I. POULS FORT DANS LES MALADIES AIGUËS
Il faut l'étudier au début, dans le cours, h la terminaison des maladies aiguës.
FIÈVRES ET PHLEGMASIES.
Déitut. — C'est surtout au début des maladies aiguës qu'on observe le pouls ybr^^pendant la période à^augment ou d'irritation des phlegmasies, telles que le rliumatisme articulaire, la goutte aiguë, la lièvre intermittente, la méningite, la pneumonie, quelquefois la pleurésie; je dis, quelquefois, parce que souvent dans la pleurésie le pouls est petit en comparaison de celui de la pneumonie. Dans cette dernière, le dicrotisme est énorme et presque pathognomonique.
POULS GRAND ET FORT. 803 Pronostic. — Au début d'une maladie aiguë, \q pouls fort
Fig. 311. — Enfant de 9 ans, méningite, pouls vif.
Fig. 312. — Pneumonie, femme, 65 ans, dicrotisme élevé.
indique le degré de résistance vitale; c'est donc un signe plutôt favorable.
Période d'état. — Le pouls grand dans le cours d'une maladie n'a pas une valeur pronostique absolue ; on meurt très bien dans la pneumonie, le rhumatisme, la bronchite avec un pouls grand.
Terminaison. — Le pouls grand et fréquent qui se manifeste non seulement aux poignets , mais encore aux artères temporales ou aux carotides, vers la fin d'une maladie est un signe plutôt bon, du moins dans les fièvres et les phlegmasies viscérales.
Pronostic. — Il indique des crises favorables par les sueurs, les urines, etc.; parfois une crise hémorrhagique , surtout par épistaxis.
« In iis qui sunt hemorrhagiâ atque sudore judicandi,pulsus alti « sunt et magni ^ . »
Fig. 313. — Moliineu hémorrhagicum, épistaxis critique.
Apoplexie. — Chez les apoplectiques , ({Udinà \q pouls, petit
' Prosper Alpin. De prsesagiendâ vità et morte œgrotantium, i \ih.\l, cap. xvr, p. 427, in-40, Francofurth et Lipsite, 1754.
d'abord^ devient ensuite grand sans transition et sans qu'il y ait une amélioration sensible dans l'état du malade, et c'est un signe de mort prochaine.
Fig. 314. — Homme, 66 aus, apoplexie mortelle.
Cela montre, en effet, que les forces végétatives ont perdu leur énergie, et que les vaso-moteurs paralysés laissent dilater les vaisseaux sans limite sous l'influence du cœur; il en résulte un état congestif de plus en jilus fort du cerveau.
Phlegmons. — Toute inflammation s'accompagne d'un gonflement des vaisseaux capillaires qui donnent alors des battements énergiques. C'est ce que l'on observe dans les panaris, le plilcgmouj'odouf algie, la flnx.ion,la gingivite des enfants et celle des adultes, surtout pour les dents de sagesse. D'après la plupart des physiologistes, bien loin d'être un signe d'activité, ces phénomènes sont entièrement passifs et résultent de ce que les capillaires, désormais affaiblis, se laissent dilater par l'effort du cœur. Mais d'autres expérimentateurs font observer que la peau dans ce cas prend la couleur rouge du sang artériel et non la teinte sombre des congestions veineuses.
Il ne faut donc pas se laisser trop séduire par cette idée que l'hypérémie a été déterminée par la cessation d'une action nerveuse ; la congestion offre les caractères artériels et les pulsations de l'hypérémie active. Elle garde jusqu'au bout ce cachet particulier. C'est la surexcitât) oji des vaso-dilatateurs et non la parésie des vaso-constricteurs qui constitue \q. pJdegmasie.
AITectious aiguës du c«enr. — Le pouls grand dans les
i'ig. 'iio. — l:,U(iucaiciile chez uu vieilluiu.
affections aiguës du cœur oiivQ m\e signification variable; il se rapporte plutôt à une endocairdîte qu'à une péricardite.
Mais si, après avoir éié grand, il devient subitement ^ô^ïY dans V endocardite, ce changement est de mauvais augure.
Pourtant les variations du pouls dans V endocardite ne sont pas toujours fâcheuses, et le pronostic ne doit pas être absolu.
La péricardîte peut donner un pouls fort, tant qu'il ne s'est produit ni épanchement, ni fausses membranes ; mais si, tout à coup, le pouls vient à faiblir, soupçonnez et recherchez l'une de ces complications.