‹ Le citoyen [microforme]Chapitre 13 sur 51 · D ES · texte numérisé non relu

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ne sait quoi d'indéfinissable, comme le souffle de Dieu, mais qui se sent, nous lient par des fibres qui ne se rompent sans douleur, exalte et fait léger le poids des armes et bénir le sacrifice. Avec ce qu'elle a de précis et d'imprécis, la race est une puissance qui engendre l'amour. Nous dirions donc : le patriotisme est l'amour de la race.

Entrons dans plus de détails.

La patrie est tout d'abord le lien du sang.

La nation a pour berceau la famille. Quand celleci est arrivée à sa perfection, les membres qui la composent, se dispersent et s'étendent sur un vaste territoire, ils ajoutent une famille à une autre. C'est le groupement des familles qui forme un peuple.

Si l'on veut remonter à la source des nations, on s'arrête au pied de la tour de Babel. Avant de s'y rendre pour travailler à leur audacieuse entreprise, les descendants de Noé se tenaient ensemble, aucune ligne de démarcation n'existait entre eux,

ils étaient de vrais frères, ne se distinguant ni par la langue ni par les mœurs, ni par les intérêts. Mais quand ils y furent, le moment vint où il leur fallut se séparer.

La Genèse, rapportant la dispersion des hommes, définit en ces termes l'origine des peuples : «Ils se diviséerent chacun selon sa langue et sa famille (1). » Ne pouvant plus se comprendre, ils s'éloignèrent les uns des autres, seuls ceux qui avaient conservé le

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