‹ Le circulation et le poulsChapitre 43 sur 669 · S4. LANCISI. — LE PÉRICARDE ET LE CŒUR MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

S4. LANCISI. — LE PÉRICARDE ET LE CŒUR MUSCULAIRE

LANCISI [J. M.] s'occupa bientôt après du même sujet, dans son livre Z>e motis cordis et aneurysmatibus. Il étudia le péricarde, qu'il regarda comme étant aussi de nature musculaire et destiné à protéger le cœur contre les violences extérieures. Il recommande surtout d'étudier cette membrane sur le cadavre des hydropiques, où elle est développée, hypertrophiée; il découvrit sur le feuillet interne du péricarde un grand nombre de glandes éparses, encore inconnues jusqu'à lui.

Ses recherches sur les artères coronaires et sur les nerfs du cœur, achèvent de lui donner un rang distingué parmi les anatomistes de la circulation.

CORNÉLIO.

Il décrivit, mieux que tout autre, la route compliquée des fibres du cœur, leurs djivers plans, et comment les plus externes se replient en spirale à la pointe du cœur, tandis que celles du plan interne prennent une direction circulaire ; il crut même remarquer qu'elles pénétraient dans les cavités veineuses, pour y former l'origine des valvules, qui dès lors seraient musculeuses.

1638-1669. STBNON. — le cœur est un muscle et ne produit

PAS LA CHALEUR INNEE. STRUCTURE EN 8 DE CHIFFRE, — MOU- VEMENTS DE LA VEINE CAVE.

Nicolas STÉNON [1664], le savant anatomiste danois, médecin du grand-duc de Toscane, démontra que le cœur n'est qu'un muscle, un organe de mouvement; quil en a tout, etqu^il a seulemerd ceque possède tout muscle, fibres, charnues dans le milieu, tendineuses à leurs extrémités ; en sorte qu'il n'est point le siège de l'âme, ni l'organe de la chaleur innée, et qu'il ne produit ni l'esprit vital, ou le sang, ni aucune humeur quelconque.

Par des dissections habilement conduites, il indiqua la structure 671 8 de cldjfre, des fibres du cœur.

Avait-il connaissance de l'enseignement de Borelli, Pise n'étant qu'à quinze lieues de Florence? C'est probable; mais dans tous les cas la primauté appartient à l'anatomiste de Pise; reste à Sténon l'honneur d'une description de détail, plus juste, plus précise^ et surtout la découverte des mouvements propres de la veine cave. Il démontra, en outre, que le liquide salivaire est fourni par les artères, tandis que Wharton l'attribuait aux nerfs.

Haller porte sur Sténon le jugement suivant : Vir industriuSj candidus, innocuus et magnus inventor.

1666. VALSALVA. — LA LIGATURE DBS VAISSEAUX. — LE SINUS DE l'aorte.

Antoine- Marie VALSALVA, né à Imola dans la Romagne, fut un anatomiste célèbre^ un physiologiste habile, s'éclairant, comme nos modernes travailleurs, par de nombreuses vivisections.

Il fut encore excellent chirurgien; on lui doit d'avoir fait triompher définitivement l'emploi des ligatures sur celui du cautère actuel pour arrêter les hémorrhagies.

VALSALVA. 79

11 reconnut qu'au sommet de la crosse aortique se trouve un grand élargissement auquel il donna le nom de sinus de V aorte.

Suivant lui. après avoir fourni Tartère carotide et les sousclavières, Taorte reprend le diamètre qu'elle avait en sortant du cœur.

1669. LOWER. — LES PREUVES DE l'hÉMATOSE. — ÉTUDE DU CŒUR.

Richard v^^i."^ [1669], du comté de Cornouailles, dans son beau livre sur le cœur"^, éclaira le mécanisme de Y hématose ^i^ox des expériences ingénieuses que Claude Bernard n'aurait pas renié de nos jours.

« Qu'on ouvre, dit-il, la poitrine d'un chien vivant : Le poumon s'affaisse et ne reçoit plus d'air, le sang de la veine est noir.

Qu'on souffle de l'air dans la tranchée^ le sang devient rouge ; qu'on suspende l'insufflation, et il redevient noir; qu'on la reprenne, il redevient rouge. »

C'est donc bien dans le poumon et non dans le foie que s'élabore le sang ; c'est là le vrai siège de l'hématose.

Ainsi tombaient peu à peu les erreurs des anciens. Le cœur et le foie perdaient leurs faux attributs, mais ils gagnaient à être appréciés à leur positive valeur, et l'homme commençait à connaître son propre organisme, resté jusqu'alors si mystérieux.

Lower fut, dit-on, le premier qui pratiqua réellement la transfusion du sang. En traitant de la structure du cœur, il établit que le péricarde ne manque jamais et que le cœur est un muscle pourvu de vaisseaux et de nerfs. Il a surtout bien décrit la marche des fibres musculaires des oreillettes, moins bien celle des ventricules. Il découvrit entre les deux veines caves, dans l'oreillette droite, un petit tubercule, auquel on a laissé le nom de tubercule de Lower. Mais il croyait, à tort, que le sang sortait du cœur pendant sa dilatation.

1681. SANTORINI. — MESURE EXACTE DES GROS VAISSEAUX. LES VEINES, SINUS ET PLEXUS DU PENIS. — CORNELIO ÉTUDIE ET RECONNAIT LA CAUSE DU POULS.

Pour compléter cette étude, il faut rappeler les travaux de J. D. SANTORINI, de Venise, que Haller appelait « insignis potis-

' LowEii (Richard). Tractatus de corde. Londres, 1669. De mu^culU spécimen Mangeti, biblioth. anat., p. 523.

80 LOWEK.

simùm incisor ». Il publia, vers 1700, Une Anatomie du cœur; fixa la mesure exacte des gros vaisseaux et étudia particulièrement les veines du pénis, auxquelles il donna le nom de sinus; l'histoire reconnaissante ajouta le nom du savant anatomiste : sinus et plexus de Santorini.

A cette époque, on n'était pas encore fixé sur la cause d'impulsion du sang dans les artères, c'est-à-dire sur la cause du pouls. Les uns prétendaient avec Galien qu'elle provenait d'une force pulsative communiquée par les tuniques vasculaires. Les autres croyaient, avec Aristote, que cette impulsion venait du sang.

Thomas cornélio de Cozenza voulut éclaircir ce sujet par une expérience décisive et bien faite. Il répéta donc à l'université de Naples la célèbre expérience de Galien, en coupant une artère, entre les deux ti'onçons de laquelle il interposa un tube de roseau pour laisser passer le sang; et il vit que la pulsation se propageait au-delà de la section, plus faible il est vrai, mais évidente. Le pouls était donc produit par une impulsion acquise du sang ; il reconnut enlin que, si l'expérience de Galien avait échoué jadis , c'est que le célèbre médecin de Pergame avait employé un tube trop fm, dans lequel le sang s'était coagulé \ interrompant ainsi la circulation ultérieure des vaisseaux séparés.

' DE Renzi, lue. cit., t. IV, p. 189.

Page 1