DE LA RÉTINE
Quand on comprime l'œil avec le doig t placé à l'angle externe de la paupière supérieure, ou lorsque le glotte subit une pression un peu forte, qu'elle soit intrà ou extrà-oculaire^ on voit bientôt la veîne centrale de la l'étlue et les branches qui naissent de sa bifurcation échanger leur circulation uniforme contre une circulation pulsative. L'artère elle-même, qui à l'état normal est sans pulsation, devient bientôt pulsative à son tour. La cause en est^pour elle, dans la parésie des nerfs vaso-moteurs, qui permet aux pulsations du cœur de retentir jusque-là,tandis qu'à l'état normal ils modèrent et annulent ce premier élan. Mais pour la veine la cause est double : car, d'une part, la paralysie de ses nerfs laisse propager jusqu'à elle le mouvement ondulatoire des sinus cérébraux; de l'autre, le battement de l'artère' centrale de la rétine, qui chemine comme elle au centre du nerf optique, doit se communiquer à la veine et lui céder une portion de son mouvement ; c'est une circulation double, par impulsion et par imfiuence.
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NOUVELLE PREUVE DE l'eXISTENCE DES NERFS VASO-CONSTRICTEURS VEINEUX.
Nous devons faire ici une observation anatomique importante : Dans cette transformation de l'acte circulatoire, c'est la veine qui paraît la première animée de mouvement, l'artère ne devient pulsative que par une pression plus forte. L'artère centrale n'est donc point indispensable et ne fait, plus tard, qu'augmenter l'impulsion commencée ; les mouvements de la veine viennent donc primitivement du reflux des sinus veineux. Mais alors, pourquoi la veine centrale rétinienne n'a-t-elle pas toujours une pulsation apparente comme celle des sinus euxmêmes? Ce ne peut être que parce qu'elle possède un frein, un modérateur, tout aussi bien que l'artère, et dès lors on est autorisé à admettre scientifiquement l'existence de nerfs vaso-constricteurs pour les veines aussi bien que pour les artères.
Cette induction donne l'explication de bien des faits encore obscurs, et notamment de la formation des varices par la parésie des vaso-moteurs veineux et de la^uérison possible de cette maladie par un traitement vaso-constricteur sans opération; par exemple^ avec les injections sous-cutanées d'ergotlne ou d'extrait d'haïuamelis, au voisinage des troncs veineux, sans pénétrer dans leur cavité.