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INFLUENCE DES VALVULES

la cause principale de la circulation veineuse est dans Y action du cœur, que c'est elle qui par sa puissance force le passage du sangà travers les capillaires, et refoule à chaque coup de piston une portion du liquide dans les veines. Le savant physiologiste du collège de France fit cette preuve par l'expérience suivante :

Découvrant sur un chien la veine et l'artère crurales, il posa une ligature en amont, qui arrêtait le cours des deux sangs ; puis, faisant une ponction au-dessous dans la veine, il vit le sang jaillir de celle-ci, tant que l'artère remplie put lui en fournir ; quandl'artère fut vide^ la veine, quoique encore àmoitié pleine, cessa de donner du sang.

En injectant alors de l'eau tiède dans l'artère, la veine recommença de couler^ donnant d'abord le reste de son sang, puis de l'eau pure, et son jet grossissait ou s'amoindrissait suivant que l'injection pratiquée dans l'artère était poussée avec plus ou moins de force.

L'action directe du cœur est donc incontestable. C'est la première, la principale cause de ,1a circulation veineuse ; mais elle est singulièrement aidée par l'existence des valvules, et par l'influence des anastomoses directes. Examinons, tour à tour, ces divers éléments :

1° Influences DBS VALVULES. — Elles sont disposées de façon à s'effacer quand le sang les presse par un courant centripète, à se rapprocher quand le sang- arrive en sens inverse, remontant vers sa source.

Le sang ne peut donc y couler, dumoins dans les veines douées de valvules, que dans une seule direction : des capillaires vers le cœur, et par là, le retour du sang au cœur est parfaitement assuré quelle que soit la cause de pression ou d'impulsion qui agisse sur la veine.

Dans l'état ordinaire des choses, les valvules ont peu de travail à faire, car le sang coule d'une manière continue et les valvules restent ouvertes. Mais il n'en est plus ainsi quand les muscles entrent en contraction. C'est une question que nous allons examiner bientôt.

2" Contraction TONIQUE DES VEINES. — Les veines sont contractiles aussi bien que les artères, et même à un plus haut degré, mais comme leur irritabilité est moindre, cette contractiliténe se manifeste que lentement.

Ainsi, sous l'influence du froid, les veines se resserrent, elles

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se gonllent au contraire par la chaleur; chacun peut constater ce fait en observant les veines sous-cutanées du dos de la main ou du pied, surtout lorsqu'on les plonge dans l'eau chaude.

VERSCHUIR \ MARX ^ et HASTINGS ^ ont démontré que les veines se resserrent fortement dans le point où on les irrite^ soit avec le scalpel, soit avec un acide; mais les petites et moyennes veines, comme la Mésentérique, la Jugulaire, ont paru plus sensibles que les très grosses veines, comme la veine Cave.

KOLLIKER prouva la contractilité des veines par le moyen se l'électricité *. Le courant d'induction appliqué aux saphènes d'un membre récemment amputé permit de voir les parois se contracter lentement et se fermer au point de prendre l'apparence d'un cordon fibreux blanchâtre.

NYSTEN ^ avait aussi reconnu la contractilité de la veine cave par le galvanisme chez les suppliciés.

Plus récemment le professeur GUBLER ^ a démontré qu'il suffisait de percuter vivement les veines gonflées du dos de la main pour les voir se contracter, se rétrécir rapidement ; puis au bout d'un instant le point percuté se dilate au contraire plus qu'avant. Cette petite expérience réussit mieux chez les jeunes gens que chez les vieillards.

Dilatabilité des artères. — Les veines sont infiniment plus dilatables que les artères; elles le sont au point qu'après la mort, les artères se vidant, les veines suffisent à contenir tout le sang.

Malgré cette dilatabilité, elles sont douées d'une grande force de résistance. HALES ^ a vu la jugulaire supporter sans rupture une pression égale à 148 pieds d'eau. WINTRINGHAM ^ expérimenta que la veine porte d'un bélier ne se rompit qu'à une pression de 6 atmosphères, tandis que l'artère aorte cédait à 5 atmos-

* Verschuik. Disserl. med. inaug. de arteriarum et venaruni vi irritabili. 1766. ^ Marx. Diatribe atiatornico-physiotogica de structurâ atque vitd venarum. 1819. ' Hastings. On the inflammation of the mucous membi^ane of the lungs.

* KoLLiKEi!. Zti7' lehre von der contractilitat menschlicher bliit uud lymphgefiXsse. Zeitsclir fiir wissensch. zool. 1843, t. 1, p. 2o8.

' Nysten. Recherches de chimie et de physiol. patholog. p 333, 3>il.

* GnBLER. Contractilité des veines. Comptes rendus de la Socii''té de biologie, 1849, t. I, p. Tg.

' Hales. Hémostatique, p. 136.

^ WmtHmGHMi]. Expérimental inqiiin/ of some pa7'ts of the human body. 1740, p. lOU.

CONTEACTIONS RHYTHMIQUES. 353 phères^ et cependant, d'après cet observateur, l'épaisseur relative des parois des deux vaisseaux est :: 9 : 154.

Elasticité des veines. — braune * reconnut que la saphène interne, sans perdre son élasticité, a pu subir chez un garçon de 13 ans un allongement de 91.3 </o, — chez un jeune homme de 15 ans, 61.1 % , — chez un homme de 58 ans un allongement de 5.6 </o. L'allongement n'est proportionnel qu'au début; il devient bientôt très faible.

CONTRACTILITB DBS VEINES.

Cette propriété est très marquée sur les veines de l'homme dans l'état de santé ; elle perd son énergie dans certaines maladies. Ainsi la saphène interne d'un garçon de 15 ans peut recevoir un poids de 1,000 grammes et revenir encore à sa longueur première ; au contraire, chez un buveur de 46 ans, il suffisait de 75 grammes, et chez un tuberculeux de 50 ans il n'a fallu que 6 grammes pour diminuer sensiblement la rapidité de la rétraction.

3° Contractions rhythmiques. Certaines veines, du moins chez les animaux, sont douées, comme le cœur droit, de contractions rhythmiques. TESTA décrivit cette propriété sous le nom

artériosité des veines.

C'est ainsi que les veines sous-cutanées de l'aile de la chauvesouris donnent 8 à 10 pulsations par minute, wharton jones ^ a vu leur calibre diminuer pendant ces contractions de è à

11 y a deux siècles déjà, walaeus avait observé chez le chien la contraction pulsative de la veine Cave au voisinage du cœur ; contraction bien spéciale au tissu veineux, car elle persistait après la résection des oreillettes et des ventricules.

LANCISI ^ compta chez le cheval 5 à 6 pulsations de la veine cave pour une pulsation du ventricule.

ALLisoN * vit un tronçon de la veine Pulmonaire d'une tortue, d'un chat, d'un chien et d'un bœuf, lié aux deux bouts et séparé du corps, continuer à battre pendant 4 ou 5 heures, lander,

' Braune W. De l'élasticité des veines. CoQtribut. à l'anatom. et physiol. Recueil offert à Cari. Ludwig par ses élèves, 187S.

' Wharton Jones Discovery thaï the veins of the bat's vnng are endowed with rhyfhmical contractility. Philos, trans. 18S2, p. 131.

' Lancisi. De motu cordis et aneurismatibus , p. 211 .

* Allison. Experiments proving the existence of a venons puise indépendant o ' keart. A.noric .1. 1838, n" 45, t. XXIII.

MOUVEMENTS MUSCULAIEES.

BRUNTON et FAYRER * oiit observé la pulsation de la veine pulmonaire chez le chat. Elle battait 119 fois par minute, et ses battements n'étaient pas isochrones à ceux de l'oreillette.

Mais cette intervention active des gros vaisseaux veineux se retrouverait-elle chez l'homme? La question n'est pas résolue. Ce que l'on sait, c'est que la plupart des veines n'ont qu'une contractilité très lente et une irritabilité moindre que celle des artères. Nous verrons pourtant bientôt que les veines pulmonaires, la veine joor^e et les veines caves de l'homme paraissent douées de contractilité -^ev&onneWQ. Brown - Séquard, en 1880, a démontré également que les veines du cœur possédaient aussi un mouvement de contraction qui leur est propre.

Contractilité de l'anbvrysme veineux. En dehors de l'anévrysme cirsoïde et artérioso-veineux, on peut en outre observer sur le trajet des veines de véritables anévrysmes. Quoique le fait soit rare, VANS BEST ^ en donne une observation complète et décisive. Sur une jeune fille de 14 ans, il rencontra une tumeur veineuse, plus grosse qu'une noix à léger battement ondulatoire et située au niveau de la veine radiale antérieure superficielle. Il en fit l'ablation après avoir lié la veine au-dessus et au-dessous.

Il la trouva formée d'un véritable anévrysme veineux dont les parois musculeuses hypertrophiées étaient susceptibles de contraction. Il n'y avait aucune trace de communication avec l'artère .

C'était donc une sorte de cœur veineux accessoire qui s'était formé, analogue à ceux que l'on observe chez certains animaux inférieurs.

4° Mouvements musculaires. Les muscles, en se contractant, se gonflent, se durcissent, puis se relâchent à leur tour pour devenir mous et pénétrables.

Or les veines situées entre les muscles et dans leur épaisseur ou sous les aponévroses, sont comprimées par la contraction musculaire, et leur sang se trouve ainsi refoulé plus haut, vers le cœur; les valvules empêchent son reflux.

Puis, dès que le muscle se détend, la pression cesse et la veine restée vide un instant se remplit de nouveau. Mais les valvules

* Landkr, BnuNTON cIPayher. Proceedings of tlie royal soc. t. XXV, p. 174, 187H. - Vans Best. On venons aneurism, and adaptation of ti.ssues. The Laocet, 17 cet. 1 74, II, p. '6nn.

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