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POULS FRÉQUENT DANS LES MALADIES AIGUËS

RÈGLE GÉNÉRALE : Dans le cours des maladies aiguës, une fréquence modérée est un bon signe.

Vers la fin des maladies, la fréquence modérée du pouls est, au contraire, un signe trompeur; on connaît l'aphorisme : pulsus bonus, urina bona, œger moritur.

Mais lorsque le pouls devient très fréquent et qu'il double son chiffre habituel, montant ainsi à 140, 150 pour un adulte, c'est un signe grave, du moins quand ce chiffre se maintient au delà du paroxysme.

A la période de terminaison des maladies, la fréquence du pouls qui survient subitement est mauvaise, elle doit faire craindre une métastase sur un organe noble.

Dans la convalescence, une fois les crises passées, la fréquence modérée du pouls, sans augmentation de température, n'est pas signe fâcheux ; on la rencontre dans la convalescence des pneumonies., des pleurésies; avec 1 10 pulsations, les malades mangent, dorment et guérisent.

Plileg;masies. — Les pklegmasies à leur début rendent le pouls non seulement fréquent, mais aussi plein et fo?'t comme dans la pneumonie, ou plein et dur comme dans la. pleurésie, car telle est la nuance qui existe entre ces deux pouls inflammatoires.

Érysipèle. — Le pouls est surtout très rapide dans Vérysipèle au moment où se fait l'éruption ; il varie ensuite suivant l'intensité du mal, son étendue et la région qu'il occupe.

lu'érysipèle généralisé est celui qui donne le plus de fréquence; Vérysipèle dp. la tête et du cuir chevelu vient ensuite, ainsi que Vérysipèle phlegmoneux.

Pleurésie. — Dans Vépanchement pleurétique, \a.fréquence du pouls augmente avec la quantité de liquide épanché. L'artère paraît en même temps plus petite et moins tendue. Quand le liquide diminue, le pouls devient à la fois plus large et plus rare.

C'était au moyen du pouls que les anciens médecins jugeaient

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de la nature et de la quantité d'épanchement, alors qu'ils ne connaissaient ni auscultation ni percussion.

Diagnosc : — Après la période aiguë or àmaire, la. persistance d'un pouls très fréquent dans la 'pleurésie avec chaleur à 40° et audessus est un signe certain de pleurésie purulente.

Pneumonie. — Dans la pneumonie^ la fréquence du pouls indique assez fidèlement l'étendue et la violence du mal ; aussi l'observe-t-on surtout dans la pneumonie double et la pleuropneumonie.

Pour ne point faire une erreur de diagnostic regrettable, le jeune praticien doit savoir aussi que la fièvre et la fréquence du pouls peuvent devancer de deux ou trois jours l'apparition de tous les symptômes sthétoscopiques et des crachats rouillés; mais il existe avec la fréquence du pouls une forte oppression, point de côté, chaleur très vive.

Fig. 398. — Pneumonie, sixième jour.

[Suppurations. — La fièvre de suppuration [pneumonie suppurée, pleurésie purulente, phlegmons] fait monter le pouls à HO, 150, d'une manière contiaue,avec redoublements le soir et sueurs intenses.

Entre les fréquences modérées et les extrêmes, il y a une fréquence moyenne qui n'a pas une valeur définitive. Le pouls peut monter à 125, sans que le danger soit grand; mais si le pouls se maintient à ce chiffre sans baisser, sans offrir des rémissions, la gravité augmente rapidement.

Tranmatismes. — A la suite d'une opération, \e pouls qui s'élève subitement avec frisson doit faire craindre, dans les premiers jours, l'invasion de la »Iiati»èse purulente; plus tard, il doit indiquer les débuts d'un érysipèle, la formation d'un abcès, ou la rétention d'une collection purulente, dont V orifice d^ écoulement se sera trop tôt fermé.

Eclampsie. — Pendant l'attaque (Véclampsie, soit chez les enfants, soit chea les femmes en couches, le pouls s'élève à 150, 180, 200 pulsations, sans qu'il faille désespérer du salut

des malades; mais, tant que le pouls reste rapide, on doit craindre le retour des crises, alors même qu'elles sembleraient arrêtées depuis longtemps. La diminution àn pouls est au contraire un signe très favorable et présage la guérison.

Apoplexie. — La fréquence du pouls durant plus de 24 heures est de mauvais augure dans l'apoplexie ; elle indique une encéphalite, survenue autour du foyer hémorrhagique.

Méningite. — Le pouls est lent ou variable dans la méningite surtout granuleuse, au premier degré; au deuxième degré, il est excitable, passant rapidement d'un extrême à l'autre; mais au troisième degré il s'accélère^ monte à 130, et le malade succombe avec un pouls 7nisérable et très fréquent. (Voy. fig. 417- 418.)

Rliuniatisnie articulaire aigu. — Le pouls est toujours fréquent, large et mou dans le rhumatisme aigu. Il compte 110 à 130 pulsations et peut persister ainsi pendant plusieurs semaines.

Pronostic. — Lorsque dans le cours d'un rhumatisme articulaire aigules àou\Qm^ disparaissent subitement ou même successivement, sans métastase sur d'autres organes, mais que la fièvre, loin de cesser, continue avec la même fréquence^ au lieu de croire à une guérison, malgré le soulagement que le malade accuse, prédisez une rechute prochaine. « Quon relinquuntur in « morbis post judîcationem, recidivam facere consuevêrunt. »

Métastases. — Si au bout du premier ou du deuxième septénaire le pouls d'un rhumatisant devient très rapide, a.\ec palpitations fréquentes, songez à une endocardite ou péricardite rhumatismale; perdant son ampleur, le pouls devient alors d'une extrême fréquence, il peut monter à 160. Néanmoins il ne faudrait pas condamner le malade, surtout si l'on est encore au début de l'affection, car à cette époque, dans la période aiguë, la maladie se termine rarement par la mort, à moins que le sujet ne soit à l'un des deux extrêmes de l'âge.

Goutte aiguë. — Lorsqu'une métastase goutteuse s'opère sur un organe noble, le pouls prend une fréquence et une petitesse remarquables et le danger est ordinairement en rapport avec cette fréquence.

Fig. 399. — Homme de 68 ans. Métastase goutteuse. Pouls à 180.

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Maladies aiguës du cœur. — Toutes les affections inflammatoires du cœur rendent le pouls fréquent.

Eudocardite. llyocardite. — Ces affections, en déterminant l'infiltration séreuse des couches musculaires de l'organe,le mettent dans l'impossibilité de se contracter fermement. Il semble vouloir y remédier par la multiplicité de ses systoles, qui restent en même temps /aibles, irréguUères ; aussi la fréquence du pouls fait-elle partie du syndrome : asystolie.

Péricardite. — IjOl péricardite se, présente presque toujours avec un. pouls rapide; car elle produit les mêmes altérations du tissu musculaire cardiaque, dès que le feuillet viscéral participe à l'inflammation.

Pouls f réqueittt chez les femmes en couclies. — Il n'est pas rare de noter chez les femmes récemment accouchées et qui n'allaitent pas, vers le sixième ou septième jour, une fréquence énorme du pouls; il peut monter jusqu'à 130, avec élévation marquée de la température.

Dans ces cas néanmoins l'on n'a point affaire à une véritable fièvre, car il n'y a pas suroxydation de l'organisme, mais une partie de la force qui préside aux fonctions est mise en liberté et s'accuse par l'accélération du pouls et l'élévation de la chaleur, qui du reste ne dure que peu de temps.

Il est donc fort important de connaître V existence de ce pouls rapide, pour ne point alarmer immédiatement les familles en annonçant l'invasion d'une fièvre puerpérale.

Scorentérasîc des femmes en couclies. — Le pouls devient encore très fréquent [145] ei petit dans V obstruction intestinale des femmes en couches ou scorentérasie. Cette affection simule la péritonite par les nausées, la douleur et le ballonnement du ventre. Mais la fréquence du pouls cesse dès que l'évacuation alvine est obtenue. C'est donc une indication importante à connaître pour ne pas annoncer l'invasion si grave de la péritonite puerpérale, alors qu'un purgatif énergique fera disparaître en quelques heures cet ensemble de symptômes alarmants.

Fièvres dites essentielles. — Une fièvre qui débute sans prodromes, par une grande fréquence de pouls, 120 pulsations dès le premier jour, est presque toujours une fièvre éphémère.

Vous pouvez dès lors faire espérer qu'elle cédera au bout de 24 heures [éphémère simple), ou de trois jours [éphémère prolongée).

Les fièvres continues offrent toutes le pouls fréquent; mais tandis que dans la fièvre épliémère il est fréquent dès le débuty dans la synoque ou fièvre mnciiienitie^et surtout la typhoïde,

il commence par une faible accélération, qui va en croissant tous les jours, puis se tient élevé pendant une ou plusieurs semaines.

Fig. 400. — Fièvre typhoïde. Pouls à 126.

Dans ces fièvres la fréquence du pouls donne assez justement la mesure du danger et se trouve presque toujours en rapport avec la chaleur animale.

Un pouls dont la fréquence va toujours croissant indique V aggravation du mal.

Fig. 401. Fièvre typhoïde, septième jour.

Fig. 402. — Fièvre typhoïde adynamique, dix-huitième jour. Pouls à 150.

Crises. — Dans toutes les/?eyres le pouls accuse une plus grande fréquence à la période qui précède immédiatement les sueurs critiques.

Ataxie. — Mais la grande fréquence du pouls, avec hypothermie, est un phénomène qui dans la fièvre typhoïde, dans le typhus, les fièvres éruptives, les pyrexies intermittentes, indique ]'atax.ie. Son pronostic est grave.

Convalescence. — La fréquence àn pouls pendant la convalescence du typhus indique en général l'existence à l'état latent d'une inflammation viscérale.

A la fin de la fièvre typhoïde, cette même fréquence, continuant ou reparaissant après quelques jours de calme, doit

annoncer une rechute, un retour offensif de la fièvre. Cette rechute peut avoir une durée égale à celle de la première manifestation, 21 ou 32 jours, d'où le nom de fièvre typhoïde double et même triple, et fièvre de cent jours, qu'il est souvent très difficile de distinguer d'une tuberculose.

Fièvres emptivcs. — Le mouvement fébrile devance de quatre jours l'éruption de la rougeole ; il se maintient le plus souvent élevé pendant toute la durée de l'éruption, surtout si elle est abondante.

Dans la variole, la fréquence du pouls précède de deux jours ' l'éruption. Elle cesse, chose remarquable, au moment où l'éruption paraît, mais elle revient plus forte quand la suppuration des pustules commence, puis elle continue pendant toute sa ' durée.

La scarlatine s'annonce 42 ou 24 heures d'avance par un pouls très rapide dès le début et sonyQViiirrégulier; cette fréquence, dans les cas graves, dure autant que l'éruption.

Diag^nose : — La fréquence extrême du pouls est un signe tellement important, au début de la scarlatine, que si vous êtes appelé pour un enfant ayant la gorge très rouge, sans gonflement et paraissant n'avoir qu'une légère angine, mais avec un pouls à 140 dès le premier jour, vous devez pronostiquer l'apparition prochaine d'une éruption de scarlatine.

Fig. 403. — Pouls Iréqueiit. Scarlatine.

Pronostic. — La fréquence extrême du pouls au début de la scarlatine ne préjuge encore rien sur l'issue de la maladie, qui peut rester bénigne. Il n'en serait pas de même vers la fin de cette affection^ elle ferait craindre alors des complications inflammatoires sur les organes internes.

Fièvre de croissance : — -La fréquence du pouls survenant d'une manière brusque chez un enfant avec courbature dans les membres, points douloureux juxtà-épiphysaires, accroissement rapide de la taille, indique un accès de fièvre de croissance d^y^^

congestion violente des épiphyses ^ On a vu la taille grandir de 3 centimètres en 15 jours.

Cette Jièvre est sujette à rechutes et se présente sous trois formes principales : aiguë, prolongée, traînante.

Elle est trop souvent confondue avec les autres fièvres continues, car son traitement est bien différent.

Fièvres d'accès ou îatermîttcntes. — • Le pouls est ici caractéristique.

Dans la fièvre intermittente franche, sa fréquence assez grande (120 à 130) alterne nettement avec l'apyrexie, où il tombe à 60.

Moins évidente quand la fièvre est rémittente, il existe néanmoins; une diminution, et dans le doute une forte dose de quinine produira, au moins pour un jour^ cette apyrexie, tandis qu'une fièvre typhoïde n'offrira qu'un abaissement de 10 pulsations.

Fièvre récurrente. — La fièvre récurrente, Relapsing

fever, présente aussi de singulières alternatives, où le pouls reprend de période en période une fréquence nouvelle, chaque crise correspondant à une nouvelle évolution de spirilles.

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