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LE CŒUR, OREILLETTES

ments; l'un des cœurs ne battait qu'une fois, pendant que l'autre exécutait deux battements. Plantade, Sœmmering et Meckel ^ en ont également cité des exemples remarquables.

Si au contraire, suivant les lois physiologiques, les deux lames antérieures s'unissent, leur union entraîne celle des tubes cardiaques qui s'accolent l'un à l'autre sur la ligne médiane et se fusionnent pour former un organe unique dans lequel la dualité primitive est encore indiquée par l'existence d'un sillon longitudinal à l'extérieur.

La soudure des tubes cardiaques s'opère d'arrière en avant. Il y a donc un moment pendant lequel le cœur, unique à son extrémité postérieure, est bifide à son extrémité antérieure.

La soudure des deux tubes cardiaques da poulet se produit vers la 20'' ou 25" heure et devance l'apparition de la contractilité . Chez l'homme, le canal cardiaque se montre vers le 12^ jour de la conception, alors que l'embryon mesure 2 millimètres 1/2 en longueur.

Formation du sérum du sang. Cependant les cavités de ces tubes se remplissent insensiblement d'un liquide transparent, sans couleur, privé de globules, premier vestige du sang dont il représente le sérum. Haller'^ fut le premier en 17S8 à découvrir ce fait curieux, mais il le regarda comme une exception. Hunter, en 1794, reconnut sa constance comme loi du développement de ce viscère. Nous sommes portés à croire que le creusement de l'organe, d'abord plein et solide, et la formation du sérum, sont deux phénomènes dépendants l'un de l'autre; une partie des cellules se condensant vient former la paroi du cœur, tandis que le ramollissement du protoplasme interne des cellules cardiaques devient à la fois la cause de la formation tubaire et du liquide produit. Le premier sang se forme donc en deux sièges anatomiques différents. Le premier sérum est produit par le cœur, naît avec lui, sécrété pour ainsi dire par sa paroi interne qui doit devenir un endocarde ; les premiers globules naîtront, comme nous le verrons bientôt, dans les îles de sang, soit celles de ïaire vasculaire, soit celles de l'embryon, c'est-à-dire dans le féseau veineux et capillaire.

Formation de l'oreillette. — apparition du sang rouge dans LE CŒUR. A son tour, la cavité auriculaire se forme et se met en

' Meckel. De duplicitate momtruosà comme aLarius, ISlj, p. 'ù'i. ' Halleu. Opéra minora, t. II, p. 380,

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communication soit avec les îles de sang, soit avec les capillaires veineux qui en émanent et qui deviendront les veines omphalomésentériques. Alors seulement le sang se complète et se colore par l'arrivée dans le cœur des globules formés dans les îles de Wolf, globules plus petits" et plus arrondis que ceux qui se formeront plus tard chez l'être complet.

HtDROPisiB EMBRYONNAIRE DU CŒUR, — Quand Cette communication ne s'établit pas, le sang reste incolore dans le cœur^ le dilate par son accumulation progressive et détermine Vliydropisie embryonnaire, dontle savant Dareste a fait, le premier, connaître le mécanisme. C'est en réalité un ancvrysme blanc du cœur chez l'embryon.

Lorsque les deux cœurs restent isolés, le plus ordinairement ils ne se mettent pas en communication avec les vaisseaux capillaires de l'aire vasculaire. Ils ne contiennent donc qu'un liquide transparent. Quelquefois, cependant, cette communication s'établit avec certaines îles de sang : les deux cœurs battent alors sur du sang rouge, mais séparé du reste de la circulation.

DÉVELOPPEMENT DU BULBE AORTiQUE. Lc biilbe aortiquc prend sa part de développement : situé à la partie antérieure du cœur, il

Fif?. 66. — Deux têtes d'embryoû vues par la face supérieure, présentaut, l'une l'état uormal et l'autre l'état inverse, caractérisés par la sortie de l'aorte cardiaque a, dans le premier cas à la droite, et dans le second à la gauche de l'embryon.

(Extrait de Dareste : Tératogénie expérimentale. Paris, Reinwald, 1817. 1 vol. iu-8°, p. 223.)

se bifurque au sommet^ pour opérer sa jonction vers la 36° heure, avec les arcs aortiques. Puis, il se cloisonne progressivement de haut en bas, et vers la fin du 5^ jour il se trouve divisé en deux

LE CŒUE, CLOISONNEMENT. 177

tubes, dont l'un s'ouvre dans le ventricule gauche^ l'autre dans le ventricule droit.

Cependant le tube cardiaque s'est redressé ; il apparaît sous la forme d'un vaisseau s'étendant sur la ligne médiane depuis l'ouverture ombilicale, presque jusqu'à la mâchoire inférieure. Puis ce vaisseau s'allonge de la 35° à la 43" heure, et comme il ne peut se développer ni en avant ni en arrière, il se recourbe de nouveau en anse dont la convexité vient faire saillie au côté droit de l'embryon. C'est par exception que l'anse se tourne du côté gauche (Fig. 69).

FORSIATIOX DE l'aURICULE. — CA^'AL AURICTLAIRE. — DETROIT DE

Hallek. Vers le Séjour, l'oreillette, qui était en bas. se relève et se complète par l'apparition de Yauricule.

Le ventricule, situé d'abord en haut. grossit et s'abaisse, tandis que l'on voit se former la pointe définitive du cœur. Lorsque, par hasard, cet organe vient à s'infléchir à gauche, il en résulte une inversion du cœur et des vaisseaux. En même temps, les sillons qui séparent les trois chambres, deviennent plus marqués; on reconnaît parfaitement d'abord, le canal auriculaire placé entre les oreillettes et les ventricules; puis, le détroit de Haller, placé entre le ventricule et le bulbe aortique.

CoxTRACTiLiTÉ DU CŒUR. ■ — • A peine le cœur est-il formé qu'il devient contractile ; ce mouvement de resserrement et d'expansion lui est même nécessaire pour former ses cavités. Le cœur, ainsi que l'a signalé le àocïQwx Laborde ', est le seul parmi les organes en formation qui fonctionne en même temps qu'il se développe. On ne reconnaît encore dans son tissu ni éléments musculaires, ni éléments nerveux, et cependant son protoplasme se montre déjà pulsatif. La contractilité du cœur est donc inhérente à sa nature, à son tissu; elle constitue pour lui, comme l'a fort bien exprimé cet habile physiologiste, une fonction autonome. Du reste à cette époque les pulsations sont rares, éloignées, et s'arrêtent souvent pendant l'examen microscopique : il suffit alors du contact d'une goutte d'eau chaude pour les ranimer.

CloisonîsEment Dr cœttr. — Le cloisonnement du cœur ne tient pas, comme on pourrait le croire, àl'adossement de ses deux moitiés primitives. Au contraire, quand cet adossement se produit pour ^d'autres organes, rectum, vagin, les cloisons com-

* Laborde. Sur quelques points de la physiologie de l'emhryon. en particulier sur la physiologie du cœur au moment de sa formation. Acad. des se. Paris, 1819.

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