INFLUENCE DU TRAVAIL, ACTIVITÉS MUSCULAIRES
bondit dans la poitrine. C'est que tout mouvement musculaire est une source de chaleur. Aussi le mouvement musculaire accélère le pouls, comme le fait la chaleur elle-même. De plus les contractions musculaires^ en comprimant veines et artères, font circuler le sang avec une rapidité plus grande, à laquelle le cœur répond par des battements plus fréquents, puisque la tension artérielle se trouve abaissée. Enfin le cœur n'a pas seulement nn rôle passif dans l'effort et la course, car alors il pourrait bien battre avec grande fréquence comme ne trouvant aucune résistance, mais il battrait mollement et ne se ferait pas sentir, tandis qu'à la suite d'une course un peu forte les battements cardiaques sont si violents qu'ils se font entendre, voir, et semblent briser la poitrine.
Ici, comme toujours, les variations circulatoires dépendent du rapport préétabli entre ces deux termes : Cœwr, force primitive, active.
Résistance ou tension, force secondaire^ passive, mt^tj HIRN * a montré par un calcul très net que la fréquence du pouls qui accompagne les contractions musculaires est due à l'augmentation de carbone brûlé, c'est-à-dire à l'augmentation de la force initiale.
L'observateur marchant dans un calorimètre, de manière à produire le même travail que s'il montait de 450 mètres en une heure, lepouls s'élevait de 80 à 140 par minute.
Les inspirations passaient de 18 à 30.
Le volume d'air inspiré et expiré s'élevait de 700 à 2300 litres par heure.
L'oxypène consommé passait de 30 grammes par heure (état de repos) à 132 grammes.
Le travail est donc une combustion et le cœur se presse pour fournir le combustible suffisant au travail.
Influence du travail mécanique. — A côté de l'activité toute vitale du cœur, dans le travail musculaire, il faut tenir compte de l'influence mécanique du travail.
BÉCLARD a démontré que : 1" Tout muscle qui, en se contractant soulève un poids, subit un abaissement de température.
2" Le muscle qui cède lentement au poids et revient à sa l^osition d'équilibre ou de repos, éprouve un refroidissement.
' HiRM. Esquisse élément, de la théor. mécanique de la chaleur. Colmar, 1864.
3° Le muscle qui se meut horizontalement, sans soutenir de poids, ne change point de température.
Ainsi toute personne qui fournit un travail externe positif, absorbe de la chaleur en proportion du travail produit : si elle donne un travail négatif, elle dégage de la chaleur dans la même proportion et se refroidit. j|
Le cœur et le pouls sont encore ici en parfait accord avec la théorie mécanique de la chaleur.
Lorsqu'on soulève un poids à une certaine hauteur, les battements du cœur offrent 4 ou 10 battements de moins que lorsqu'on fait le même mouvement et les mêmes contractions sans soulever de poids.
, Mais, pour que l'expérience réussisse, il faut qu'elle soit faite sur des sujets habitués à un travail manuel et qui ne mélangent pas les deux séries de faits, comme celles qui, agissant pour la première fois, contractent au hasard bien des muscles inutiles.
Travail intellectuel. — Il agit également sur le pouls ; la tension vasculaire diminue, par l'afflux du sang au cerveau, qui vide les autres vaisseaux; la pulsation prend de la hauteur et devient d'autant plus fréquente que l'on se livre à des travaux plus difficiles ou dont on a moins l'habitude, c'est-à-dire qui exigent plus d'efforts d'intelligence ; nous en verrons bientôt les résultats en étudiant le pouls organique du cerveau. La seule différence est dans les produits ultimes de régression, qui sont: pour le travail manuel : acide carbonique et vapeur d'eau; pour le travail intellectuel : urée et cholestérine ; la cholestérine surtout, qui mesure le degré d'usure du cerveau dont elle forme le véritable déchet organique . j
Cette question a été spécialement étudiée par le D'' Dogrès ' i sur l'animal (chiens, chats, conils) avec le kymographe, sur ; l'homme avec le pléthysmographe. Les courbes donnent un j pouls plus ou moins accéléré, il peut croître de 6 à 55pulsations. \
ha. pression sanguine augmente et peut aller jusqu'au double de ! la normale ; l'action du cœur est donc augmentée. . \
ludicatiou thérapeutique. La musique n'est donc pas \
' Dogrès. Influence de la musique sur la circulation du sang. Archiv. de Dubois Reymond, 1880.
INFLUENCE DES ATTITUDES SUE LE POULS
favorable aux personnes atteintes à'anévrysme. Car le renforcement de la pression peut amener la rupture vasculaire.
INFLUENCE DES ATTITUDES SUR LE POULS
BRYAN ROBINSON * fut le premier à reconnaître cette influence, que l'on peut résumer en trois mots : le cœur bat plus rapidement quand on est debout que lorsque l'on est assis : il se ralentit plus encore lorsqu'on e&i couché.
Les différences sont assez marquées dans certains cas pour atteindre le sixième du nombre total. Ainsi dans les expériences de Guy ^ auquel on doit les principales observations faites sur 79 hommes d'âge moyen entre 20 et SO ans, bien portants et dans un état de calme parfait, on obtint comme moyenne : debout, 79 ; assis^ 70; couché, 66.
Il y avait donc 12 pulsations de différence entre les deux positions extrêmes. Mais les différences peuvent, suivant les sujets, se borner à 3 ou 4 pulsations, ou bien au contraire monter à 26. Robinson avait trouvé : debout, 73; assis^ 68;' ômché, 64. Mais Guy a reconnu qu'une foule de circonstances secondaires venaient modifier les résultats en plus ou en moins : si le sujet, en restant debout, s'appuie contre un mur, ou bien si, étant assis, au lieu de rester en équilibre ilappuie son dos sur le dossier de la chaise, le chiffre des pulsations diminue ; dé^ même si un sujet est placé horizontalement^ soutenu sur deuxchaises, obligé à un effort pour se maintenir, son pouls marque 80, mais si une troisième chaise le retient sans effort, le pouls tombe à 66 ; c'est donc l'effort musculaire qui accélère ici le pouls.
GRAVES ^ de Dublin expérimenta dans de nouvelles conditions, employant toujours le même sujet, qu'il soumettait a diverses attitudes, après l'avoir fixé sur une planche à bascule, à laquelle on pouvait donner toutes les inclinaisons voulues, sans mettre
* Bryan Robinson. A treatiseof the animal economy, 1734, p. 180. 'Guy. Art. Puise. Todd's cyclopEed. t. IV, p. 189.
' Guy. On the effects produced upon the puise by change of posture. Guy's hospit. reports, 1838. t. III, p. 92.
* Graves. On the effects produced upon the puise by change of posture. Guy's I Hospit, reports. 1838. t. III. p. 92.
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enjeu les efforts musculaires du sujet. Il nota une différence de 6 à IS pulsations entre les positions droite et couchée.
MAREY ' dans plus de quarante expériences nota des variations qui s'étendaient de 2 à 14 pulsations, le summum de fréquence s'élevait, le sujet étant debout les bras baissés, à 94 pulsations, les bras étant levés, le pouls tombait à 87.
Mais encore avec Onimus faudrait-il distinguer deux cas : 1° si les bras levés sont soutenus par un aide, sans effort personnel, le pouls baisse; — 2° si le sujet maintient ses bras levés avec effort, le pouls s'accélère, car un second élément, le travail musculaire, vient contrebalancer l'effet de la pesanteur.
Graves et Guy ont poussé plus loin encore l'analyse. Graves a reconnu que l'influence de l'attitude sur le pouls est d'autant plus marquée que le patient a le pouls plus fréquent, alors que V expérience commence.
Guy a cherché la proportion suivant laquelle cette accélération s'opère. — Quand le sujet assis avait le pouls à 60, il avait 66 debout. — Si le sujet assis donnait 80, la proportion était de 12. — S'il comptait 100 pulsations, la progression devenait de IS. — Et pour 120 pulsations elle était de 18. Les nombres théoriques de la progression auraient dù être 15, 27 et 39.
L'influence accélératrice des attitudes est plus considérable chez l'enfant que chez l'adulte, chez la femme que chez i l'homme ^. Elle est plus sensible le matin qu'au milieu du jour, et à cette dernière époque que le soir. .'
Lorsque le pouls a été très excité par une marche forcée, la l position horizontale lui donne un ralentissement compensateunj plus grand; on le voit alors baisser de 130 à 56. : Le professeur Graves ajoute que, dans les cas de fièvre ou d'affaiblissement par maladie antérieure, la différence est fort tranchée ; on peut alors trouver 30, 40 et même 50 pulsations déplus dans la position droite que dans l'horizontale. Allant j plus loin encore, il voulut établir cette loi que, lorsqu'il ny a pas | de différence dans le nombre des battements assis, debout ou couché, \ c'est qu'il existe une lésion cardiaque; ordinairement, c'est une^ hypertrophie du viscère avec dilatation de la cavité. « Je n'aij trouvé » , dit-il dans sa Clinique, « que six cas faisant exception « à la loi des attitudes, ou positions, et ces six cas se sont pré»|
* Marey. Physiologie de la circulation, 2li:t
* HoHL, Die geburtshûlfliche exploration, 1855. i
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li sentés chez des individus atteints d'hypertrophie du cœur « accompagnée de dilatation de l'organe ; l'autopsie l'a démonce tré. ))
Mais cette loi n'est point aussi absolue que Graves l'a cru d'abord; elle peut être interprétée de plusieurs manières, et dernièrement le docteur Smith * prétendait y puiser un diagnostic certain pour reconnaître si une personne était tuberculeuse. En effet, d'après un ensemble de plus de 1,500 phtisiques, il a trouvé que ces malades, couchés, avaient en moyenne 87 pulsations; — assis, ils en marquaient 95,5 ; — debout on en comptait 104. La différence a donc été, pour les deux premières positions, de 8 I, et pour le malade couché, puis debout, de 17. En sortant des calculs de moyenne, on a vu cette différence s'élever à 44 pour un malade examiné successivement couché et debout.
Le savant de Baën, qui connaissait fort bien toutes ces variations des mouvements circulatoires, avait depuis longtemps formulé ce précepte, d'explorer le pouls des malades : debout, assis ei couché; « car, » dit-il, « sedentibus aut in lecto aut in sedili pulsus quam jacentibus celerius est, plus quidem minusve, semper autem notabiliter . » Respectons donc beaucoup nos vieux maîtres, car ils en savaient beaucoup, avec des moyens d'observation bien moins parfaits que les nôtres.
Nous verrons plus tard, en étudiant le pouls lent, quel parti le médecin sagace peut tirer de ce ralentissement pour le traite- I ment des anévrysmes thoraciques.
I Influence directrice. — Mais Vattitude a encore une autre influence facile à constater , c'est de diriger le sang plus ou moins fortement vers une région donnée, en disposant en sa faveur ou contre elle les lois de la pesanteur. Ainsi,dans Vattitude verticale^
I le sang monte moins complètement aux régions supérieures, la face pâlit. J^qs jambes, au contraire, se congestionnent. Ces phéno-
' mènes s'observent surtout chez les personnes très affaiblies; les malades tenus longtemps au lit, lorsqu'on les lève pour la pre-
imière fois, éprouvent facilement la syncope^^dx anémie du cerveau. Un lapin laissé cinq ou six heures dans la position verticale, succombe presque toujours.
I Les personnes qui, par profession, doivent rester longtemps debout, deviennent sujettes aux congestions des jambes, et
' Smith. On the rate of pulsation and 7'espiration in phtisis, British and fo* reing med. and chirurg. Review 1856, t. XVII, p. 475.