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OEGANES :ÉEECTILES DE LA FEMME PENDANT LA MENSTRUATION

A l'époque de l'évolution périodique des vésicules de Graaf, les sinus veineux qui traversent les mailles des faisceaux entrecroisés au niveau du hile de l'ovaire, subissent une compression partielle dont le résultat est la distension, l'érection du bulbe de l'ovaire.

Cette accumulation de sang dans le corps spongieux, et de là dans tous les vaisseaux de la glande, n'est pas sans influence sur l'évolution de la vésicule ; elle hâte la maturation de l'ovule.

La circulation utérine partage ces modifications circulatoires de l'ovaire.

Les communications des plexus utérins avec les veines ovariques sont tellement larges et nombreuses que le plexus pampinforme doit être considéré comme une des voies de décharge des corps spongieux de Yutérus, et que pour les deux organes l'érection reconnaît la même cause.

La menstruation coïncidant avec l'ovulation, il est juste de la considérer comme la conséquence de l'érection de l'utérus.

Mais^ tandis que, sous l'influence de la tension sanguine que produit l'érection, la mince membrar^e à noyaux de la paroi des capillaires cède et se rompt, pour donner le sang menstruel, l'érection de l'ovaire ne s'accompagne pas d'hémorrhagie, car la tunique albuginée et le stroma de l'ovaire sont plus résistants que la muqueuse utérine.

Indication diagnostique. — Cependant la tension peut arriver à les rompre dans certains cas pathologiques ; c'est l'origine d'un grand nombre d' âéînafocêles rétro-utérines, soit qu'il y ait rupture des vaisseaux du pédicule d'une vésicule de Graaf, soit miQ hémorrhagie d'un corps jaune récemment formé, avec déchirure de la couche péritonéale , soit encore rupture des sinus pampinif ormes dans le ligament large, soit enfin une rupture des corps spongieux.

648 CIECULAÏION ORGANIQUE ÉRECTILE.

En sorte que l'on voit la fonction devenir maladie, dès qu'elle s'éloigne de son siège d'élection, ou qu'elle dépasse la juste proportion qui lui est dévolue.

C'est ainsi que les hémorrliagies accidentelles de l'ovaire ou rétro-utérines sont produites par la même cause et le même mécanisme que l'hémorrhagie menstruelle, savoir : Vérection, avec élévation de la ligne de tension vasculaire poussée jusqu'à la rupture.

La contraction de l'appareil musculaire tubo-ovarien persistant pendant toute la période do l'ovulation, il en résulte que Tobstacle à la sortie du sang, ainsi que l'érection des corps spongieux de l'utérus et de l'ovaire qui en est le résultat, ont la même durée.

Lorsque l'expulsion de l'ovule amène la détente de tout l'appareil musculaire, le cours du sang redevient libre dans les sinus, la distension des corps érectiles diminue peu à peu et l'hémorrhagie de la muqueuse s'arrête.

Voilà donc des organes qui, pendant S à 10 jours chaque mois, ont une circulation particulière, une tension pulsative qui leur est propre^ un jocm/s or^am^^^e personnel, distinct et indépendant de tous les autres. Vraiment Bordeu avait raison !

ÉTAÏ DE LA CIRCULATION PENDANT l'^BECTION.

La circulation n'est pas complètement interrompue pendant l'érection. Les artères, à parois plus fermes que les veines, surmontent V obstacle, et continuent à pousser un peu de sang dans le corps spongieux qui se distend, et dont le surplus, seul, s'échappe par les canaux veineux d'expulsion, lorsque la tension de leur calibre arrive à dominer la contraction érectile des muscles.

On comprend, dès lors, l'ingénieuse idée de KOBELT, lorsqu'il admettait des centres de contraction musculaire qu'il nommait cœurs sexuels.

Mais si une telle formule n'est pas admissible, il n'en résulte pas moins que cette circulation organique spéciale, s'équilibre ainsi peu à peu d'elle-même, et continue de fonctionner sans entraver la nutrition, tant que dure la fonction érectile.

En résumé : la circulation et le pouls offrent des caractères tout spéciaux dans les organes érectiles.

CIRCULÀTION ORGANIQUE BREGTILE, 649

1° — Le premier caractère est une élévation de la gemeine Unie, une tension très forte des organes vasculaires de l'organe [artères et veines] sous l'influence de sphincters musculaires ; tengion plus considérable qu'en aucun autre organe, et qui, pour l'ovaire et l'utérus, va jusqu'à la rupture des vaisseaux.

2° — • Un deuxième caractère, c'est la persévérance de cette imîo^pendant un temps plus ou moins long, mais qui peut durer (0 ou 15 jours chez la femme, par le moyen des trabécules, qui modèrent l'écoulement et conservent les veines dilatées tant que dure leur propre tonicité.

3° — Le troisième, c'est la circulation par inOneuce du sang veineux, qui est ici plus prononcée que partout ailleurs, les artères enlaçant les veines sous toutes les faces, et repoussant latéralement leurs parois, à chaque pulsation, pour obliger le sang à circuler.

4° Enfin, le volume considérable de sang qui se rend à ces organes doit, par son arrêt ou par son retour presque subit à la circulation générale, faire varier brusquement la rapidité des battements du cœur. Ainsi peuvent s'expliquer physiologiquement les palpitations qui accompagnent ou suivent, surtout chez les personnes nerveuses, l'érection, la copulation, et même la mensti'uation.

Rien de plus variable que l'état d'un muscle ; tantôt dans un repos, un relâchement complet, il suit les lois de la commune circulation; tantôt, contracté par l'effort, il entre en fonction, et cette fonction violente semble faire chez lui obstacle à la circulation normale.

Pourtant le sang lui est nécessaire pour vivre, et plus nécessaire encore pour entretenir ses fonctions, pendant lesquelles la dépense et l'usure sont doublées.

Il doit donc y avoir un mode de circulation et de pulsation particulier au muscle ; quel est-il?

Ce sont surtout les recherches du professeur RANVIER qui nous guideront dans cette étude, et nous y ajouterons nos observations personnelles.

L'observation directe démontre que tout muscle contracté ne laisse plus pénétrer de sang nouveau dans son intérieur, car les gros vaisseaux sont comprimés^ et le sang retenu dans les capillaires ne peut s'écouler dans les veines. Remarquons, en outre, que celles-ci contiennent un sang tantôt rouge, tantôt noir.

Au moment oi^i la contraction s arrête^ la veine du muscle laisse écouler un sang noir&ci. abondance; au contraire^ pendant le repos du muscle, le sang de la veine coule rouge et d'un jet continu.

Voilà donc une circulation veineuse d'un ordre particulier, tantôt continue, suivant les lois ordinaires de la circulation, mais chargée d'un sang encore artériel, tantôt saccadée, irrégulière, intermittente, et ne donnant son jet de sang bruni que sous l'influence des contractions musculaires. Ainsi, lorsqu'on excite le muscle par un courant électrique interrompu, c'est seulement dans l'intervalle très court de relâchement de la fibre musculaire, quand le courant cesse, que le sang coule noir et plus abondamment.

Le sang est donc arrêté dans le muscle pendant sa contraction, il s'y transforme en sang noir en abandonnant son oxy-

' Bernard (Claude). Liquides de l'organisme, t. I, p. 326.

CIROTLATION' OEGANIQUE DES MUSCLES. 651

gène; aussi la provision du sang doit-elle être plus considérable dans les muscles dont la contraction a une durée plus grande.

C'est ce qu'a démontré Ranvier^ pour les muscles rouges qui se contractent lentement et avec persistance ; ils possèdent des vaisseaux sanguins, dont la forme et les distributions s'éloignent beaucoup du type habituel. Les mailles sont, en beaucoup de points, presqu'aussi larges que longues. Les branches longitudinales forment des sinuosités, et les branches transversales offrent des dilatations fusiformes qui les rapprochent des organes érectiles. Veinules et capillaires offrent ces caractères^ mais les dilatations se montrent surtout aux angles d'anastomose.

Fig. 22o. Tirée du mém. de Ranvier. — Lacs sanguins des muscles.

Ainsi, non seulement les muscles possèdent des capillaires volumineux et sinueux, mais ces capillaires présentent de nombreuses dilatations veineuses comme anévrysmatiques, qui forment autant de réservoirs ou lacs sanguins.

KÔLE DE l'aponévrose COMME REGULATEUR DE LA TENSION VASCULAIRE DU MUSCLE.

Mais toutes ces conditions ne suffiraient pas à retenir dans le muscle le sang nécessaire pour alimenter son action ; et c'est

■* Ranvier. Note sur les vaisseaux sanguins, et la circulât, dans les muscles rouges. Arch. de physiol. série II, 1874, p. 446, et planche.

sur ce point particulier que je me permettrai d'ajouter ici le fruit de mon observation personnelle. En effets au moment où le muscle se contracte, il devrait chasser de son intérieur tout le sang qu'il contient dans ses petits vaisseaux et réservoirs, de même qu'il interdit alors aux artères plus grosses d'introduire de nouvelles quantités de liquide. Comment donc le muscle peut-il retenir, à une pression si haute, pendant sa période d'action, autant et plus de sang- que d'habitude? C'est qu'il existe aussi pour le muscle un appareil régulateur de la tension^ appareil qui modère et empêche la sortie du sang ; c'est l'aponévrose.

Dès que le muscle se contracte, ses fibres, prenant leur point d'appui sur l'aponévrose, la raidissent dans tous les sens.

Mais la résultante de ces actions multiples aboutit aux deux extrémités tendineuses qui seules sont absolument fixes, et qui, résistant à leur tour, transforment toutes les ouvertures vasculaires de l'aponévrose en autant de boutonnières tendues, ou mieux de sphincters qui resserrent et effacent, pour un temps, la lumière des vaisseaux.

Or^ comme la tension du muscle doit commencer au voisinage de ses points d'appui, elle commence nécessairement par les tendons et par toute la circonférence aponévrotique extérieure, en sorte que les vaisseaux de l'intérieur sont emprisonnés, encore pleins de sang, gorgés même, car la veine s'arrête la première, le sang veineux cesse de s'écouler, alors que l'artère à parois plus résistantes envoie du sang pendant un instant, avant d'être elle-même resserrée par l'étreinte de l'aponévrose.

Tel est le rôle véritable de l'aponévrose dans l'acte circulatoire, et l'on est en droit de dire que toute aponévrose est un sphincter à fibres internes, un tenseur, un régulateur de la circulation des muscles; c'est un véritable cœur musculaire, laissant échapper alternativement un sang noir ou un sang rouge, selon qu'il travaille ou se repose.

CAUSE DE LA COULEUR FONCEE DU SANG PENDANT l' ACTION

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