CONDITIONS PHYSIOLOGIQUES
La ligne de tension du sang peut varier suivant diverses causes : 1° l'état de la respiration ; — 2° la tension organique fonctionnelle ou absolue.
1° Respiration. — L'exercice naturel de la respiration trouble à peine l'équilibre de tension du sang. Mais dès que la respiration est entravée ou gênée, cet équilibre instable ne tarde pas à éprouver des modifications très marquées.
On voit alors l'artère se remplir d'une façon exagérée, pendant l'expiration. Ainsi remplie, elle ne reçoit qu'un faible accroissement de tension pendant la systole cardiaque, c'est à peine si le sphygmographe inscrit une élévation de courbe; puis, au moment de V inspiration, l'artère se vide à la hâte et le cœur inscrit alors sa systole par une haute pulsation sur une 'ligne de tension profondément abaissée. Chacune de ces ondulations embrasse 2, 3 ou 4 pulsations, suivant l'accélération du mouvement respiratoire. C'est ajuste titre que l'on nomme cette forme du pouls, courbe respiratoire.
On l'observe, en effet, dans toutes les affections où il y a gêne de l'hématose ; Vasthme, la cyanose, le goitre (fig. 460) en sont les types les plus accentués.
Pouls ondulant dans faccès d'astlimc. — Au moment de Vaccès d'asthme le pouls offre au suprême degré les caractères que nous avons indiqués dans la dyspnée, à savoir : ['ondulation de la ligne d'ensemble suivant le rhythme respiratoire.
Tour à tour la respiration thoracique et abdominale impriment leur cachet au pouls, dont les profondes incisures alternent ave( les tendions élevées.
POULS ONDULANT
On y remarque aussi un polycrotisme descendant extrêmement prononcé.
Pouls oudulant dau^ii la cyauosc. — Les travaux savants du docteur FRANCK ont fait connaître que : Lorsque la cyanose est due à la communication de V artère pulmonaire, avec V aorte ou le cœur gauche, la respii-ation imprime toujours son cachet ondulant à la ligne d'ensemble du pouls, à cause du reflux considérable que le sang éprouve à chaque inspiration, reflux qui se trouve doublé, puisque le sang veineux aussi bien que l'artériel circule dans l'aorte. C'est donc là un signe précieux pour le diagnostic. Nous avons pu le vérifier nous-même et nous donnons ici le tracé du pouls recueilli sur deux enfants, l'un de 7 ans, l'autre de 13 ans^ atteints de cyanose congénitale.
Fio'. 458. — Enfant de 7 ans. Rétrécissement pulmonaire. Cyanose congénitale.
Fig. 459. — Garçon de 13 ans. Cyanose coogéuitale.
MOUVEMENTS péRISTALTIQUES OU MONILIFORMES DES ARTÈRES
RÉTINIENNES.
Embolie de l'aptère centrale. — Au lieu de la circulation uniforme ou des battements particuliers à cette artère, on observe parfois des mouvements tout particuliers, ondulants et péristaltiques ; ils annoncent que Vartère centrale de la rétine est oblitérée par un caillot {thrombose ou embolie), souvent placé trop profondément pour y être reconnu ; on peut alors voir avec l'ophthalmoscope les artérioles qui établissent une circulation collatérale, ani-mées de mouvements péristaltiques très marqués.
Sclérodermie, asphyxie locale des extrémités. — Les
contractions partielles de l'artère centrale de la rétine et des artérioles qui en naissent, contractions qui siègent soit au point originel, soit sur le cours des artères, sous forme à' étranglement moniliforme, et qui reviennent par accès, avec battements
POULS VIBKANT. 949
anormaux des veines rétiniennes, indiquent une asphyxie locale des extrémités, ainsi que l'a démontré le docteur Maurice Raynaud * .
Indication thérapeutique : — L'artère centrale reçoit son innervation de la branche cervicale du sympathique {rameaux carotidiens) ; ces phénomènes de contraction sont donc sous l'influence de l'excitation du sympathique.
On pourra les calmer avec les courants continus descendants ; et, de fait, le docteur Raynaud a obtenu, par cette méthode, six guérisons.
POTJLS VIBRANT.
Définition : — Le pouls vi tirant ou frémissant est celui dans lequel le sar^ projeté avec force met en vibration les parois des vaisseaux et du cœur.
Le doigt perçoit cette vibration comme un frémissement, l'oreille comme un bruit de souffle et le sphygmographe l'enregistre par une ligne d'ondulations très petites pendant la diastole, mais il ne parvient pas toujours à l'exprimer.
Le pouls vibrant s'observe dans les maladies aiguës on chroniques.