‹ Le circulation et le poulsChapitre 597 sur 669 · C. — La paralysie vaso-motrice · texte numérisé non relu

C. — La paralysie vaso-motrice

D. — I^es tumeurs situées sur le trajet des gros vaisseaux.

E. — Les anévrysmes très développés.

A. Affections organiques «In cœur. Insuflisance mitrale. — 1° Au début, On comprend sans peine que l'msuffisance mitrale ne fournissant au ventricule qu'une stimulation incomplète, la contraction moins énergique chasse le sangplus lentement dans l'artère;

2° A. la fin, la stase du sang dans les capillaires généraux augmente la résistance au cours du sang dans le système aortique. Mais, quoique le résultat soit juste, il ne peut guère servir au diagnostic ; il faudrait^ pour connaître l'écart, avoir déjà la mesure de Thétérochronisme normal du sujet avant la maladie.

B. Rétrécissement aortique. — 1° Au début, l'obstacle à la sortie du sang et le faible volume de la colonne projetée expliquent bien ici le ralentissement du pouls.

2° A la fin^ le sang éprouve la même stase, les mêmes résistances dans le système aortiquc, mais encore, et pour les mêmes causes, le résultat obtenu est purement théorique, la pratique médicale ne saurait l'utiliser.

C. La paralysie vaso-motrice, en permettant la trop grande et trop rapide dilatation des vaisseaux, ralentit le cours du sang, qui, trouvant plus de place, perd sa force de projection.

D. Tumeur. — Quand une tumeur dure, comprime fortement un gros vaisseau, il en résulte aussi un retard dans le pouls situé au-dessous. Nous en verrons le diagnostic précis p. 967.

E. Anévrysmes. — C'est surtout dans l'étude des anévrysmes que l'on observe ces différences de temps entre la pulsation de deux artères. Et les beaux travaux du professeur Marey, des docteurs F. Franck et Belluard, nous ont appris à fixer, au moyen de l'iiétéroclironisme, le diagnostic des anévrysmes des gros vaisseaux. Mais là encore il faut distinguer ce qui se passe :

1" Dans la cavité de Vanévrysme.

2° Au sortir de cette cavité.

i° Dans la cavité de Tanévrysme. — En arrivant dans cette poche, la pulsation diminue de vitesse. La propagation de l'onde prend en diamèlrc ce qu'elle perd en longueur; supposons que Panévrysme jauge 3 centimètres cubes sur une longueur de 1 centimètre, alors que l'artère ne jaugerait qu'un centimètre : le sang mettra à remplir le centimètre formé par

l'anévrysme, le même temps que pour parcourir 3 centimètres de longueur de l'artère. 11 ira donc trois fois moins vite. Cela posé, étudions comment V hétérochronisme peut servir au diagnostic différentiel des anévrysmes de Vaorte, du tronc brachiocéphalique et de l'artère sous-clamère.

Auévrysme de la crosse aortiquc. — Il est souvent impossible de distinguer par les signes ordinaires si la crosse aortique est comprise dans la tumeur; mais si le sphygmographe nous montre que les deux artères radiales, également en retard sur le cœur, battent à l'unisson, nous pouvons en conclure que l'aorte primitive est anévrysmaticiue et nonV artère brachio-céphalique; cdiV l'anévrysme de rorig;iue aortique détermine un retard àn pouls dans toutes les artères, %i ce retard même ^onv tous les points également distants du centre. Mais il est des cas plus compliqués ; par exemple :

Si Vanévrysme de Vorigine de Vaorte se complique ^insuffisance aortique considérable, le retard général produit par l'anévrysme est compensé par l'accélération que détermine l'insuffisance, et la valeur normale du pouls se trouve conservée.

Ancvrysme du tronc braciiio-céplialique . — Si nous observons un retard exagéré dn pouls radial droit^ nous pouvons en conclure que l'aorte est saine, mais qu'il existe un anévrysme du tronc l»rachio-céplialiqne ou de la sous-clavièrc tlioracique.

Enfin, nous pourrons encore distinguer ces deux derniers l'un de l'autre, en observant que : outre le retard radial, si le pouls éprouve un retard exagéré dans la carotide droite comparée à la gauche, il s'agit d'un anévrysme du tronc bracliiocéplialique.

Anévrysme de l'artère sous-clavière droite. — Si le retard exagéré ne siège qu'à la radiale droite et que les deux carotides battent à l'unisson, on doit diagnostiquer un anévrysme de la sons-clavière droite ^

Anévrysmes de la carotide et de la sous-clavière g^auffilie. — L'origine de la sous-clavière gauche étant à peu près aussi distante du cœur que la carotide au milieu du cou, on peut tirer des indications utiles de la comparaison du tracé

* Fhanck (F.) et Belluard. Diagnostic différentiel des anévrysmes par le retard du pouls. J. de Robin, 1878, mars.

carotidien et de celui de la sous-clavière pour fixer le point précis où siège i'anéviysme de la sous-clavière.

Si le pouls carotidien goMche retarde sur celui de la sous clavière, c'est que Tanévrysme occupe l'origine de la earotide primitive.

Si le pouls de la sous-clavière retarde sur le pœAs carotidien, c'est que la tumeur est au delà de cette dernière artère et que l'anévrysnie appartient à la sous-clavière gauche.

Anévrysme de l'axillaire. — Si Vanévrysme prend naissance au-dessous de la sous-clavière gauche, il n'y a de retard exagéré que dans les artères du membre supérieur correspondant.

.%jiévrysnies de l'aorte abdominale. — Facilement confondus avec les tumeurs solides fréquentes en ces régions, ils peuvent néanmoins être diagnostiqués :

l°Par le retard exagéré du pouls fémoral sur X^paals cardiaque;

2° Par Y augmentation subite de la pression artérielle des membres inférieurs quand on comprime la tumeur abdominale^ car alors on pousse dans ces vaisseaux tout le sang qui remplissait l'anévrysme.

Dans ce cas, s'il s'agit d'un anévrysme, on observe une tension artérielle plus grande, une élévation de la ligne d'ensemble, et par la décompression il y a suppression subite plus ou moins complète d'une ou deux pulsations, c'est-à-dire jusqu'à ce que le sang ait pu revenir en assez grande quantité pour remplir la poche.

Dans le cas de tumeur abdominale, on observe les phénomènes opposés La compression diminue ou même arrête la pulsation au dessous du vaisseau. — La décompression rétablit aussitôt le pouls.

Le retard de Vartère, examinée en aval de la tumeur^ devient un signe précieux : il indique non seulement Vexistence d'un anévrysyne, mais encore son volume; car. plus le sac anévrysmal est grand, plus le défaut de synchronisme augmente

Anévrysme de l'iliaque primitive. — 11 implique le retard du pouls fémoral du membre correspondant droit ou gauche.

' Franck (F.). Rech. sur le diagnostic du siège des anéii-ysmes aorliques. J. d'anat. et physiol. de Robin, t. XV, 1879, p, 97.

- Marey. Annales des se. uatur., 4' série, t. Vll, p. 349.

FAUX HÉTÉROCHEONISME .

Quand il existe un rétrécissement aortique ou un anévrysme volumineux d'un tronc principal, les pulsations du cœur arrivent souvent si affaiblies aux artères radiales ou fémorales que l'on ne peut les percevoir toutes. La différence en moins, pour le battement radial, peut aller à quinze pulsations par minute. Dans un cas de rétrécissement, Stockes a compté jusqu'à trente battements de plus au cœur, les autres systoles n'arrivant plus à impressionner l'artère radiale.

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