‹ Le circulation et le poulsChapitre 28 sur 669 · LUTTE CONTRE HARVEY · texte numérisé non relu

LUTTE CONTRE HARVEY

rieure à sa grande renommée. Yoici le passage de Descartes :

« Si on demande comment le sang ne s'épuise point, en coulant ainsi continuellement dans le cœur, et comment les artères n'en sont point trop remplies, puisque tout celui qui passe par le cœur va s'y rendre, je n'ai pas besoin de répondre autre chose que ce qui a déjà été écrit par un médecin d'Angleterre, auquel il faut donner la louange d'avoir rompu la glace en cet endroit, et d'être le premier qui a enseigné qu'il y a plusieurs petits passages aux extrémités des artères, par où le sang qu'elles reçoivent du cœur, entre dans les petites branches des veines, d'où il va se rendre derechef vers le cœur ; en sorte que son cours n'est autre chose qu'une circulation perpétuelle*. »

Chose singulière ! la circulation fut bien plus vile acceptée parle bon sens général que par la science; celle-ci, préoccupée, embarrassée dans ses vieilles théories, ne pouvait comprendre autre chose, ni admettre qu'elle se fût trompée si longtemps. C'est ainsi que, repoussée de la faculté de Paris, tournée en ridicule par Guy Patin, la grande découverte fut au contraire célébrée en France par lf(9/26Tg, Boileau, Descartes, ei(\ue Louis XIV chargea Dionis de la professer au Jardin du Roi, puisqu'on refu sait de l'enseigner à l'école de médecine. En Angleterre, Harvey fut soutenu par l'appui intelligent du roi Charles qui lui fournit pour ses études toutes les facilités désirables, lui permettant d'expérimenter jusque sur les biches de son parc, et qui l'honora toujours de sa plus sincère estime.

Parmi ceux qui combattirent la doctrine de Harvey, il faut citer Emile de Paris, qui composa contre elle un livre intitulé : Lapis lydius de motu cordis et satiffuinis [IQ-il].

Son livre est plein de raisons superficielles ou inconséquentes; mais, comme de tout choc peut jaillir la lumière^ plusieurs découvertes partielles furent faites à ce sujet. Ainsi cet anatomiste démontra que le cœur pouvait continuer de battre, alors qu'il était vide de sang : expérience très juste; mais la déduction était fausse, quand il en concluait que la circulation n'existait pas.

Nous n'insisterons, ni sur les écrits d'OMOBONO de Crémone"^ qui prétendait venger l'antiquité outragée par la découverte de Harvey; ni sur ceux do FOLLio [Cecilio], qui, ayant trouvé à l'au-

■ Descautiîs. Discours de la mélkode [édit. Cousiu], p. 1119.

- Omobo.no. ULlio antitjuitatis in sanguinis circulationein. Créinoue, IG'JO.

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