‹ Le citateur (volume 2)Chapitre 7 sur 8 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Je voudrais bien savoir ce que Jésfus eût fait si les Jjiifs ne reussent pas fait mourir : il serait mort ailleurs ^ et le peuple chéri ne se serait pas irrévocablement brouillé avec Dieu le père; à la bonne heure.

Mais de quelle utilité eût-il été au peuple chéri de croire à la divinité de Jésus-Christ? Quels avantages nouveaux leur apportait le IVIessie ?

Aucun. Qu'ont-ils perdu en le crucifiant? Rien que sa bienveillance, et on se console de ces pertes-là, quand il n'en résulte aucun dommage pour l'avenir. Or, les Juifs ne croyaient pas à Timmortalité de l'ame ; Moyse , inspiré par le Seigneur, n'avait nulle

idée de ce dogme : il ne promet rien que de temporel.

Si vous obéissez 5 dit-il^ vous aurez de la pluie au printems, et en automne du froment, de Tlmile , du vin j afin que vous mangiez et que vous soyez soûls.

Si vous ne gardez pas les ordonnances 5 vous éprouverez la famine, la pauvreté ; vous mourrez de misère , de froid, de pauvreté , de fièvre. . . . vous aurez la rogne, la gale , la fistule ; vous aurez des ulcères dans les genoux et dans les gras des jambes...

et vous mangerez le fruit de votre ventre et la chair de vos fils et de vos filles, etc.

J'espère bien que mon confesseur ne prétendra pas qu'il soit question ici du Paradis et de FEnfer. Je lui demanderai pourquoi mon ame étant

(■37) immortelle, à ce qu il dit, Dieu n'en sait rien, ou s'il le sait, pourquoi il ne Fa pas révélé à Moyse : une chose de cette importance valait bien la peine qu'on en parlât.

Je lui demanderai pourquoi, si l'âme est immatérielle et immortelle, il est dit dans la Genèse :

Dieu souffla au visage de l'homme un souffle de vie, et il devint une âme vivante. L'âme n'est donc que la vie.

Je lui demanderai pourquoi les chrétiens ont été de cette opinion pendant cinq cents ans. Il me répondra que cela n'est pas vrai, et je lid citerai Tertullion, qui dit: De anima , cap. VIJIj corporalitas animœ in ipso Evangelio reliicescit. La corporalité de l'âme éclate dans l'évangile.

( '38) Je lui citerai saint Hilaire, de Math. p. 635, qui dit : Il n'est rien de créé qui ne soit corporel, ni dans le eiel j ni sur la terre, m parmi les visibles, ni parmi les invisibles. Tout est formé d'élémens, et les âmes, soit qu'ellesliabitentun corps, soit qu'elles ensortent, ont toujours une substance corporelle.

Je lui citerai saint Ambroise, qui dit au sixième siècle : Nous ne connaissons rien que de matériel, excepté la très-sainte Trinité. Sur Abj-aham.

liv, u^chap. VIII.

Il est donc clair qu'en effet Jésus ne voulait rien changer; il est démontré qu'il ne nous a promis aucun bien nouveau. Que diable venait-il donc faire, et quel mal réel se soat fait les Juifs en refusant de croire les prodiges qu'ils voyaient, et en ne croyant point à sa divinité?

( '39) Ail! dit mon confesseur, Jésus ne , fious a promis aucun bien nouveau ?

H^i'a pas dit : Mon royaume n'est pas d^ ce monde? Il n"'a pas dit au bon larron : Ce soir tous serez avec moi en Paradis? Ce n'est pas là annoncer la spiritualité , rimmortalitè de Pâme ? Non, docteur, celane veut rien dire, parce que Jésus n'a pas dit cela.

Tertullien, saint llilaire, saint Ambroise en passent su quelque chose, et votre objection prouve seulement que les Evangiles restant sont apo»

crypbes, inconnus, inconnus, tous dis-je, jusqu'à saint Irénée ,' il est le premier qui en parle, et je vous défie de me convaincre que j'en aye menti.

Je conviens bien qu'au sixième feiècle, oii on avait beaucoup travaillé à l'habit d'arlequin, on commençait à finasser sur l'ame. Saint

Ambroise, qni admet les âmes corporelles ^ saint Ililaire, qui pense comme lui, font cependant ces âmes immortelles. Pourquoi ce privilège d'un de mes corps sur Tautre? Mon confesseur m'expliquera cela. Il est digne dVxpliquer saint Hilaire.

Puisqu'*on est convenu depuis, que nous avons une âme spirituelle et immortelle, mon confesseur me dira ce que c'est que cette âme, car il est très-obligeant, très-profond, et j'ai grand besoin d'être éclairé. Je vais trouver mon confesseur.

Je le joins au milieu d'une assemblée très-respectable , car elle est composée de docteurs savans comme lui. J'établis modestement ma question , et le plus vieux , comme le plus expérimenté , me répond :

Uâme est une émanation de Dieu même y c'est une partie du grand tout ; elle est créée de toute éternité. Pardon, mon digne confrère, lui dit son voisin, Tâme est faite et non créée. Vous vous trompez , dit un troisième ; Dieu forme les âmes à mesure qu'il en a besoin.

Elles arrivent au moment de la copulation , et se logent dans les animalcules séminaux.

Pas du tout, dit un autre, elles s'insinuent dans les trompes de fallope.

Vous ny êtes pas, reprend un pelit docteur , en s'élevant sur la pointe des pieds ; elle attend que le fœtus soit formé , et alors elle s'établit dans la glande pinéale : s'il arrive qu'il y ait faux germe , elle retourne se réunir au grand tout, en attendant une nouvelle occasion.

« Hé I messieurs , ce n'est pas là

» ce que je vous demande. — Voilà

» pourtant tout ce que nous pouvons

» vous dire , et vous voyez bien que

» nous connaissons aussi parfaite—

» ment notre âme, que nous savons

» comment nous remuons notre petit

» doigt » .

Je quittai mes docteurs , assez mécontent de ne pas savoir ce que c'est que mon amCjmais très-satisfaitd'avoir des idées précises sur la manière dont ce que je ne connais pas s'est logé dans mon corps.

Cependant , comme mes docteurs n'étaient pas d'accord là-dessus , je jugeai h propos d'adopter le système le plus gai , parce que la gaîté me convient. D'ailleurs il est toujours bon de tenir h un parti , pour avoir le droit d'injurier les autres, si on ne peut leur faire pis. Le système donc que j'adoptai est celui qui fait

( '43) arriver les âmes au moment de la copulation. Je me représente une nuit de Pans seulement. Je vois le père commun des humains , l'œil fixé a sa voûte de cristal , car vous vous rappelez que les cieux sont de cristal ; je le vois embrassant tout Paris d'un coup d'oeil , et soufflant en souriant de petites araes

par-tout où il entend ha ! ha !...."

ha!

Mais , je fais une réflexion ; Dieu ne peut souffler des amcs dans les jeunes Chinoises , dans les jeunes Japonaises , dans les jolies Géorgiennes , parce qu'il les y soufflerait avec l'intention bien prononcée de les damner , ce qui serait traître a Dieu. Mais si tel est son bon plaisir , ce que je suis autorisé à croire d'après le passage , « il y en a beaucoup d'ap- « pelés et peu d'élus» ^je trouve mon

système très-consolidé , et j'en suis fort aise , car il est drôle.

Voyez comme un auteur méthodique s'écarte quelquefois de son sujet. Où nous a menés ce fol aveuglement des Juifs, qui n'ont pas senti, qui n'ont pas yu que Jésus était Dieu ? « Mais , c'est qu'il ne l'est » p^s, me dit brusquement mon rai- » sonneur , c'est qu'il ne l'a jamais » été , c'est qu'on ne s'est avisé de >» cette idée-là que long-tems après ;> sa mort. — Bail ! lui fis-je. — C'est » comme cela, mon ami , écoutez- » moi. »

« Vous savez que les apôtres étant rassemblés un certain jour dans une maison écartée , ils entendirent un grand vent , et comme un grand vent annonce toujours quelque chose de merveilleux, ils se mirent aussitôt en prières, et en efïet le grand

( i45 ) vent leur apportait Je Saint-Esprît, qui se reposa sur eux en autant de Jan^ues lîe feu. °

Le fait est sûr, car il est consigné

^^^'J^^^ctes des Apôtres, et ce c^m est dans les Actes des Apôtres est d'une venté incontestable, parce que les premiers pères de l'Eglise ne citent aucun passage des Actes des Apôtres, ni des

quatre Evangiles; ce qui prouve qu'ils ies connaissaient parfaitement. »

Revenons. Voilà les apôtres qui ont reçuleSaint-Esprit,voilàleSaint-Esprit qui les conduit, qui les inspire, et voilà leSaint-Esprit qui ne croit pasnonpius a la divinité de Jésus.

II fait dire à Saint Paul, bien plus

savantquesesconrrères,pauvres diables qnilmenaitparle nez, il lui fait dire chap.Y^Ep. au^ Romains:

Le don de Dieu s'est répandu sur

nous par la grûce donnée à un seul homme , qui est Je'sus-Christ.

A un seul homme , entendez-vous ?

Saint Paul dit ch. VIII : Nous , les he'riliers de Dieu , et les cohéritiers du Christ.

Et ce passage de son Epitre aux Philippiens : Croyez mutuellement par humilité, que les autres vous sont supérieurs y ayez les mêmes sentimens que Jésus-Christ , qui étant dans l'empreinte de Dieu ^ n'a point cru sa proie de s'ésjaler à Dieu.

Origène, dans son Commentaire du Jean , s'exprime précisément* comme saint Paul :

La grandeur de Jésus , dit-il ^ a pîus éclaté quand il s'est humilié, que s'il eût fait sa proie d'être égale a Dieu • ce qui ne veut pas dire, comme le prétendent certains docteurs, imitez

Jësus, qui n'a pas cru que c'était une proie , une usurpation de s'égaler à Dieu.

Et ces deux passages du même apôtre, bien plus remarquables encore.

Que le Dieu de notre Seigneur Jësus- Christ vous donne l'esprit de sagesse.

Aux Ephésiens , chap. i

Vous avez rendu Jésus de peu inférieur aux anges , en le couronnant de gloire. Aux Hébreux , chap. 1 1.

Croyez-vous qu'Eusèbe , évéque de Césare'e , ne sût pas sa religion telle qu'elle était de son temps ? Voilà ce qu'il dit, lù>. i , chap. il de son Iiis~ toire ecclésiastique :

Il est absurde que la nature non engendre'e , immuable du Dieu tout-puissant , prenne la forme d'un homme.

Justin , dajis son Dialogue avec Triphon-j TerluUien , dans son Dis-

( i48 ) cours contre Praxeas ^ s'expriment de même.

Si votre confesseur rejette l'autonté d'Eiisèhe , de Justiji et de Tertiilien , il faut qu'il se soumette îi celle des apôtres : il faut ou que saint P^ul ait raison , ^u que le Saint-Esprit se soit trompe' , ou qu'il ait trompé saint Paul. Dites à votre confesseur de choisir.

Parbleu ! mon cher puisque nous prouvons que Jésus n'était pas Dieu , qu'il ne le croyait pas , que ses apôtres ne le croyaient pas , que leurs successeurs immédiats ne l'ont pas cru , que le Saint-Esprit ne le croyait pas alors , nous pouvons , sans trop nous-écarler, examiner à quelle époque il plut au Saint-Esprit de changer d'avis.

Ce fut trois cent vingt-cinq arts après la mort de Jésus-Christ , que

( 49 ) Constantin jugea à propos d'assembler à Nicëe un concile composé de deux cent quarante-sept évéques, vous savez que les évêques assembles en concile , sont inspirés de droit par le Saint-Esprit , en leur qualité de successeurs des apôtres.

Le Saint-Esprit inspira à dix-huit de ces évêques j que Jésus n'était pas Dieu , et ils se fondaient sur ces paroles du Christ : Mon père est plus grand que moi. Il inspira a deux cent quatre-vingt-dix-neuf évêques que Jésus était Dieu , et ils se fondaient sur ces paroles : Mon père et moi , nous sommes la même chose. Le Saint-Esprit se répliquait à lui-même : Cela veut dire , mon père et moi , nons avons le même dessein , la même volonté ; et cette interprétation s'accorde parfaitement avec ces paroles, mon père est plus grand que moi. Le Saint-Esprit,

( i5o ) sans avoir égard à sa réplique , qui n' était pas bête, soufïla aux deux cent quatre-vingt-dix-neuf de proclamer J ésus Dieu. Depuis ce temps-là , c'est toujours Tintérétdu plusgrand nombre cjui,dansles grandes assemblées, forme une majorité. Il est en effet plus beau d'être les interprètes d'un Dieu , que d'un homme.

En 359 , il y eut encore un grand concile assemblé à Rimini et à Séleucie . quatre cents évêques à Rimini , et deux cents h Séleuciej Le Saint-Esprit présidait des deux côtés , et comme il tient de la nature de Dieu le père , qui ne sait jamais ce qu'il veut, le Saint-Esprit défit à ce concile ce qu'il avait fait trente-quatre ans auparavant. Il dépouilla Jésus de sa divinité , et on en revint au sentiment de saint Paul.

( i5i ) Le Saint-Esprit, qui n'est pas longtemps du même avis , en changea encore au concile de Constantinople , convoqué en 38i . A celui-ci, le Saint- Esprit s'analliematisa lui-même , en insnirant aux pères d'anatlieraatiser le concile de Rimini. Jésus fut rétabli dans tous les droits de la divinité , et il les a conservés depuis. Si le cher homme revenait au monde , il serait bien €tonné.

Ce n'était rien que d'avoir fait Jésus Dieu , si on n'arrangeait sa nature divine avec sa nature humaine. Au second concile d'Ephèse , en 449? 1^ Saint- Esprit lit une école , il décida que Jésus n'avait qu'une nature ; ce qui est impossible, puisqu'il est Dieu, et que nous lui connaissons ime nature humaine. Il est vrai que l'opinion du Saint-Esprit éprouva quelques contra-

( i5a ) diciions^ mais il inspira aux pères de se battre à coups de bâton , et il ramena les mutins à son avis.

Le Saint-Esprit ne tarda pas à s'a~ percevoir qu'il avait fait une sottise ; et deuï ans après , au concile de Calcédoine^ en 45i , il défit ce qu'il avait fait deux ans avant. Il fut de'montré que Jésus a deux natures.

Plusle Saint-Esprit opérait, et moins il s'entendait lui-même. Après avoir donné deux natures à Jésus , il ne savait plus si Dieu homme devait avoir une volonté , ou deux volontés. Deux Tolontésàlafoislui paraissaient bien fort- Une seule volonté lui paraissait bien simple j et comme on gagne toujours , en métaphysique , à embrouiller les affaires , le Saint-Esprit trouva trèsbon , au concile de Constantinople , en 680 , de donner à Jésus deux volontés.

Ci53) Je ne sais pourquoi il ne soufïla point aux pères de faire un mystère de ces deux Yolonle's, car un être qui à la fois veut et ne veut pas , est tout aussi difficile à comprendre que bien d'autres choses.

Nous avons vu quand, comment, et par quel motif on fit un Dieu de celui que ses apôtres regardaient comme un homme , et ils devaient en savoir quelque chose. Examinons ce qu^ëtait le christianisme à sa naissance.

Une secte juive , pas autre chose , et prouvons. ,

Dans les premières anne'es de la mort de Je'sus, les Juifs e'taient divisés en dix sectes , car on dispute toujours sur ce qu'on n'entend pas.

Ces sectes étaient les Pharisiens, les Saducéens^ les Esséniens, lesJudaites,

les Thérapeutes , les Récabites , les Hërodlens, les disciples de Jean et les disciples de Christ,

Les disciples de Christ étalent tellement juifs, que saint Paul circoncit son disciple Tijnothée dans la ville de Listre. Il dit, chap. i Ep. aux Romains , la circoncision est utile , si vous observez la loi. Si vous la violez, votre circoncision devient prépuce Le vrai juif est celui qui est

juif intérieurement. Voilà du positif^ mon cher abbé.

L'apôtre Jacques dit à Paul ^ chapitre 2 1 des Actes des Apôtres : prejiez-les avec vous , purifiez-vous , et que tout le monde sache que ce qu'on dit de vous est faux , et que vous continuez à garder la loi de Moyse.

Paul dit à Festus ces propres mots , chap. 25 des ActeH : Je n'ai

( ^35 ) péché ni contre la loi juive , ni ron-* ire le temple. Qu'en dites-vous , l'abbé ?

Puisque vous êtes juifs, pourquoi persécutez -vous les juifs ? pourquoi les brûlez-vous en Espagne ? pourquoi , puisque vous les brûlez ^ vous assemblez-vous tous les dimanches pour chanter leurs pseaumes, leurs prophéties , leurs cantiques , traduits en mauvais latin , pour la commodité de ceux qui n'entendent pas l'hébreu , traduits en français pour la commodité de ceux qui n'entendent pas le latin ? Quand les traduira-t-on dans la langue de la raison pour la commodité de ceux qui n'aiment pas les inepties ?

« Mais, monsieur , vous niez l'au- « thenticité de nos livres , et vous « nous les opposez sans cesse. — Que « voulez-vous que je vous oppose ,

( i56 ) « mon cher abbc ? vous avez de mauw valses armes, j'en conviens j mais ce « sont les seules que je puisse tourner M cantrc vous. Je poursuis : »

Les douze premiers membres de cette secte juive venaient de recevoir le Saint-Esprit j ainsi que nous Tavons vu plus haut, et dès leur première assemblée , saint Pierre se querelle avec saint Paul , pour savoir s'il faut observer les rites juifs, ou les abandonner.

Peu après , autre querelle a Antioche entre Pierre , Jacques et Jean d'une part , et Paul de l'autre , pour savoir si on pouvait manger ou non des viandes étouffëes , de la chair des animaui qui ont le pied fendu ^ et qui ruminent.

Querelle qui prouve qu'ils e'taient encore juifs, querelle qui prouve aussi que déjà ils ne s'entendaient pas. Le Saint-

( i57 ) Esprit aimalt-il le grabuge dans ce temps-là, comme dans celui des conciles. Si tel e'tait son goût , il fut servi à souhait, car dans le premier siècle du christianisme , quarante ans après que les Chrétiens se furent totalement séparés des Juifs , on comptait plus de cinquante petites sectes qui ne s'accordaient pas plus que saint Pierre et saint Paul : les Nazaréens , les Galiléens , les Bazihdiens , le Gérinthiens , les Sociniens n'existent plus. A ceux-là en ont succédé d'antres d'année en année , et de siècle en siècle. Dans tous les temps, on voit les membres de l'Eglise de Dieu , disposés à s'arracher les yeux.

Une dès plus anciennes de toutes

ces sectes, est celle des Gérinthiens.

Ils soutenaient que Jésus n'était pas

mortj et que Simon le Cirénéen avait

( i58 ) été crucifié en sa place. Ephiphan.

Hoer. chap. 28. Voilà, dès le berceau de TEglisCj des chrétiens qui nient la mort , et par conséquent la résurrection de Jésus-Christ. Quant à la conséquence, je suis très - Cérinthien.

Les Sociniens refusèrent constamlïieiit de reconnaître la divinité de Jésus, et ils donnaient leurs preuves j car il n'est pas de secte qui n'ait ses preuves incontestables. Us citaient celles que j'ai tirées de saint Paul, d'Eusèbe, de Justin et de Tertullien. Il était difficile de leur répondre; aussi persévérèrent-ils dans leur abominable hérésie , malgré la décision du concile de Nicée.

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