PALPITATIONS GONGESTIONNELLES OU PLÉTHORIQUES
Lorsqu'un organe un peu important se trouve soumis à une congestion sanguine, le sang y circule avec une lenteur extrême, et cet organe, à son tour^ va troubler la circulation entière, en obligeant le cœur à de nouveaux efforts pour réagir contre l'obstacle et maintenir l'équilibre.
Les c<?;ï^(9sifowsj»zi^wo/îae>e5 agissent par l'intermédiaire de la petite circulation ;
Les congestions abdominales^ par l'intermédiaire de la circulation de la veine porte.
Dans les deux cas il s'agit de congestions veineuses; il est remarquable, en effet, que les congestions artérielles, même en déterminant de vastes et violentes inflammations, produisent bien la fréquence du pouls, mais non la palpitation.
11 est donc probable que la palpitation pléthorique du cœur est causée à la fois par une pression sanguine plus forte et par le contact à'un sang insuffisamment oxygéné avec les cavités gauches du cœur.
Les deux types les plus prononcés de palpitations pléthoriques pectorales et abdominales se caractérisent dans les palpitations de Vasthmatique et dans celles de V hémorrhoïdaire.
Affection hémorroïdaire. — Les hémorrhoïdaires sont fort sujets din^a palpitations, bamberger, qui en a fait une étude spéciale les attribue à l'état de congestion fréquente, où se trouvent chez eux la moelle allongée et ses enveloppes, d'où se pro-
' Bamberger. Lehrhuch der Krankheiten, des herzens. Wieu. 1837; p. 333.
duirait un retentissement sympathique sur le cœur. Je crois au contraire que, fort souvent, ces palpitations sont dues à des endocardites passagères et métastatiques, qui se renouvelleront à bien des reprises avant de déterminer une lésion organique définitive. Enfin la. pléthore veineuse abdominale, qui accompagne les atfections du foie et du gros intestin, peut aussi déterminer, comme nous l'avons dit plus haut, la palpitation congestive; ce qui le démontre, c'est qu'elle cesse dès que le flux hémorrhoïdaire s'est établi, ou même en faisant respirer un air pur, oxygéné, qui diminue la stase veineuse.
Indicatiou thérapeutique. — Régulariser l'écoulement hémorrhoïdaire devenu pour ainsi dire fonctionnel, employer les anti-congestifs et les rafraîchissants, les fruits acidulés, la salade, les légumes verts, les eaux minérales acidulées et bicarbonatées calciques, l'arsenic, l'oxygène, l'air de la campagne ou les bains de mer.
PALPITATIONS METASTATIQUES.
Elles sont le privilège des goutteux et des rhumatisants et peuvent présenter deux formes différentes, l'une bénigne, l'autre grave.
1° Forme bénigne. — Chez les hommes jeunes sujets à la goutte, lorsqu'il survient, la nuit, des accès passagers de palpitations, comme si le cœur se retournait dans la poitrine, avec ou sans douleur, c'est un signe de goutte vague ou anomale; et si le malade est sujet à la goutte régulière, il est ordinairement averti par là que le lendemain il aura un accès de goutte arthritique ou musculaire. [J. P. Tessier.)
Rhumatisme. — Les rhumatisants sont également sujets BlMX palpitations, alors même qu'il n'existe aucune lésion apparente au cœur. Suivant Bouillaud, le rhumatisme affecte dans ce cas les nerfs du cœur directement, comme les nerfs intercostaux dans la pleurodynie. Mais bien souvent le mal est plus profond.
Rhumatisme et goutte déterminent à chaque fois une métastase momentanée, vlxiq cardite passagère qui peut renaître et disparaître bien des fois avant de laisser des traces définitives, mais qui n'exige pas moins les soins médicaux, si l'on veut échapper
plus tard aux affections organiques et valvulaires. 11 faut savoir combattre la maladie à l'état naissant.
Prîncipiis obsta, serô medicina paratur,
Cum mala per longas invaluêre moras. ^
2° Forme grave. — Une seconde forme plus sérieuse de palpitations est celle qui atteint les goutteux âgés et cachectiques, lorsque la goutte, se déplaçant, remonte., comme on dit, au cœur. Tandis que les premières ne durent qu'un instant, ces métastases sont brusques, violentes et persistantes. Le pouls devient petit, obscur, imperceptible, d'une fréquence extrême, et la fonction s'entravant de plus en plus, le pronostic est souvent mortel par asystolie croissante. Ce pronostic funeste n'est pas absolu, car, sous l'influence des révulsifs ou même spontanément, il peut s'établir une diadoche ou metachorèse, c'est-à-dire une évolution inverse et salutaire, et la goutte quitte le cœur pour envahir un organe moins noble.
Diag^nose et pronostic. — L'Imprévu est la seule' loi des
palpitations métastatiqnes ; le médecin doit à la fois tout craindre et tout espérer. Cependant, règle générale : les palpitations ou battements par excès de sensibilité d'un cœur devenu douloureux, avec sentiment de malaise ou de fatigue, de poids ou d'efforts, sont, pour le pronostic, un élément plus sérieux, plus important que la forme tumultueuse des battements.
Comme diagnostic, elles indiquent presque toujours un certain degré ài! inflammation lente et chronique de la substance même de l'organe ou de ses nerfs, une myocardîte, une névrite, rhumastismales, goutteuses ou hémorrhoïdaires.