II» POULS VEINEUX RÉTROGRADE DES JUGULAIRES
Le pouls veineux jugulaire ou pouls régurgitant a été reconnu dès les premiers âges de la médecine. Galien ' le décrivit à propos d'un cas de céphalée violente. Mais c'est à Lancisi que l'on doit la théorie qui établit les rapports du pouls jugulaire avec la dilatation du cœur droit ; de notre temps, Laënnec en France, Hunter [William), Thomas Wilkinson, King et le docteur Adams, en Angleterre (1828), démontrèrent que le ventricule droit joue le rôle d'un réservoir, et les valvules tricuspides celui de soupapes de sûreté dans le cœur humain. Quand elles fonctionnent mal, le pouls jugulaire apparaît. Adams fit voir la fréquence du pouls jugulaire dans les rétrécissements mitraux, par suite de la dilatation qu'ils imposent^ de proche en proche, aux cavités droites.
11 indiqua, en outre, que ces pulsations sont synchrones avec la contraction du ventricule, détail important pour la ihéorie de l'action du cœur à l'état sain.
fig. 491. — Pouls veineux régurgilaut de la jugulaire, lusut'tisauce auriculu'
ventriculaire droite.
Homhert ^ observa un exemple où le pouls veineux n'existait que par moments, apparaissant ou disparaissant tour à tour. Dès que le paroxysme d'asthme cardiaque cessait, les pulsations
' Galien. Cité par Testa. Malattie del cuore. VoL III, cap. xvn. - HoMBKRT. Hist. de l'acad. roy. des se. ann. MDCCIV, p. 161.
veineuses s'arrêtaient, ce qui montre qu'une dilatation passagère du cœur droit suffit pour produire ce phénomène.
Le pouls Jugulaire s'observe presque exclusivement dans les veines jugulaires externes à cause de leur position superficielle et sous-cutanée qui laisse leurs pulsations très visibles. Mais les jugulaires internes participent à ce pouls, quoiqu'on ne puisse les voir. C'est le doigt qui le constate par une sensation de choc très mou, bien différent de celui des carotides.
Les pulsations des veines jugulaires internes s'accompagnent à^\m pouls artérieliouioxxY?) petit (^Beau).
Ktiologic : — La pulsation des veines jugulaires indique essentiellement la gêne de la circulation pulmonaire et la surcharge du ventricule droit par le sang, surcharge qui ne tarde pas à amener Y insuffisance de la valvule tricuspide. Aussi faut-il admettre avec Stockes * qu'elle peut se rencontrer dans trois circonstances :
1° Obstruction de l'artère pulmonaire et de ses valvules sygiuoïdes.
2° Dilatation des cavités droites du cœur, avec insuffisance tricuspide.
8° Obstruction fie l'orifice auriculo-veutriculairc droit.
Il est^ en outre, une quatrième circonstance où l'on a observé le pouls jugulaire, c'est le cas d'anévrysmc artérioso-veinenx ; quand l'artère sous-clavière ou le tronc brachio-céphalique communiquent avec les veines correspondantes qu'ils dilatent jusqu'à forcer les valvules.
Mais le pouls jugulaire offre alors des caractères particuliers que nous signalerons bientôt.