‹ Le citateurChapitre 7 sur 12 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Il n'est pas de mince société qui ne soit bien aise d'avoir ses archives ; les capucins même avaient les leurs. Les Chrétiens commencèrent bientôt à se faire des livres. Déjà divisés, sur plusieurs points de leur croyance, chacun écrivit d'après son opinion, chacun écrivit isolément. Personne ne m'a dit cela ; mais, pour s'en convaincre, il ne faut que comparer les livres qui passent pour être les plus saints. Tout y est pièces de rapport, tout y est contradictoire. Le Saint-Esprit n'est pas plus adroit là qu'ailleurs, c'est toujours l'halDit d'Arlequin.

On fit d'abord beaucoup d'évangiles. Chacun était bien aise de faire parler Jésus selon ses petits intérêts, et c'est tout simple : aussi pourquoi Jésus n'a-t-il rien écrit? Considéré comme le fils d'un pauvre charpentier, son ignorance n'a rien qui étonne; considéré comme Dieu, puisqu'il l'a été trois cent vingt-cinq ans après sa mort, c'est autre chose. Ne valait-il pas mieux qu'il écrivît de bonnes vérités, bien claires, bien utiles, bien convaincantes, que de déranger à tort et à travers l'ordre de la nature, sans obtenir, de tant de tracas, le moindre résultat heureux?

Dieu-Jésus s'étant tu, d'autres firent Tévangile de la Nativité, l'évangile de l'Enfance,

révangile de Nicodémie, et cfuarante-sept autres évangiles. On forgea des lettres de Jésus-Christ à un prétendu roi d'Edesse, des lettres de Marie, des lettres de Sénèque à Paul, des lettres de Pilate à Tibère. Lactance supposa des oracles de Sibylles en faveur du Dieu-Jésus, etc., etc. La quantité de ce livre est innombrable.

Vous savez, ou vous ne savez pas, qu'à ce même concile où Jésus fut proclamé Dieu, les Pères embarrassés sur le choix de cette multitude de livres extravagants ou contradictoires, crurent ne pouvoir mieux faire que de s'en rapporter à celui qu'on venait de diviniser.

11 était assez naturel que le nouveau Dieu daignât, par reconnaissance, mettre fin à tant de tracasseries et à tant d'incertitudes. On mit donc tous les livres sur l'autel, et on pria Dieu-Jésus de faire tomber toutes les œuvres apocryphes.

Ils tombèrent, ma foi, ils tombèrent d'euxmêmes; c'est moulé dans l'histoire des Conciles. Mais ce que cette histoire ne dit pas, c'est que Jésus eût bien fait de faire tomber aussi l'Apocalypse, que je le défie d'entendre tout Dieu qu'il est. Il eût bien fait de supprimer certains passages des Actes et des Epîtres des Apôtres, qui prêtent trop à la critique. Il eût bien fait de faire tomber trois de nos .quatre Evangiles, parce qu'il y a entre eux certaines petites différences dignes d'être remarquées .

Saint Luc, par exemple, nous apprend que Marie fit circoncire son fils le huitième jour,

et qu'elle fut se purifier au temple à l'époque ordinaire. Il n'est pas question ni d'alarmes ni de fuite ; tout suit l'ordre habituel.

Saint Luc ajoute qu'après que Marie se fut purifiée au temple, elle retourna avec Joseph et Jésus à Nazareth, leur ville, et qu'ils venaient tous les ans faire la Pâque à Jérusalem. Ils ne craignaient donc rien des fureurs d'Hérode.

Saint Matthieu, qui nous conte l'histoire du massacre, ajoute, lui, que Joseph et Marie emportèrent aussitôt Jésus en Egypte, de peur qu'il ne fût égorgé comme les autres. Matthieu voulait être conséquent, à la bonne heure. Mais le Saint-Esprit ne l'est guère, en dictant à Matthieu d'une façon, et à Luc d'une autre.

Venons au secours du Saint-Esprit; tironsnous de là en théologien. Il est constant que, pour humilier notre faible raison, ces deux passages paraissent opposés; mais il est évident qu'ils disent la même chose.

Ce n'est pas la seule fois que notre faible raison est humiliée.

Saint Luc et saint Matthieu ne s'accordent pas encore sur la généalogie qu'ils donnent à Jésus-Christ.

Saint Marc dit qne Jésus mourut à la troisième heure; saint Jean le fait mourir à la sixième.

oc Halte-là, monsieur, dit l'abbé, vous sa- '< vez qu'alors on ne divisait pas le temps oc comme aujourd'hui. — Je sais, mon cher « maître, que leur troisième heure est pour « nous neufheures du matin; que leur sixième

« heure est midi. Mais puisqu'ils écrivaient « dans le même temps, ils ont dû compter de a même. Vous ne me persuaderez pas que l'on « ait divisé le temps à la manière juive, et « l'autre à la française. Contradiction, l'abbé, <' contradiction. »

Selon Marc et IMattbieu, les femmes qui allèrent au sépulcre virent un ange." Selon Luc et Jean, elles en virent deux.

Selon les uns, ces anges étaient en dehors du tombeau ; selon les autres, ils étaient au dedans.

Matthieu dit que Jérémie a prédit que le Christ serait trahi pour trente pièces d'argent, et il n'y a pas un mot de cela dans Jérémie. J'en suis lâché, mais voilà l'Evangile qui ment.

Et le mensonge est si bien avéré, que saint Jérôme, votre grand saint Jérôme, le plus éloquent des Pères du désert, dit, de Opt. gen. interpret., que les citations de saint Matthieu ne s'accordent pas avec la version grecque. Quanta sit inter Matthxum et septuaginta verborum ordioinisque discornia, sic admiraberis si hebraicum videas, sensusque contrarius est.

— Il est dur pour vous, mon cher abbé, qu'un de vos plus grands saints donne un démenti formel à TEvangile, et saint Jérôme n'a pas tout relevé, Saint Luc, après nous avoir fait le détail du cortège brillant et bruyant au milieu duquel Dieu viendra juger les vivants et les morts à la fin du monde, ajoute : En vérité, je vous dis que la génération actuelle ne passera point que tout cela ne s'accomplisse. 11 s'est écoulé bien des gé

nérations depuis ce temps-là. Encore un men songe.

Saint Pierre a dit : Nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre. Ep., ch, 4. Encore un mensonge.

Saint Paul ment comme les autres, ou d'après les autres.

Il dit aux habitants de Tliessalonique, v. 16: Car aussitôt que le signal aura été donné par larchange et par la trompette de Dieu, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui seront morts en Jésus-Christ ressusciteront les premiers.

Et V. 17 : Puis nous, qui sommes vivants et qui serons demeurés jusqu'alors, nous serons emportés avec eux dans les nuées, pour aller au devant du Seigneur au milieu de Tair, et ainsi nous vivrons pour jamais dans le Seigneur. Au reste, cette opinion de la fin prochaine du monde fut soigneusement entretenue pendant plusieurs siècles. Une multitude de donations aux moines commençaient par ces mots : Adventante mundi vespero, etc., ce qui veut dire : La /in du monde approchant; et les moines, qui annonçaient la fin du monde, prenaient toujours. Revenons à nos livres.

Pourquoi Paul reprend-il Pierre qui judaïsait, lorsqu'il judaïsa lui-même pendant huit jours dans le temple de Jérusalem, d'après le conseil de saint Jacques ?

Pourquoi écrivait-il aux Galates : Si vous vous faites circoncire, Jésus no vous servira de rien; et, après avoir écrit cela, il circoncit son disciple Timothée?

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Pourquoi écrit-il aux Corinthiens, Ep. il : Je ne pardonnerai à aucun de ceux qui ont péché, ni aux autres? A qui donc pardonnera-t-il ?

Pourquoi déclare t-il devant le grand-prêtre qu'on le persécute parce qu'il est Pharisien? Il ment, parce qu'il était Chrétien. Il ment parce qu'on ne persécutait pas les Pharisiens et ce nest point par ignorance qu'il ment ici. Il ment sciemment et contre sa conscience. Act. Apost. cap. xxiii, u 6.

Au surplus, saint Pierre lui avait donné l'exemple ; il avait commencé son apostolat par renier son divin maître, comme Aaron avait commencé le sien par l'adoration d'un veau d'or.

Pour la seconde fois , mon abbé était exaspéré. — Là, là, lui dis-je, remettez-vous. Erasme, qui vous valait bien, étourdi de tout cela comme vous, huit comme vous par ne plus savoir ce qu'il dit. Il avoue que l'Esprit divin permettait aux apôtres de s'égarer. Spiritiis ille diviniis mentium apostolicarum moderator, })assus est, suos igno rare quœdam et labi. In Matthse., llb. 11. Mais Erasme a tort; un théologien ne doit pas faire de ces aveux- là. Ne croyez pas, au reste, que les premiers Chrétiens fussent plus d'accord que nous sur leurs livres. Les AUoges, les Théodosiens, rejetèrent toujours celui de saint Jean ; ils en parlaient avec mépris, à ■ ce que nous apprend saint Epiphane, dans sa 34e Homélie.

Mais aussi, messieurs, pourquoi n'avoir pas supprimé ou refait tous ces livres-là, lorsque vous seuls saviez lire, lorsque l'im-

primerie ne les avait pas mis dans les mains de tout le monde ? Ali ! c'est que vous avez cru que les hommes croupiraient dans Tignorance où vous les entreteniez, selon le passage de l'Evangile : ^ Bienheureux les pauvres d'esprit. »

Je vous ai déjà dit que les Pères de l'Eglise, jusqu'à Irénée, ne citent aucun passage des quatre Evangiles. Vous vous fâcherez encore si vous voulez, l'abbé, mais je les crois faits après coup, ôt je vous prouve qu'ils sont mal faits.

Nous venons de voir que les premiers Chrétiens attendaient la fm du monde et la résurrection des morts. Ils croyaient donc à une autre vie, et par conséquent à une âme immortelle. La plupart des sectes juives rejetaient cette opinion; les pharisiens l'admirent, et Jésus n'aimait pas les Pharisiens. Jésus aurait-il été matérialiste? Cette idée me rappelle un mot de Pic de la Mirandole à Alexandre YI : Je crois, le bon Dieu me pardonne, que votre sainteté n'est pas chrétienne. — Je ne le crois pas non plus, lui répondit le pape.

Que Jésus ait été matérialiste ou non, mon confesseur compte bien sur la résurrection générale; mais ie marquis d'Argens et Voltaire, qui n'en savent pas tant que mon confesseur, trouvent de grandes difficultés dans cette affaire là. Voilà comment ils s'expriment à peu près :

Chaque homme reprendra, dit-on, précisément le même corps qu'il avait. Diable! c'est beau, ça !

Mais comment chacun retrouvera-t-il ses membres ? Notre corps est, pendant la vie, dans un changement continuel. Nous n'avons rien, à cinquante ans, du corps oùétait logée notre âme à vingt.

Un enfant meurt dans le ventre de sa mère, juste au moment où il vient de recevoir une âme. Ressuscitera-t-il fœtus, ou garçon, ou homme ? Si fœtus, à quoi bon ? si garçon ou homme, d'où lui viendra sa substance?

c Un soldat va au Canada. Il se trouve que, par un hasard assez commun, il manque de nourriture. Il est forcé de manger d'un Iroquois qu'il a tué la veille. Cet Iroquois s'était nourri de jésuites pendant deux ou trois mois. Une partie de son corps était devenue jésuite. Voilà le corps de ce soldat composé d'Iroquois, de jésuites et de tout ce qu'il a mangé auparavant. Comment chacun prendrat-il précisément ce qui lui appartient, etc,etc.

a Hé, monsieur, me dit mon confesseur, ne a voyez-vous pas que Dieu créera de la chair '< pour compléter les corps incomplets? — « Et ceux dont il ne sera rien resté du tout? « — Croyez-vous qu'il soit difficile à Dieu de <c les créer en entier? — Mais, mon cher '( maître, s'il y a création en tout ou en « partie, ce n'est plus résurrection. Et com- « ment ces milliards de milliards de corps « tiendront-ils dans la petite vallée de Josa- « "phat, où on ne ferait pas entrer dix mille '( hommes? — Hé, monsieur, ils y tien-

ft dront , ils y tiendront les uns sur les

<t autres. — Mon cher maître, Dieu nous Œ garde d'être dessous.

« Dites-moi un peu dans quel état nous rescc susciterons. Dieu n'aura pas conservé nos « liabits, comme ceux des Hébreux du déa sert. — Je suis, pour cette fois, de votre « opinion, Monsieur. Oui, nous ressuscite- « rons nus, et ce qui me le fait croire, c'est « qu'Origène, saint Jérôme, saint Atlianase, « saint Basile croient que les femmes ne a ressusciteront point avec leur sexe. — Ces « saints-là sont bien modestes; mais si les « femmes ressuscitent sans sexe, dites-moi « ce que les hommes feront du leur ? Si cer- « tain bijou ne doit servir à rien, ce n'est pas « la peine qu'il ressuscite; et puis, docteur, « pourquoi le laisser voir aux femmes inha- « biles à en user? Dieu voudrait-il renouve- « 1er sa farce usée du fruit défendu? La « reine Cléopâtre demandait très sérieuseœ ment aux Juifs d'Alexandrie, c'est-à-dire « aux principaux d'entre eux, qui lui parce laient résurrection, si les femmes ressusci- «c teraient nues ou habillées. Ces pauvres a diables, qui n'en savaient pas aussi long « que saint Anathase et compagnie, restèrent « muets, et la reine prononça que les fem- « mes ressusciteraient habillées, parce que « peu d'entre elles gagnent à se montrer a sans chemise, et que nous, êtres fantas- « ques, nous voulons toujours voir ce qui est « caché, sauf à être punis de notre curiosité. '( 0 Cléopâtre! Cléopâtre! de la coquetterie, « même au moment de la résurrection ! vous « étiez bien femme, grande reine. »

Cette discussion nous mène droit en enfer, où doivent aller les quatre-vingt-dix-

neuf centièmes des hommes, ainsi que Dieu le père l'a arrangé dans sa sagesse. Dieu-Jésus y est descendu après sa mort, et ne nous en a rien appris après sa résurrection : ce Dieulà ne fait jamais rien à propos. Enfin, il y est descendu, le fait est devenu article de foi. Voyons un peu quand on a imaginé ce dogme-là.

Notre symbole s'appelle Symbole des Apôtres, et les apôtres ne parlent pas de leur symbole. Il est fort extraordinaire que saint Luc ait oublié d'insérer cette pièce importantedans sonEvangile; que saintPaul, grand écrivain, n'en dise pas un mot. Ah ! je vois ce que c'est, c'est qu'il n'y avait pas de symbole. En effet, un prêtre d'Aquilée, nommé Ruffin, est le premier qui en parle, quatre conts ans après la mort de Jésus.

Du temps de saint Irénée, on avait un symbole essentiellement différent du nôtre. De concile en concile, on le changea, on le mitigea, selon que le Saint-Esprit supprimait ou inspirait de nouveaux articles de foi.

Au premier concile de Constantinople, convoqué, en 381, par l'empereur Théodose, on le finit à peu près. Toujours l'habit d'Arlequin, toujours des pièces et des morceaux.

Enfin notre Credo, tel que le Saint-Esprit l'a fait en six ou sept fois, doit être du cinquième siècle, car jl est postérieur à celui de Constantinople, et c'est dans celui-là que Jésus descend aux enfers.

Je le répète, messieurs, il est maladroit à vous, lorsqu'un homme qui savait lire était

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un être si étonnant, si précieux, qu"en France, en Angleterre, en Allemagne, on lui accordait sa grâce, quel que fût le délit, ce qui s'appelait héw'fice de Clergie, il est maladroit à vous de n'avoir pas intercalé dans les Evangiles, dans les livres des Apôtres, quelque petit passage innocent qui appuie cette descente aux enfers : saint Jérôme et saint Augustin, qui en parlent les premiers et qui, sans doute, avaient puisé à la source, auraient dû nous dire ce que c'est que cet enfer, et où il est. C'est peut-être le trou de Saint-Patrice en Irlande, dont on trouve les détails merveilleux dans la Bibliothèque bleue. Lisez, je vous prie, Ihistoire de lenfer de saint Patrice; c'est un excellent livre, et il ne coûte que la bagatelle de six sous.

Ah! je me rappelle... Saint Pierre dit, dans sa première Epître (et Dieu sait où le pêcheur de turbots a appris à écrire), il dit dans sa première Epître. faite par lui ou par un autre : Le Christ est mort une fois pour nos péchés... mort, à la vérité, en chair, mais ressuscité en esprit, par lequel il alla prêcher aux esprits qui étaient en prison. Voilà une autorité irrécusable en faveur de la descente aux enfers. Mais,

Ressusciter en esprit, ne veut pas dire que son corps sortit du sépulcre le troisième jour. K me semble que cela veut dire que le corps resta, et ici saint Pierre, loin d'être orthodoxe, est héritique. Le voilà de l'avis des Corinthiens. Mais,

Prêcher les esprits qui étaient en prison,

ne veut pas dire prêcher les saints, parce que le paradis n'est pas une prison. Cela ne veut pas dire non plus prêcher les âmes du purgatoire, parce que, du temps de saint Pierre, le purgatoire n'était pas inventé. C'étaient donc les damnes que Dieu-Jésus prêchait. Prêcher des gens condamnés pour l'éternité tout entière, des gens qui ne peuvent rien gagner en samendant. c'est se moquer d'eux; c'est une mauvaise plaisanterie. Dieu-Jésus était donc goguenard? Je ne crois pas qu'aucun Père de l'Eglise, qu'aucun docteur de Sorbonne même, ait fait ces petites et insignifiantes observations; mais je sais que le Saint-Esprit s'aperçut, plus tard, qu'il était absurde d'envoyer Jésus aux enfers, où il n'avait que faire, à moins qu'il n'y allât pour attiser le feu.

Comme une pièce de plus, une pièce de moins ne fait rien à un habit d'Arlequin, le Saint-Esprit souffla au cinquième siècle à un nommé Pierre Chrysologue. garçon reconnu pour être inventif, qu'il y avait des limbes. Ces limbes sont un enfer adouci, un faubourg d'enfer, comme les appelle le vieillard de Ferney. C'est dans ces limbes que, par rétroaction, et de son autorité privée, Pierre Chrysologue logea les patriarches morts sans baptême, et c'est de là que Dieu- Jésus vint les tirer. Ceci explique et concilie tout. C'est dommage qu'on se soit avisé si tard de cet avisoirc-lù.

On s'avisa plus tard encore du purgatoire, et je ne sais quand on s'en avisa. J'en suis fâché, car je n'ai rien de caché pour vous,

docteur, et je vous le dirais tout de même. Ce que je puis vous assurer, c'est que les anciens Brachmanes, environ 3500 ans avant la naissance de Jésus-Christ, avaient inventé un purgatoire où les anges rebelles devaient passer mille ans. J'ai oublié cela dans mon premier chapitre, et je vous en demande pardon.

Ce que je puis vous assurer encore, c'est que ceux d'entre les Chrétiens qui adoptèrent les premiers le purgatoire, furent traités d'hérétiques. Saint Augustin condamne ouvertement ley disciples d'Origène, qui admettaient ce lieu de purgation un peu dur. à la vérité ; mais on tire les âmes du purgatoire avec des prières; on n'a des prières qu'avec de l'argent, et les parties intéressées soutinrent le dogme du purgatoire, en dépit de saint Augustin.

C'est assez parler enfer, limbes et purgatoire. Que notre Dieu rusé, vindicatif et barbare tourmente tant qu'il voudra ses créatures, qui ne sont que ce qu'il les a faites, à la bonne heure. Une nous tient pas encore, et voyons un peu ce que c'est que son saint paradis, où il est si difficile d'entrer. Voyons s'il vaut les sacrifices qu'on nous impose. Nous reviendrons après à ces sacrifices dont tout le monde parle, et que personne ne fait.

Le paradis... le paradis... ah! vous êtes impatientes, mesdames, vous brûlez de savoir si vous y serez toujours belles, si vos amants y seront constants, si vous seules y jouirez du doux plaisir de l'inconstance, si vos sens

bornés ici-bas, s'étendront en proportion de vos désirs. Je lis dans vos yeux, vous voulez bien des choses: mais ces biens ineffables ne se gagnent pas en courant les bals, les spectacles, les rendez-vous. Voyons cependant en quoi consistent ces biens ineffables.

Vous goûterez par le sens de l'ouïe le plaisir des sens, dit saint Augustin, chap. 2 et 3, 71° 149. Voilà pourquoi les petites filles de quinze ans, bien élevées, et qui savent bien leur catéchisme, croient encore que les enfants se font par l'oreille.

Vous ne cesserez jamais de jouer de la guitare et de chanter. Chanter pendant toute l'éternité, c'est un peu long; mais Plazzale veut ainsi, page 606. Il dit encore, ce Piazza, que vous aurez trois mobilités; des plaisirs sans chatouillement, des caresses sans mollesse, des voluptés sans excès. Je ne sais si Piazza entend par ces paroles les jouissances de la musique; mais j'avoue que je ne sais pas ce que c'est que trois mobilités, et je soupçonne fort le docteur Piazza de ne pas le savoir plus que moi.

Les bienheureux seront rassassiés sans dégoût, et ils jouiront de la santé sans maladie... Sans maladie! dit finement saint Prosper, n° 232.

Et saint Thomas, mesdames, c'est lui qu'il faut lire, et je suis certain que vous ne l'avez pas lu. N'avoir pas lu saint Thomas, surnommé, à si juste titre, Vange de V école! Avant de vous rapporter ce qu'il dit du paradis, je veux vous donner un échantillon de son style et de ses idées.

Il nous dit que les anges sont corporels, par rapporta Dieu : ils devraient plutôt Tètre par rapport à nous, qui ne pouvons voir des esprits.

Il nous dit que lame reçoit son être dans le corps; ce qui revient à mon système... Vous vous rappelez bien? Dieu à sa voûte de cristal, et soufflant des âmes quand vous faites, mesdames, ah! ah! ah!...

Saint Thomas ajoute que l'âme est végétative, sensitive et intellectuelle. Sensitive, peut-être; intellectuelle, sans doute; végétative, non : elle serait matérielle.

Il assure que 1 ame est tout en tout, et tout en chaque partie. Ce cher homme-là nous triple, nous décuple les âmes, comme on a fait de la sainte Trinité, et de Dieu-Jésus dans la très sainte Eucharistie.

Il demande quelle est la cause efficiente et formelle du corps : que ne demandait-il cela à son père? Moi, qui ne suis qu'une bête, j'ai toujours cru que la cause des corps étai<t dans la semence.

Il nous apprend que le baptême régénère par lui-même, et par accident. S'il régénère par lui-même, à quoi bon l'accident?

Saint Thomas, mesdames, afail de gros volumes dans ce genre-là, et ces gros volumes lui ont fait une grosse réputation. Supplément au chapitre des réputations usurpées. Je conçois aisément que l'échantillon que je viens de vous donner du savoir-faire de l'ange de l'école ne vous donnera pas la tentation de le lire. Pourquoi ce maudit arbre de la science ne ressemblait-il pas aux œu-

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vres de saint Thomas ? Vous n'y eussiez pas touché, mesdames

Peu satisfaites de ce que saint Augustin, Plazza, saint Prosper, disent du paradis, si vous voulez savoir ce qu'en pense saint Thomas, dût-il déraiso-nner là-dessus comme sur le reste, eh bien ! mesdames, voilà ce qu'il en dit, supplém , part., 3, 9, 8, 4 :

L'odorat des corps glorieux sera parfait, et l'humide ne l'affaiblira pas. Je conçois parfaitement qu'une âme n'ait pas de pituite ; mais je ne trouve pas la félicité suprême à avoir le cerveau sec.

Il dit dans sa part. 1, quest. 102, qu'il y a trois paradis, le terrestre, le céleste, le spirituel. Il est assez difticile qu'une âme ou qu'un corps soit dans trois paradis à la fois. Le nombre trois était alors de mode, et nous ramènera tout naturellement à la sainte Trinité, qui vaut bien qu'on s'en occupe un peu.

Voilà, mesdames, tout ce que je puis dire du paradis, et j'ai invoqué les autorités les plus respectables. Vous froncez le sourcil? ce paradis-là ne vous tenterait-il point? Vive celui de Mahomet, n'est-ce pas ? Ce coquin de Mahomet connaissait le cœur humain mieux que nos pères de l'Eglise.

Mais savez-vous, mesdames, que, bien que le paradis des Chrétiens vous paraisse insipide, il y a bien des choses à faire pour l'obtenir, et, toutes réflexions faites, il vaut mieux encore faire des enfants par l'oreille, ou avoir le cerveau sec, que de brûler pendant toute une éternité : c'est bien long, toute une éternité?

Examinons ce que vous avez à faire pour vous garantir de la grillade ; nous reviendrons après à la très sainte Trinité.

Vous observerez d'abord, mesdames, que, selon nos chers abbés, il n'y avait point de véritable vertu sur la terre avant que Dieu-Jésus nous apportât la sienne. Il existait pourtant avant lui des sociétés anciennes et nombreuses, et il est difficile qu'une société existe sans morale. N'importe; Socrate, Confucius, Antonin, étaient des êtres immoraux. Aristote et Epictète, qui recommandent la pureté dans le discours; TibuUe, qui dit: casta placent siiperis; les Romains, qui avaient des lois contre l'adultère; les Siamois, qui, de l'aveu du P. Tachard, en ont une qui défend non seulement les actions déshonnêtes, mais les pensées et les désirs impurs, tous ces genslà étaient des monstres.

Voyons donc ces vertus sublimes si audessus de celle de ces malheureux païens. D'abord, vous aimerez Dieu par-dessus toutes choses, et votre prochain comme vous-même. Nous avons trouvé que ce Dieu-là n'est pas aimable du tout; ensuite il n'est pas visible; et comment aimer par-dessus toutes choses un être qu'on ne connaît pas, et dont on entend raconter que des extravagances? Quand l'exécution d'un précepte est impossible, le précepte ne vaut rien.

Quant à l'amour du prochain, c'est autre chose. Il est très doux d'obéir à l'Église, lorsque ce prochain-là se présente sous la forme d'un jeune homme dessiné à peu près comme l'Apollon du Belvédère, n'est-il pas

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vrai, mesdames? mais vouloir que l'amour du prochain s'étende sur tous les hommes, c'est trop. Ce ne serait pas assez d'un cœur, et puis votte directeur vous dirait, mesdames, que vous êtes des catins, car ces messieurs se contredisent toujours en morale comme en dogme, et je le prouve tout de suite.

La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, dit le second précepte. Gomment concilier cet amour extrême de Dieu avec cette terreur profonde dont on doit être pénétré devant lui? Encore une balourdise, docteur. Sénèque, qui était bien aussi docteur que vous, dit qu'un homme sensé ne peut craindre les Dieux parce qu'on ne peut aimer ce qu'on craint. Deos neino sanus timct, fur or enim est metuere salataria, nec quisquam amat quod iimet. De Benef., 4.

Ailleurs on conte qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes. Je ne dirais pas non, si cette doctrine-là navait pas formé des Jacques Clément, des Jean Ghâtel, des Ravaillac. C'est avec cette maxime-là que nos chers abbés furent toujours les maîtres des rois ; et rigoureusement parlant, on ne peut pas leur en faire de reproches, car saint Thomas d'Aquin, un de leurs guides spirituels, a formellement prêché le régicide. Voyez les Coups d'Etat, tome II, 2yage 32.

L'Evangile dit : Donnez votre tunique quand on vous vole votre manteau. Quand on vous donne un soufflet, tendez l'autre joue ; c'est fort aisé à dire ; mais si je donne ma tunique quand on m'aura pris mon man-

teau, j'encouragerai le vol, et j'aurai tort. Si je tends l'autre joue quand on me donnera un soufflet, je renonce au soin de ma conservation, qui est le droit naturel, et puis les autres chrétiens mes confrères me montreront au doigt, me mépriseront comme un lâche, et ce sera à qui me donnera des soufflets. Ce précepte-là n'est pas encore bon.

Saint Mathieu dit, chap. 6, v. 25 : Si vous voulez être parfait, vendez ce que vous avez, et donnez l'argent aux pauvres.

Il est très beau d'être parfait, mais il est dur de mourir de faim, et c'est ce qui m'arrivera, si mes confrères les chrétiens ne vendent pas aussi ce qu'ils ont pour m'en donner l'argent. Ce précepte-là favorise ouvertement la fainéantise : il ne vaut rien.

U est très louable, sans doute, de faire l'aumône; mais quand vous la' ferez, mesdames, évitez les pauvres du caractère de saint Pierre. 11 aimait beaucoup qu'on lui donnât, et c'est assez naturel à un homme qui n'a rien ; mais il fit mourir Anania et Zaphira, qui, selon le précepte, lui avaient apporté tout ce qu'ils avaient, à quelque chose près. Or, l'Evangile ne dit pas que les pauvres, à qui on fait la charité, aient le droit d'étouffer ceux qui gardent de quoi vivre.

Vous ne croiriez pas , mesdames , que l'ignorance la plus profonde ait été de tout temps en grande recommandation parmi les chrétiens. Vous me demanderez comment l'ignorance peut être vertu. Je vous dirai que c'est vertu d'humilité. Vous me deman-

derez ce que c'est qu'une vertu qui n'est utile ni à soi, ni aux autres. Je yous dirai que c'est une vertu chrétienne. Voici, au reste, une autorité en faveur de l'ignorance ; saint Jérôme dit : Géometrica, arithmetica habent in sud scientiâ veritatem, sed non ex scientid illâ scientiâ pietatis. Scientiâ pietatis est noscere Scripturas, et intelligere Prophetas, Evangelia credere, Propfietas non ignorare. Ep. ad Titum. Cela veut dire qu'il y a de la vérité dans la géométrie et l'arithmétique ; mais ce n'est pas la science de la piété. La science de la piété est de connaître l'Ecriture sainte, d'entendre les Prophètes, de croire à l'Evangile, de ne pas ignorer les Prophètes. Saint Ambroise et saint Augustin parlent dans le même sens, l'un, de Officiis, lib. i; l'autre, de Ordiniis disciplina.

Avant eux, saint Paul s'était fait apporter et avait brûlé tous les livres qui ne convenaient pas à ses vues. Après eux, saint Grégoire, pape, fit détruire beaucoup de manuscrits, et il agissait conséquemment d'après ses principes. Il aurait dû défendre, sous peine d'excommunication, d'apprendre à lire.

Ce n'est pas tout d'être ignorant, de recevoir des soufflets, de donner tout ce qu'on a, il y a encore des professions qu'il faut soigneusement éviter. Saint Jean Chrysostôme dit qu'un marchand ne peut plaire à Dieu, qu'un Chrétien ne peut être marchand, et qu'il faut le chasser de l'Eglise. Il se fonde sur le passage du psaume 70 : Je n'ai point connu le négoce. Heureusement nos jolies marchandes ne lisent point saint Jean Chry-

sostôme; elles ne manqueraient pas de quitter leurs maris pourvu qu'ils leur déplussent.

Lactance dit, tome i, page 137, qu'un Chrétien ne peut être ni soldat ni accusateur. Ce serait quelque chose de beau que la France sans commerce, sans armées, sans tribunaux. Heureusement on n'est pas du tout dévot en France, quoique pour être de bon ton il le faille paraître beaucoup.

Il est assez extraordinaire que, contre l'avis de Lactance, nos prêtres veuillent bien bénir nos drapeaux. Au moment d'une affaire, chaque parti fait bénir les siens, et son aumônier prie Dieu de lui faire la grâce d'égorger son prochain. Il y a pourtant un parti battu, et ses drapeaux étaient bénis, comme ceux du parti qui chante le Te Deum en action de grâces du sang qu'il a versé. Dans la guerre de la révolution, on ne bénissait pas nos drapeaux ; nous n'avons eu affaire qu'à des drapeaux bénits, et nous les avons menés lestement. Oh! c'est une chose très utile qu'une bénédiction. Je reviens aux vertus chrétiennes.

Ce n'est pas tout, mesdames, d'être ignorant, de recevoir des soufflets, de donner tout ce qu'on a, d'ê're sans commerce, sans armées, sans tribunaux, il faut encore vivre vierge; c'est là le terme de la perfection recommandée par le christianisme, ce Hé ! monsieur, que tous ♦< les hommes veuillent être parfaits seule- « ment pendant quarante ans, adieu le genre " humain. ~ Je le sais bien, mesdames, aussi « le célibat n'est qu'une vertu chrétienne.

« Saint Justin dit que Dieu a voulu naître d'une vierge afin d'abolir la génération ordinaire. — Monsieur, votre saint est un sot. — C'est synonyme, madame. Aussi saint Edouard, le confesseur, fut saint pour s'être abstenu de femmes toute sa vie. Le célibat causa successivement l'extinction de toutes les familles royales saxonnes en Angleterre. Croiriez-vous qu'un moine, nommé Augustin, consulta saint Grégoire, pape, pour savoir combien il faut de temps pour qu'un homme, qui a eu commerce avec sa femme, puisse entrer à l'église, et être admis à la communion des fidèles ? — Ce moine-là est-il saint, monsieur ? — Non, madame. — Il méritait de l'être. — Je suis de votre avis. — Ah ! ça, avez-vous bientôt fini avec vos vertus ? — Encore une petite, madame, dont je ne crois pas qu'aucun père de l'Eglise ait parlé, a — Ce que nous pouvons faire de mieux, sans doute, c'est d'imiter en tout Jésus- Christ. Or Jésus-Christ, mourant volontairement, fut nécessairement suicide: il faut nous tuer tous.,. — Etes-vous tou? — Non. — Vous plaisantez donc ? — Oui.

« Vous ne me contestez pas cependant que les Trappistes et les Carmélites se suicidaient lentement ; mais laissons le suicide qui ne vous plaît pas, et qui doit déplaire à une femme de vingt ans, vive et jolie. Ajoutez aux vertus précédentes, et qui sont de rigueur, les pratiques suivantes, et vous pourrez espérer d'entrer en paradis. — Dans votre vilain paradis où on fait les

a enfants par l'oreille, où on trouve des saint <c Justin, des Augustin moine, et semblable <c canaille ! J'aime presque autant être damcc née. Voyons cependant si vos pratiques a sont aussi ridicules que vos vertus. Quelles « sont-elles ?

« —Prier sans relâche, fréquenter les cgli- ■c ses, renoncer aux plaisirs, vivre dans le £c recueillement et la retraite, faire pénitence, « se mortifier... — En voilà assez, en voilà « assez. Quel bien résulte-t-il pourla société ( de ces pratiques que l'on peut observer ■< sans avoir l'ombre d'une vraie vertu ? — '( Aucun, madame. — Bien certainement je ce ne me mortifierai point. Je me vois d'act vance les yeux caves, les joues tirées, le <r teint livide, je me fais peur.

« —Il est, madame, certain genre de morcc tification qui n'entraîne pas ces suites fu- <( nestes. Celui, par exemple, de saint Adhelme « et du bienheureux Robert dArbrisselle, ne '<■ les empêchait pas d'être frais et gaillards.

< — Et comment se mortifiaient ces deux a messieurs-là?

« — Madame, saint Adhelme et le bienheu- « reux Robert d'Arbrisselle couchaient avec

< les plus jolies filles de leur temps, afin « d'exciter l'aiguillon de la chair, et d'avoir << le mérite d'en triompher. Les jolies filles « revenaient tous les jours, parce qu'elles a étaient en sûreté avec les hommes saints, '< ou peut-être parce que... et les mamans a trouvaient cela très bien.— Ces mamans-là <r étaient des imbéciles. — C'étaient des « fômmes selon Dieu-Jésus.

LE GITATEUR 119

« Prétendez-vous, monsieur, que je sois « aussi une femme selon Dieu-Jésus?

« —Je ne prétends rien, madame.— Ce n'est « pas au moins que je ne me croie assez ce sûre de moi pour craindre de coucJier entre « deux jeunes gens. — J'en suis persuadé, « madame, et puis on éteint la bougie.— Pas « du tout, on la laisse allumée. Plus il y a « de danger, plus il y a de mérite, n'est-ce « pas? — Certainement, madame. Votre bras oc arrondi, votre main potelée peuvent même ce s'étendre... — Sans doute, danger de plus « encore. — Et mérite de plus, madame. — « Ah, ça! mais mon mari! — Votre mari, a madame, est un homme du meilleur ton, ce et, pour paraître tout à fait chrétien, il « doit renoncer à vos appas; d'ailleurs, s'il « était récalcitrant, son curé n'aurait qu'un '< mot à lui dire : Madame est disciple de ce saint Adhelme et du bienheureux Robert ce d'Arbrisselle; vous l'aimez comme Jésus « aime son Eglise, et vous êtes trop pieux « pour mettre obstacle à sa sanctification. — « Mais j'aime assez les mortifications de « saint Adhelme et du bienheureux Robert ce d'Arbrisselle. —Je savais bien que je vous « convertirais : il n'y a pas dans Thabit d'Ar- « lequin une pièce qui ne convienne à « quelqu'un. »

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