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séjourne à Paris, puis on sillonne les provinces dont il est le centre : l'âme francaise voltige gaiment sur les monuments, les plaines riantes et les riches vignobles. Berlin, Cologne, Mayence, ont toute la rigidité allemande. Les lacs de la Suisse avec les chalets qui se mirent dans leurs eaux, c'est Lucerne avec sa simplicité charmante ; l'Autriche porte la distinction de sa noblesse légendaire : de F'talie se dégage un parfum de poésie où se mêlent le pittos resque de ses paysages et la douceur du langage de ses habitants.
Sur les sommets hautains de la Sierra Nevada et la colline où se dresse l'Alhambra plane l'âme vaillante et chevaleresque de la vieille Espagne ; les héros antiques de la Grèce ont comme laissé une parcelle de leur âme dans chacun des marbres de l'Acropole d'Athènes. Les restes de monuments, à Rome, la place de Trajan, presque toute découverte, le rocher du Capitole, les Thermes de Dioclétien, les Arcs de Constantin et de Titus, le Panthéon, qui se creuse un lit dans la poussière ont comme attaché à eux l'âme romaine : et le chrétien assis sur un gradin isolé du Colisée, assiste encore aux immolations et aux triomphes des martyrs, i'amphithéâtre a retenu leur âme. L'ombre des Pharaons s'étend au pied des Pyramides. L'ancienne spsendeur de Jérusalem perce à travers des ruines, comme les rayons du soleil qui se frayent un passage au milieu d'obseurs nuages ; l'âme du peuple de Dieu avec ses gloires et ses hontes, que lui méritérent ses ingratitudes, et l'âme du Christ se retrouvent en tous lieux : la Tour de David nous dit qu'il a vaincu € plus de dix mille »; les derniers vestiges
du Temple nous rappellent que « le lys n'est pas plus beau » que ne le fut le règne de Salomon : et aussi on y entend les lamentations de Jérémie, on s'attriste aux tristesses de Jésus, comme on se réjouit devant le sépulcre d'où il est sorti resplendissant de gloire; l'épée de Godefroy de Bouillon jette un brillant éclat et le Croissant apparait enfin comme le maître dominateur ; les pierres parlent, el'ipsi lapides clamabunt : même l'étoile qui promène sa clarté sur des murs autrefois illustres prolonge les funèbres accents du Prophète ; le soir, les échos en sont troublés, tant l'âme d'une ville ou de ceux qui la rendirent célèbre, s'attache à un coin de terre pour sourire ou pleurer.
Qui de nous n'est ému devant les plaines où se livrèrent les dernières batailles, batailles décisives qui changèrent l'allégeance de nos pères? Les mânes de Montcalm et de ses braves semblent s'Y mêler à celles de Wolfe et de ses guerriers, pour nous porter au respect d'un lieu témoin de leur bravoure à toute épreuve et de leurs hauts faits.
La patrie, c'est donc une race qui creuse ses pas ineffaçables dans la boue du chemin, qui foule une herbe qui ne se relève pas, qui façonne l'argile de ses mains, qui s'abrite sous un toit et y pose un souvenir, assoit une ville sur un sommet, au bord des “aux où au milieu des prairies.
La patrie, c'est une branche de l'humanité qui, transplantée, devient arbre vivant de sa propre vie, une race avec un tempérament à elle, un caractère dlistinetif, des mœurs particulières, des aspirations, les énergies qui la poussent à une fin, un génie qui
‘est allumé dans son âme : c'est une race qui à on