‹ Le circulation et le poulsChapitre 578 sur 669 · VIII. — POULS GÉMINÉ OU DYSSYSTOLIQUE · texte numérisé non relu

VIII. — POULS GÉMINÉ OU DYSSYSTOLIQUE

POULS ALTERNANT

Déflnition : — On désigne sous ce nom une irrégniaritc

rhythmée du pouls ^ qui semble donner 2 ou 3 contractions systoliques dans Vespace de temps que devrait occuper une seule pulsation.

Suivant qu'il y a double ou triple ascension de l'onde sanguine, on nomme ce pouls 1>i-géminé ou trî-géminé. Le nom de dyssystolîque lui convient aussi, si l'on considère sa cause, car il dépend toujours d'une systole difQcile qui se complète en

2 ou 3 temps, soit au cœur, soit dans l'artère.

Nous en devons la description à un mémoire du docteur LORAIN *. SCHREIBER et PREISENDOERFER ont traité le même sujet en 1877.

Mais le pouls bi-géminé ou couplé de Lorain n'est pas le même que celui de Schreiber ^, qui consiste dans l'intermittence d'une pulsation sur deux. Ici, au contraire, ce sont deux pulsations résumées en U7ie, ou une pulsation coupée en deux. Dans ces derniers temps^ Preisendoerfer ' a voulu démontrer que le pouls bigéminé peut coïncider avec le double bruit intermittent crural de Durozier. Mais alors la seconde éminence serait simplement produite par le choc en retour de l'onde sanguine récurrente, et rentrerait dans la classe des dicrotismes, au lieu d'être causée par une double systole ventriculaire.

C'est qu'en effet l'origine cardiaque du pouls bi-géminé n'est pas encore prouvée ; l'auscultation ne donne point deux bruits systoliques consécutifs , à moins que l'on n'admette que la 2°'^ contraction reste aphone, ce qui n'est pas démontré. La bi-gémination serait donc presque toujours artérielle ou consécutive.

On rencontre cette forme du pouls :

1° Dans certains anévrysmcs de l'aorte et du tronc bracbio-ccplialiqneil est souvent très accentué lorsqu'on peut inscrire la pulsation sur la tumeur même : une pulsation com-

' Lorain. Pouls hi-géminë. J. d'anat. et de physiol. de Robin, t. VII, p. 139. ^ Schreiber. Ueber den pidsus alternans. (Arch. fiir exper. path. und pliarmak., t. VII, p. 317. 1877.)

plèto est suivie d'une autre bi-géminée, Ce qui le prouve, c'est l'inclinaison des lignes d'ascension et de descente, qui, continuées par ponctuation, représentent fidèlement la pulsation complète.

Je suis porté à croire que la gémination provient ici de l'interférence de la pulsation avec un dicrotisme persistant, au sein de la vaste poche anévrysmale.

2" Dans certains cas de rétrécissement aortiqsie ou initral, extrêmes.

Fig. 451. — Femme de 38 ans. Rétrécissement aortique extrême. Pulsation hi et tri-g6miuée du cœur.

Mais il est bien probable que les géminations sont dues aussi aux dicrotismes intrà-cardiaques, et non à une systole s'opérant en deux ou trois temps.

3° Dans quelques iusuffisauees tricuspides.

4° Dans la cyanose par rétrécissement pulmonaire chez les enfants , le pouls semble bigéminé ; il est dù à l'expression plus forte des dicrotismes de Vartère pulmonaire, devenus alors très apparents.

Fig. i52. — Cyanose. Pouls bi-géminé.

^df 'iSr^innoSr Lorain a rencontré le pouls bi-géminé chez un tuberculeux, mais sans nous dire s'il n'y avait pas en même temps quelque lésion du cœur. y

5° Dans beaucoup de cas de sclérose cardiaque, chez les vieillards, le plateau du sommet de la pulsation se montre légèrement bifide. II semble que la systole ne s'opère plus d'un seul coup, mais en deux temps.

POL'LS GÉilIXÉ.

Fig. 153. — Sclérose sénile, pouls bi-géminé.

Ici la question n'est pas douteuse ; il s'agit d'un dicrotisme en plateau, produit par l'occlusion des valvules aortiques.

6° Dans certains faits d'iiystérîc grave, où l'état coQvulsif provoque une sorte de contraction irrégulière du cœur ou des artères, qui rend la marche du sang irréguliëre et saccadée. Ici la question est plus difficile et je ne pourrais décider encore si la césure dépend du cœur, du vaisseau ou des muscles.

Fig. i^'i. — Femme liyttérique, pouls bi-géminé.

Systole Ijî-gémînée uormale du cœHP. — La pulsation normale du cœur, lorsqu'on peut la recueillir avec tout le soin et la délicatesse voulus, se montre très souvent bi-géminée au cardiographe.

Il ne s'agit point ici d'une double systole ou de deux demisystoles complémentaires l'une de l'autre^ comme dans le véritable pouls bi-géminé. Mais, après la systole du ventricule, les valvules aortiques, retombant aussitôt, déterminent un crochet très court, très subit, qui devance le dicrotisme total et artériel dù à la réflexion de l'onde sanguine.

Si l'on n'observe pas constamment cette pointe bigéminée, c'est que la violence de la systole masque presque toujours ce dicrotisme à peine apparent.

Pronostic : — Le pouls bi-géminé, quelle que soit son origine, entraîne toujours avec lui un pronostic défavorable, eu égard aux obstacles que la systole devra surmonter pour accomplir ses fonctions régulières.

POULS ALTERNANT

DéOuitiou : — Tandis que le pouls bi-géminé off're deux soulèvements pour une môme systole, le pouls altcrn«ut^re

alternativement une haute, puis une basse pulsation, avec des pauses proportionnelles. (Voy. fig. 414.)

Schreiber * a consacré une longue étude au pouls alternant, travail dans lequel il tend à démontrer sa presque identité avec le pouls bi-géminé. La seule différence, suivant lui, c'est que le repos entre les deux systoles est un peu plus long dans le pouls alternant. Cette explication n'est pas acceptable, car le vrai pouls bi-géminé serait composé des deux moitiés d'une même systole et non de deux systoles différentes^ tandis que le pouls alternant nous donne la succession régulière de deux systoles^ l'une forte, l'autre faible.

D'après lui, ce pouls reconnaît deux causes principales :

1° D'obstacles au cours du sang^.

2" D'iuég^alités dans la fercc dui cœur.

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