines ou sinus utérins sont également béants par suite de leur adhérence au tissu de l'organe ; de là vient le danger des métrorrhagies en général, mais surtout pendant l'accouchement ou la délivrance^ quand il y a décollement prématuré du placenta ou inertie utérine.

Enfin il existe certaines veines dont les parois sont si épaisses, qu'elles diffèrent peu de celles des artères ; difficiles à distinguer de celles-ci, à cause de la couleur jaunâtre de leur tissu, elles restent également ouvertes, quand on les coupe transversalement. Ce sont, entre autres, les veines profondes du membre inférieur, veines Tibiales postérieur es^Pèronières^ Poplitées, etc.

ludicatiou tUérapeutique. — Il est souvent utile de faire la ligature des veines en cas d'amputation de la jambe car leur calibre ouvert peut devenir une cause active d'absorption des divers virus et ferments figurés.

IMPORTANCE DÈS ANASTOMOSES VEINEUSES.

Les veines offrent un bien plus grand nombre d'anastomoses entre elles que les artères; c'est que, destinées à être le réservoir général du sang et à le ramener au cœur, elles doivent arriver à leur but par tous les moyens possibles.

Aussi, lorsqu'une branche veineuse vient à s'oblitérer, quelle que soit sa grosseur, elle ne tarde pas à être suppléée par d'autres, qui, sous l'influence de la pression sanguine augmentée par l'arrêt du sang, se dilatent jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli dans leur parcours.

Anastomoses des veiues cérébrales. — La circulation veineuse de l'encéphale est grandement facilitée par les nombreuses anastomoses qui existent, d'une part, entre les veines jugulaires internes et externes, puis entre \esjuffulaireset les vertébraleSj les rameaux cervicaux des sous- clavier es, et enfin les veines intrà-rachidiennes. Aussi la chirurgie a-t-elle pu pratiquer

342 IMPORTANCE DES ANASTOMOSES VEINEUSES.

]sL ]iga.t\ire de IsL weine Juffulaire, sans que la circulation encéphalique ait été affectée.

On doit à simmons * deux cas de guérison par ligature de plaies faites à la jugulaire.

Anastomoses cx.ti*à-ci*auicuues. — De nombreuses communications mettent en rapport les sinus-cérébraux et les veines extrà-crâniennes. Les principales sont :

'1° La veine Mastoïdienne, qui part du sinus latéral [portion descendante) et se rend à la veine Occipitale en passant par le trou mastoïdien du temporal.

2° La veine Condylienne postérieure, qui va de la partie terminale du même sinus à la veine Cérébrale à travers le trou condylien postérieur.

3° Les veines émissaires de Santorini, vaisseaux très petits qui passent à travers les trous pariétaux.

4° Les veines Ophtkalmiques, qui d'une part s'anastomosent avec la Faciale, de l'autre avec le sinus pétr eux supérieur.

S° Un certain nombre de veines osseuses ou diploiques, remarquables par l'extrême irrégularité de leur surface interne et leur calibre qui est en raison inverse de l'âge.

Indicatioii thérapeutique. — Il en résulte que dans les affections inflammatoires ou congestives du cerveau, les points les plus favorables pour poser des sangsues sont : V apophyse mastdide, les bosses pariétales et le front lui-même, si en ce point les cicatrices ne devaient pas être évitées.

Anastomoses întrà-céréli raies. — Les sinus de la duremère, de la faux du cerveau et de la tente du cervelet sont munis de dilatations ampullaires, fort bien étudiées par FAIVRE ^, TROLARD et LABBÉ ^ sous le nom de : lacs sanguins de dérivation et dont les parois servent presque toujours de siège aux granulations de Pacchioni, ou mieux, de Willis^ car ce fut lui qui les découvrit en 4676. Ces ampoules sont garnies d'une membrane à leur paroi supérieure; l'inférieure est traversée par des mailles fibreuses, et l'ampoule communique avec le sinus, par un petit orifice arrondi ou ovale ou plus souvent, d'une manière indirecte, par un petit canal de 1 à 3 centimètres de longueur.

' Simmons. Two cases of the successfull termination of ivunds. Med. facts and obs. 1800, t. VIII.

^ Faivre. Des graaulahons m('7iingêes. Th. P. 18S3.

2 L ABBÉ. Noie sur la circulation veineuse cérébrale. Arch. de physiol., 1879.

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