‹ Le circulation et le poulsChapitre 444 sur 669 · MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

MUSCULAIRE

Mais d'où vient que le sang veineux, qui, dans les appareils glandulaires en activité, devient rutilant, sort au contraire , presque noir après la contraction musculaire? Nous en avons

trouvé l'explication dans ce fait anatomique, de la rétention du sang dans les ampoules veineuses infer-musculaires, par suite de la contraction des aponévroses.

Tandis que dans les glandes la circulation s'active, elle se ralentit dans le muscle en action, et le sang veineux a le temps de perdre son oxygène pour se charger d'acide carbonique.

Mais cette circonstance même lui est favorable, car le carbone a pour premier effet de favoiùser la contraction du muscle, en imprimant aux fibres une excitation très vive. Dans les deux cas, l'état du sang est donc en relation directe avec la fonction qui est en jeu, il en favorise l'accomplissement.

Mais, pendant que le muscle retient et enserre pour ainsi dire dans ses mailles le liquide nourricier, que devient le sang des vaisseaux restés plus libres dans les espaces .inter-musculaires?

Le sang, chassé par les muscles au moment de leur contraction, produit sur la circulation des effets très multiples, que nous devons étudier isolément dans les artères et dans les veines.

{"Dans les artères. — Le sang, repoussé des espaces intermusculaires, reflue dans le vaisseau et se partage en deux veines fluides, à direction opposée.

A. — L'une se propage, suivant la direction normale des vaisseaux,et augmente d'autant la force circulatrice et la tension du côté des capillaires. Néanmoins c'est la plus petite portion.

B. — L'autre se propage en sens inverse et reflue dans l'artère du côté du cœur. Celle-ci entrave momentanément la circulation de proche en proche, augmente la tension du côté du cœur, et cette tensioa peut être poussée assez loin, quand l'eiFort musculaire est général, pour rendre les battements cardiaques faibles et presque nuls.

Lorsque l'effort est moindre, la somme des deux actions, dont l'une accélère et l'autre entrave la circulation, doit être sensiblement égale, et l'équilibre circulatoire se trouve ainsi maintenu dans les limites physiologiques, pendant l'effort muscu= laire, sans qu'il en résulte d'accident. Néanmoins, l'hémodromètre de Chauveau indique toujours un certain ralentissement de la circulation artérielle pendant \ effort musculaire.

2"^ Dans les veines. — Le sang, chassé des espaces intertniisculaires dans la veine, se divise également en deux éléments de direction opposée : l'un qui suit le cours du sang veineux, l'autre qui rétrograde.

Mais celte dernière portion est toujours faible, puisque les valvules veineuses s'y opposent bientôt.

C'est donc dans la direction physiologique que s'opère le départ; la pression augmente, la circulation s'accélère, et les veines se vident sans les capillaires.

Les chirurgiens ont mis à profit cette disposition : dans la saignée, après avoir ouvert la veine, ils donnent au malade un rouleau qu'il presse par secousses, et l'on voit le sang veineux accélérer son jet en pulsations correspondantes aux contractions musculaires.

De même, l'hémodromètre do Chauveau, appliqué sur la veine, indique une certaine accélération du sang.

Ainsi, pendant le travail musculaire, 1" le sang veineux revient plus vite au poumon pour se réparer.

2° Le sang artériel circule un peu plus lentement T^om donner plus longtemps son appui à la fonction enjeu.

3° Et le muscle, à chaque contraction, emmagasine sous une forte pression, dans ses capillaires monilif ormes, la part du sang nécessaire à sa nutrition et à son travail augmenté.

4" Le sang, entré ro^^^e dans le muscle, en ressort wïV quand le muscle a fini son action.

Telle est, dans son ensemble, la circulation imposée, et son pouls doit varier comme elle : à la fois artériel et veineux, tantôt direct, tantôt rétrograde, tantôt à tension faible, tantôt à tension forte, exagéré, irrégulier, et subissant à chaque fois une courbe en rapport avec Vintensité de la contraction. Cette courbe fonctionnelle est la principale caractéristique du pouls musculaire.

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