POULS VEINEUX JUGULAIRE, IMAGE FIDÈLE DU CŒUR DROIT
La veine jugulaire est si rapprochée du cœur, que cet organe exerce sur le sang qu'elle contient une attraction et une répulsion souvent visibles à l'œil nu, avec tant de force, qu'on est d'abord tenté de les attribuer aux artères carotides.
En analysant de près les phénomènes produits^ on reconnaît avec POTAiN et livori :
i° Un premier soulèvement lent. Il précède immédiatement la systole ventriculaire,
* Lépine. Ecartement anomal des systoles auriculaire et ventriculaire. Revue mens, de méd., 1882, p. 239.
- PoTAiN. Des mouvements et bruits qui se passent dans les veines jugulaires. Sociét. méfl. des hôpitaux, 24 mai 1867.
2° Un second soulèvement formé de deux petites ondulations rapides, coïncidant avec la systole elle-même.
3° Deux affaissements 'profonds : le premier pendant le petit silence, le deuxième immédiatement après le deuxième bruit du cœur. Les deux soulèvements se rapportent aux contractions successives de l'oreillette et du ventricule et les deux affaissements aux diastoles de ces cavités.
Il est évident que le sang veineux affluant toujours au cœur doit éprouver un léger reflux ou ondulation rétrograde, dès que le ventricule par sa contraction cesse de le recevoir. Dans ce mouvement, la contraction active des veines doit avoir aussi sa part et contribuer au refoulement dès que son efl"ort ne peut plus agir pour pousser le sang dans l'oreillette, car aucun mouvement ne peut être perdu, il ne fait que changer de direction.
La veine jugulaire se gonfle donc d'un côté par l'appel qu'opère sur elle le vide produit par la systole cardiaque, d'autre part en recevant le trop-plein de l'oreillette ; c'est un double courant qui se choque à mi-chemin.
HÉMISYSTOLIE DU CŒUK DROIT.
DÉFINITION : — Tandis que plusieurs savants nomment kémisystolie une systole contée en deux moitiés, ou même une systole à moitié avortée sur deux, pour d'autres V hémisystolie consiste dans la contraction isolée d'un ventricule du cœur et plu^ spécialement du ventricule droit. C'est une hétérochrouîe ventricnlaire.
. Elle se manifeste par un double battement veineux apparent aux jugulaires et correspondant à un battement simple de la carotide.
Ces deux battements suivis de deux dicrotismes forment quatre ondulations. En y joignant la pulsation de la carotide et son dicrotisme, l'ensemble de ces six ondulations superposées donne à cette région un aspect tumultueux et frémissant, un caractère vague, rapide et diff'us, qui étonne au premier abord et que l'on soumet difficilement à l'analyse, si l'on n'en connaît pas d'avance la cause et le mécanisme.
Mais tantôt le rhythme est ainsi continu, tantôt il est alterné, une systole bi-ventriculaire étant suivie d'une autre isolée du ventricule droit.
Laennec avait déjà indiqué vaguement cet état morbide, mais
c'est à LEYDEN ' qu'on en doit la description complète. Son opinion ne fut pas admise sans conteste. Bozzolo ^ en Italie affirma que riiémisystolie n'était qu'apparente produite par l'insuffisance de l'ondée sanguine artérielle qui n'arrive pas à chaque fois jusqu'à dilater la radiale, mais au moins devrait-elle dilater la carotide si voisine, et y rester visible.
En Allemagne, Fraentzel ^, Schreiher, Riegel, Tuckzek, Landois, soutinrent que la structure du cœur s'opposait à ce dédoublement fonctionnel.
L'opinion de Leyden fut souteoue par Malbranch'', Roy, Friedreich, Gerhardt, Resenstein, Cohnheim, qui rappelèrent comme preuve que chez les animaux mourants le cœur ne donne plus que les contractions uni-ventriculaires droites.
Enfin Reigel et Lachmann ont bien démontré l'indépendance relative -des deux cœurs, en introduisant deux cathéters l'un dans la veine jugulaire, l'autre dans la carotide, puis en observant leurs battements distincts. Si donc les deux cœurs battent simultanément, c'est moins par suite de leur structure et de leur jonction par des fibres communes que par le jeu simultané et harmonique de leur système nerveux. Dès lors il ne sera pas étonnant d'observer Vhémisystolie, comme symptôme des lésions des nerfspneumo-gastriques.