‹ Le circulation et le poulsChapitre 565 sur 669 · POULS FREQUENT PAR ACTION TOXIQUE OU MEDICAMENTEUSE · texte numérisé non relu

POULS FREQUENT PAR ACTION TOXIQUE OU MEDICAMENTEUSE

Landois * a cm devoir avancer ce principe, que tous \q& poisons cardiaques administrés à faible dose accélèrent les mouvements du cœur, tandis qu'à forte dose ils les ralentissent et les arrêtent.

Ce principe est loin d'être général, car un grand nombre de substances à élection cardiaque amènent la mort avec un pouls très petit et très fréquent.

Parmi les substances très nombreuses qui accélèrent le pouls, les unes agissent^ même à faible dose, par leur effet primitif ; les autres seulement à dose forte et toxique, par leur effet secondaire.

Dans la première classe il faut compter : Alcool, — Café, — C>^^om^ (première période), — Coca, — Convallarine, — Daturine, — Hysscyamine, — Jaborandi, — Kola, ■ — Lijcoctonine, — Morphine, — Matico, — Nérion oleander, — Paullinia, — Quinine, — Tabac, — Tâé, — Viscum album.

L'accélération qu'elles communiquent au pouls est encore modérée et survient dans la première période [action primitive].

Dans la seconde classe, nous devons citer : Aconitj — Amofmm, — Aniline, — ■ Arsenic, — Atropine, — Belladone, — Bryone., — Chloral, — Daturine, — Digitale, — Hellébore, — Hyoscyamine, — Iode, — lodoforme, — Ipéca, — Jusquiame, — Muscarine, — Nitrite d'aw.yl^ — Opium, — Acide oxalique, — • Pao^pereira, — PJwsphore, — Acide pkosphorique.^ — Plomb, — Stramonium, — Tabac (dose moyenne), — Taxus baccata, — Valériane, — Vanadium. Toutes ces substances, à la période d'intoxication, accélèrent fortement \q pouls.

Mais chaque substance manifeste en outre sa spécialité d'action. L'émétiqne, l'ipéca accélèrent la circulation par leur ef et primitif , jusqu'à ce qu'ils aient amené le vomissement; alors la pulsatio?i se ralentit ^

La digitale, au contraire, commence par ralentir le cœur, mais elle peut l'accélérer à la fin d'une manière extrême dans les cas d'empoisonnement par des doses très fortes, et le vomissement qu'elle produit ne conduit pas à un ralentissement du pouls.

' LAî^bots. Greifswalder medicin. heitraëge. 1864, t. 11.. p. 161

Talmc. — Le tcibac fumé n'est pas inoffensifj les recherches du docteur Troïtski [Anjiales d'hygiène 1884] ont démontré qu'il augmentait le pouls de dix à seize pulsations ; son usage trop continu doit donc, à la longue, produire le surmenage du cœur.

Ucrnicres limites de fréquence du pouls. — Uépuisement des nerfs vagues paraît être la cause qui produit la plus grande rapidité du pouls, du moins c'est l'opinion de Handfield Jones.

Dans un cas cité par Farguharson un homme atteint d'affection valvulaire et de palpitations éprouvait des crises où le pouls montait à 216.

Cotton et Willet ont cité des faits analogues, survenus sous l'influence d'émotions morales vives.

YiWÏxw. Prœhsting , dans son mémoire sur \q tachycardie ^ , a cité un fait d'excitation des nerfs accélérateurs, oii le malade offrait un pouls continu de 120 à 160, qui dans le cours des accès montait à 220 et même à 250.

Voici un exemple d'affection valvulaire du cœur arrivée à la période d'agonie; le pouls parvenu aux dernières limites de la petitesse et de l'asystolie battait 330 par minute, chez un homme adulte de 58 ans: ce tracé a été recueilli avec mon instrument.

Fig. 410. Asystolie. Homme de 58 aus, 320, pulsations.

C'est, je crois, le chiffre le plus élevé que l'onait observé dans la science anthropologique.

' Farguharson. Accélération inaccoutumée des battements du cœur. The Lancet, 187S, p. 374.

^ Prcebsting. Tachycardie. Deutscli arclj. f. Klin. med. 1882.

Pouls irr^gulier. — Arhytimie, — Atax.ic du cœur, — Atactocardie de Spring (a-cay.To;, désordonné, xapSta, cœur) :

DÉriNiTiON. — Le pouls Irrégulicr est celui qui, par son nombre, son rhythme ou sa mesure, s'écarte notablement de la normale chez le sujet examiné.

CONDITIONS EXPÉRIMENTALES DE l'aRHYTHMIE.

Les expériences savantes des frères Weber * sur les pneumogastriques ont démontré que ces nerfs sont des nerfs à'arrêt des mouvements du cœur; agissant de concert avec les nerfs ganglionnaires, nerfs (['action ou accélération, ils deviennent régulateurs. Si on les coupe, le ressort se débande, et les battements s'accélèrent ; si on les irrite avec force, le cœur s'arrête. Quand l'excitation est moindre ou légère, cette excitation des nerfs vagues exerce sur le cœur une influence retardatrice irrégulière; c'est alors que se manifestent V intermittence et Varhytkmie.

Mais, en réalité, la question est pfus complexe, et plusieurs éléments se trouvent en jeu.

Ainsi l'arhythmie, d'après Kohler de Halle ^, peut se produire dans une des trois circonstances suivantes :

1° Irritation du nerf frénateur du cœur.

2° Affaihlisscment de son système vasculo-motenr.

3° Contractions du système circulatoire péripliérique.

Pourtant, de ces trois hypothèses, la troisième doit être rejetée, CdiV\di.fève de Calabar, qui contracte les vaisseaux périphériques, ne produit pas l'arhythmie.

La première opinion est également mise en doute par plusieurs physiologistes, car V atropine^ la saponine, irritent les nerfs frénateurs, sans produire l'arhythmie, ainsi que l'ont prouvé les expériences de Schmiedberg.

Il faudrait donc en revenir à la deuxième hypothèse, qui attribue Varhythmieh la. parésie des centres musculo-moleurs du cœur {ganglions intr à-cardiaques) ou au muscle lui-même.

' Weber (Ed.), 184S.

' Kohler^ Archiv, f. erperiment. pathol. Leipsig, 1873.

Mais les expériences de Schmiedberg sont loin d'être décisives, car l'action de la saponine et de l'atropine peut différer beaucoup de celle des autres excitants, et les résultats obtenus par Weber sont trop précis pour qu'on puisse les négliger.

Il nous faut donc admettre déjà une double cause: l'une, émanant du pncaiiio-g;asfriciiie ; l'autre, ganglionnaire. Mais, en outre, n'oublions pas que le cerveau est par lui-même un modérateur cardiaque et que le mèisocéphalc est le point d'origine des nerfs vagues.

11 est bien des nuances et des degrés différents dans l'arhythmie, et pour l'étude approfondie du sujet nous devons distinguer onze variétés :

1° — Pouls intermittent et inciduns.

2° — Pouls inégal,

3° — Pouls irrégulier.

4« — Palpitations.

5° — Asystolie.

6° — Pouls ondnlantr

7° — Pouls paradoxal.

8" — Pouls récurrent.

9° — ■ Pouls «erratique,

10° — Pouls alternant OU bigémînc.

1 1" — Pouls difl-éreut.

r POULS INTERMITTENT.

1)éfinition : — Le pouls intermittent consiste dans la suppression plus ou moins fréquente et régulière d'une contraction des ventricules du cœur, et par là d''une pulsation radiale.

Le pouls intermittent a été étudié avec le plus grand soin par WedeV dès l'année 1683. Ce savant médecin le divisait en apparenSi — naturalis, — prœternaturaUs.i — arlificialis\ et ces divisions sont encore celles que nous employons aujourd'hui.

Ce qui différentie le pouls intermittent de Xirrégulier, c'est encore l'existence fréquente d'une certaine périodicité pour le pi'emier, périodicité qui manque absolument au second.

'* Wedkl (O.W.), Acad. curioB. nakii'. dôc. U, aun. II, p. 230. 1683.

Division : U intermittence peut être physiologique ou pathologique.

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