INFLUENCE DE LA RESPIRATION
L'insuffisance de la veine crurale prédispose aux varices, à Vœdème des membres inférieurs et aux hémorrhagies veineuses en cas d'opérations. Lorsqu'il survient une phlébite de la saphène, Vinsuffisance de la valvule crurale peut aussi faciliter la formation des caillots et leur propagation, toujours grave, dans les veines iliaques.
Les effets de refoulement produits par l'expiration et l'effort sur les veines crurales^ concordent avec les expériences de Poiseuille, qui a démontré que pendant les blessures les plus graves il n'y a jamais aspiration d^air dans les veines pourtant si volumineuses des membres inférieurs.
5° Influence de la. respiration sur la circulation veineuse.
Inspiration. — Le thorax agit comme une pompe aspirante et foulante sur les organes contenus dans sa cavité, et de même qu'en se dilatant il exerce une sorte d'appel sur l'air qui pénètre dans la profondeur des poumons, il fait aussi sentir cet appel au cœur et aux gros vaisseaux, surtout aux vaisseaux veineux, dont les parois- sont peu résistantes; les veines caves se gonflent alors sous l'influence, de cette succion, et leur sang se précipite dans le cœur droit.
Ce fut Valsalva qui observa d'abord ce phénomène sur les veines jugulaires du chien, car cette action aspiratrice retentit sur la plupart des veines rapprochées du cœur.
Rèle des aponévroses. — Les recherches de BÉRARD ' ont fait connaître une disposition particulière qui rend plus efficace l'action aspiratrice du thoi^ax. C'est l'adhérence des gros troncs veineux de sa base et de son sommet aux aponévroses qu'ils traversent, surtout celle de la veine cave au diaphragme. Cette adhérence maintient béant le calibre de la veine, alors même que l'affaissement du thorax devrait tendre à l'oblitérer.
Les lames fibreuses de la base du cou offrent la même disposition anatomique. Elles adhèrent aux parois des veines et deviennent ainsi une cause grave d'introduction de l'air dans les veines.
Expiration. — luflneucc refoulante du thorax. — A
côté de l'influence aspiratrice, il faut tenir compte de l'influence contraire ; le thorax, en vidant le poumon pendant l'aspiration,
' Bérard. Mém. sur un point d'anat. et de physiolog. du système veineux. Arcli. gén. de méd. 1830, t. XXIII, p. 69.