INTERMITTENCE PHYSIOLOGIQUE
Celle-ci est rare, on ne la rencontVe que sur un petit nombre de sujets, et comme presque tous sont des vieillards, rien ne prouve qu'il n'y ait pas quelque lésion sénile du cœur ou des vaisseaux.
Pourtant il est des personnes qui, dans l'état normal, ont le pouls intermittent, et qui le gardent ainsi toute leur vie. Il s'agit alors d'une idiosyncrasie, et le médecin ne doit en déduire ni diagnostic ni pronostic fâcheux ' .
Fig. 411. — Pouls irrégulier par idiosyucrasie.
Mais encore faut-il savoir que la plupart des sujets qui ont le pouls intermittent à l'état de santé, peuvent l'avoir régulier lorsqu'ils sont atteints d'accès fébriles.
Chez d'autres sujets, le pouls devient intermittent sous l'influence d'une affection morale, au moindre excès d'aliment ou de boisson alcoolique. Cette irrégularité disparaît en même temps que la cause ; le joro^îcs^fc indique seulement un tempérament délicat et impressionnable.
Enfin le docteur Magnan a reconnu que certaines intermittences du pouls cessaient par une stimulation physique, comme une marche rapide. Sous son influence, la circulation se régularise. '
Intermittence pliysiolog^iciue du pouls chez l'embryon. -— La progression du sang n'est point continue chez l'embryon pendant les premiers temps de son existence.
Spallanzani * a vu chez le poussin, pendant les deux premiers jours delà couvée, le sang artériel offrir un mouvement interrompu.
Après avoir parcouru dans la systole un très petit espace, il s'arrête dans la diastole, et reprend son cours avec la contraction suivante.
' Khern [Johann Fridericus). Pulsus naturaliter intermittens. Ephem. acad, natur. curios., cent. I et II.
2 Magnan. Société de biolog., ISn.
' Spallanzani. Expër. sur la circulât, du sang. Trad, par Tourdes, p. 243.
Ce n'est qu'au troisième jour qu'il perd son immobilité et circule sans interruption.
Mais encore, à cette époque, son mouvement est sensiblement moins accéléré pendant la diastole que pendant la systole.
Vers le cinquième jour, la circulation se fait d'une manière également rapide dans toutes les artères.
Chez les têtards, les arrêts de circulation sont bien plus prononcés. A chaque diastole on voit le sang s'arrêter, même dans le tronc de l'aorte.