C. — Une tension vasculaire extrême
A. — COMPRESSION DE l'aETÈRE.
Epancbement péricardiqae. — Lorsqu'un épanchement abondant du péricarde comprime les origines de Y aorte, le diamètre de l'artère se trouve singulièrement rétréci dans sa portion intrà-péricardique ; cette fois la résistance est au bout central et non périphérique. Au-dessus de l'obstacle, elle reprend sa largeur, son développement. Mais si, par le moyen d'un large trocartjon opère une décompression brusque en ponctionnant le péricarde, il se produit, ainsi que l'a démontré Fr. Franck un reflux du sang, encore contenu dans l'aorte, vers la portion intrà-péricardique de cette artère subitement décomprimée. Ce serait là un véritable pouls récurrent, momentané il est vrai, mais avec renversement de tout l'ordre circulatoire, capable de produire Y anémie cérébrale subite et la syncope.
Indication tliérapcntique : — De là aussi, pour le chirurgien, l'indication de faire Id^ ponction du péricarde avec un trocart Un pour obtenir un écoulement lent, progressif ai sans danger.
B. — OBLITÉRATION ARTERIELLE.
Artérltc, embolie, llgatnrc. — L'oblitération peut être le résultat d'une emljoaâc ou d'une as-térîte oblîtcpaufc^
reconnaissables au gonflement et à la douleur; mais le plus souvent elle reconnaît une cause chirurgicale, une ligatiarc
HY artère.
Dans tous ces cas, on observe un A^qxûAq pouls récurrent, car il existe en deux points : en avant et en arrière de l'obstacle,
1° En avant, car lorsque le sang vient battre au point oblitéré, il rebondit, comme il le fait dans l'aorte, au contact des valvules sigmoïdes, et, revenant sur lui-même jusqu'à une courte distance, il produit en ce point un véritable dicrotisme avec pouls récurrent pendant la diastole artérielle.
2° En arneVe de l'obstacle, s'il existe des anastomoses larges qui rendent le retour du sang facile par les collatérales, elles se dilatent rapidement sous l'influence de la pression nouvelle de cette quantité de sang qui abandonne le vaisseau principal, et
■ * FaANcK (Fr.). Mode de product. des troubles circulatoires dans les gpanche' ,ments abondants du péricarde. (Gaz. liebdom. 1S77.)
le sang reparaît bientôt, remontant le tronc ligaturé devenu vide, jusqu'à ce que, rencontrant le cul-de-sac de l'artère oblitérée, il produise un poids récurrent, qui n'est séparé du pouls direct que par la ligature; total en ce point : deux ondes directes, deux ondes de retour.
Dans certaines oblitérations artérielles, c'est par des voies très détournées, et même par le côté opposé du corps, que la circulation se rétablit en aval de l'obstacle, hamernick ^, de Prague, a démontré qu'après la ligature de la sous-clavière gauche, le sang revient au membre correspondant par l'intermédiaire des vaisseaux de la tête, en passant successivement par le tronc brachio-cépbalique, l'artère sous-clavière droite^ la vertébrale droite, le polygone de Yillis; puis, changeant de côté, il traverse la vertébrale gauche, en sorte que, dans ce dernier vaisseau, le cours du sang est absolument rétrograde ou récurrent.
Indications pronostiques et thérapeutiques : — Si Von avait à faire la ligature de la sous-clavicre, ce serait le bout supérieur qu'il faudrait fermer aussi bien que le bout inférieur.
Mais quand le sang revient ainsi dans les gros vaisseaux, après avoir fait un si long circuit à travers des cauaux beaucoup plus petits^ il a perdu la plus grande partie de sa force de propulsion; obligé de vaincre en outre un courant contraire, il coule d'un mouvement presque uniforme, en sorte que le •pouls y devient très faible ou même inapparent, et l'on a le spectacle d'une grosse artère, la vertébrale par exemple, où le sang circule alternativement en sens contraire en deux demiondulations presque neutralisées l'une par l'autre et sans donner de battements sensibles.
Le pouls récurrent est bien connu des chirurgiens, qui peuvent en tirer un heureux ou un mauvais présage.
Le pouls récurrent postérieur, ou revenant dans le vaisseau abandonné, est un signe favorable, s'il s'agit d'une ligature faite pour arrêter une Mmorrhagie. Il montre que les collatérales ou les anastomoses suffiront pour entretenir la vie du membre, et l'on n'aura pas à craindre la gangrène consécutive.
Le pouls récurrent antérieur, celui qui rebondit directement sur la ligature, est moins favorable, car il indique
' Hamernik. Vebev die vehaUiiisse des amfanges und der puhationen peripherischer ai terien bel oblileraiion des anfangstiickes der absteigendeii aorla. (Trager viertelj. fiir die pract. mod., t. XX, p. 40. 1848.;
une impulsion violente qui peut conduire à l'ulcération des parois et à l'iiémorrhagie. AJais si, dans le plus grand nombre des cas, le pouls reparaît presque de suite dans l'artère anémiée, il peut survenir, au contraire, un acrotisme plus ou moins prolongé de l'artère liée, si les capillaires communiquants sont peu nombreux et mettent un temps considérable à se développer.
Cette période sera pleine d'anxiété pour le malade et pour le chirurgien. Une douce chaleur^ entretenue autour du membre par des vessies pleines d'eau chaude, sera fort utile alors pour rétablir la circulation en dilatant les capillaires environnants. Cette application de la doctrine vaso-motrice a devancé de beaucoup leur découverte.
Blessures de l'arcade palmaire. — L'apparition du pouls récurrent est défavorable dans le cas de plaie de l'arcade palmaire ; en vain ferait-on la ligature du bout central, les larges anastomoses de la radiale avec la cubitale ramènent aussitôt le sang par le bout inférieur resté béant, et la compression seule n'en vient pas toujours à bout sans une ligature souvent très difficile à exécuter par suite de la rétraction de l'artère.
AnéTrysmes. — Enfin le- pouls récurrent est défavorable,
s'il s'agit d'un anévrysme dont on aura fait la ligature, suivant la méthode de Hunier et ^ Anel [une seule ligature avant l'anévrysme], car alors le sang revenant battre dans la tumeur, cellene pourra guérir, ou exigera une seconde ligature au dessus de l'anévrysme.