PATIENTS NENENENTE
2 NN AM RU D ed ane 02
L HOMMI
s'ouvrait lorsque, remplissant les devoirs de notre
ministére, nous entrions dans des logis peu fréquentés ! Nous étions un rayon de soleil qui descendait dans l'obscurité lourde d'une solitude.
Telle est la force du lien de race qu'aux États- Unis les groupes nationaux se tisnneni serrés et que des individus de même sang + 1 -enient attirés comme par un puissant aimant. Pour ne cites qu'un exemple, celui que nous avons devant VEUX, at Rhode Island, il y a une puissance d'attraction entre les Canadiens, les mariages mixtes sont tr rares ; quoiqu'ils soient en contact avec les Américains et les Irlandais, ils reviennent toujours à « leurs premières amours ». Il est bien dificile d'augurer l'avenir qui sortira du mélange des races. Cependant. si le présent est un maître, la nôtre ne se perdra pas. Nos jeunes gens se plaisent entre eux, leur gaité toute française n'est point satisfaite dans un cercle étranger : d'ailleurs, l'on sait que les rap ports entre Canadiens et Irlandais ne forment pas des unions exemplaires. e
Que signifie le progrès des sociétés franco-americaines, sinon le besoin que sentent les nôtres de « rencontrer, de se sirler, de se communiquer leu intérêts, de se disposer à un état meilleur, de se faire une place toujours plus grande et plus sûre sous le soleil ?
Le voyageur subit fortement cette influence de la race. Sur une terre étrangcre, lointaine, il reconnait un compatriote à certains indices, il sen approche comme d'instinet, et il s'établit entre eux une intimité de parenté, c'est une correspondance d'observations sur des mœurs nouvelles, les senti-
ET LE CITOYI Un
LP ments s'ajustent bien, la Mpa saison se fait eni le pays visité et la patrie absente, et l'avantac naturellement à celle-ci : on échange des car “ promettant de se revsair au retour.
Le -ang se ranime et redevient bius chaud. lors que ceux qui 1 été sépa le Lx nu ati revoient leurs freres qui y seat enecce att s, i en seit comme jaloux et ent cormim SN LVÉLIS « nencire plus, Notre poé + le plus nat onal C1 êlre parce qu'il eut des épreuves = a cha patriotisme « qui se souvient », mai-ré les a dons d'une mére qui, un jour, ! il eus ins doute 4 cause d'un roi plus 6-bh eh ore.
Lorsque la France nous € à à 1 eter es Vaisseaux disparurent derr: re le l'fle Orléans, Nas per les pleurérent am: re: et onglemps leurs regards errèrent sur les :ots du “uint-Laurent dans lestoir aperee ‘ une voile amie rentrant au port. À esp ! Un iécle plus tard, alors que le vieux « !0 aie it cndormis, couchés dans le so! qu'ils ax iécor de leurs sueurs, uises des combat por «rester Fi s une frogal - dressi tiérement à la pointe Lév: nt ces quis:laient fait attendre ju sua hu: :e de l'espérance !
Quelle exp: si ee quelle effusion les enfants de rnêm utile mbr :ssèrent après
sépara son qui s erne
es visiteurs duren racher à nu fratcr-
le hospits té : le Canada n'était k üu- une terre
me sise, Un grand: tristesse se répandit dans es es mes, et le juite chante ainsi l’'émoiion
tonale :
« Quoi ! déjà nous quitter ! Quoi ? sur notre allégresse « Venir jeter sitôt un voile de tristesse !
re Ah ! quelle solitude Va créer parmi nous ce douloureux départ !
Vous partez. Et bientôt, voguant vers la patrie. Vos voiles salueront cette mère chérie !
On vous demandera, là- bas, si les Français Parmi les Canadiens ont retrouvé des frères.
Dites-leur que, suivant les traces de nos pères, Nous n'oublirons jamais leur gloire et leurs bienfaits. Ces naïfs paysans de nos jeunes campagnes, Où vous avez revu vos antiques Bretagnes,
Au village, de vous parleront bien longtemps. Et, quand viendra l'hiver et ses longues soirées, Des souvenirs français ces âmes altérées
Bien souvent rediront le retour de nos gens.
Comme ce vieux soldat qui chantait votre gloire Et dont, barde inconnu, j'ai raconté l'histoire, Sur ces mêmes remparts nous porterons n0S pas ; Là, jetant nos regards sur le fleuve sonore, Vous attendant toujours, nous redirons encore :
« Ne paraissent-ils pas (1)? »
I n'est pas de pays où les citoyens ne soient divisés. Spectacle regrettable, mais, hélas ! inévitable. C'est l'effet de la politique, elle soulève des couants d'opinions opposées, qui se combattent, et cet état de choses durera tant qu'il y aura des hommes sur la terre.
QG) GhéMazr : Envoi aux marins de « La Capricieuse », le 19 août 1885.
Cependant. ilest d'heureux moments où la race se ressalsit, Une circonstance la remet en place, on dépose les armes, €on cesse des luttes fratricides (1) », on se reconnait pour se donner ‘a main sur un terrain unique, le terrain nationai, on se compte dans la même famille réunie, le sang reprend ses droits et bat dans les veines avec 2lus de force. Mentionnons entre autres les fêtes de la nation. Le 1% juillet, les Français de New-York banquettent fraternellement, au chant de la Marseillaise, Au Canada. le 24 juin, les partis politiques ont un moment de répit, les ennemis se réconcilient ; le jour de la patrie, les chefs, qui d'ordinaire ne se rencontrent que pour la dispute. 1bondent dans le même sens et soulèvent des applaudissements unanimes.
Enthousiasme, dira-t-on. Oui, enthousiasme «qui naquit au bord du Jourdain », c'est-à-dire aux mêmes rives, là où l'on se sent sorti d'une même tige. Ces manifestations, où le patriotisme, puisé à la source primitive qu'est l'ancêtre, s'élance si haut pour dominer les « petites misères quotidiennes », comme la sève frappée au pied de l'arbre par un chaud rayon, sont la reconnaissance d'une patrie commune. Élle est corps, elle est âme, elle a ses traits particuliers, sa physionomie à elle ; elle parle à lous et à chacun, elle chante, elle s'épanche, elle sourit, elle pleure. elle s'assoit à une table, elle ylane sur une assemblée, elle déploie ses drapeaux, retrempe ses énergies et ses espoirs, elle oublie ses haines, déplore les passions diverses qui l'agitent ;
QG) Mot de Mercier : « Cessons nos luttes fratricides. »
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oh ! si elle avait le courage d'enlever les obstacles qui l'empéchent d'arriver à son but, l'union de ceux qui tiennent à ses entrailles ! Pour être paien dans notre expression, la patrie, ici, ce sont les mânes de ceux qui nous ont donné vie, qui se personnifient de nouveau en une apparence, une figure que nous tirons et que nous formons de l'ensemble de nes signes caractéristiques.
Oui, la patrie est une personne distincte et bien marquée; elle est incarnée dans les citoyens qui l'animent de leur vie, dans ces groupes où chacun
fait abstraction de soi-même pour se perdre dans
un tout, qui est la nation: elle est l'évocation d'une race qui est née et a passé, comme dans un drame, scencæ instar (1), mais pour se perpétuer dans ses fils, comme si elle n'avait cessé de soufller et d'agir. La patrie est tellement une personne que les Américains et les ameéricanisants s'efforcent de la créer de toutes pièces, tout leur travail es: de mêler les groupes pour former, un jour... qui est bien loin, une race reconnaissable à certains traits. Ils pensent qu'en les pénétrant de leur esprit ou mentalité, ils arriveront à un but que, mortels, ils ne verront pas. I n'y aurait plns alors de Franco- Américains, d'Irlando-Américains, ete., ete. ; 70 dirait, les rapportant à un même type : les voilà tous confondus, il n'y a plus de ligne de démareation. ils défilent en procession sans couleurs variées, ils boivent à la même coupe, ils chantent d'une commune voix « The star spangled banner ».
Illusions ! I faut pius que les pétards et les feu
(1) Cornelius à Lapide.
d'artifice du Quatre juillet, plus que le surchauflage à coups de discours, plus que l'imposition d'une langue unique, plus mème que l'intérêt pour engendrer une race, surtout quand les races latine el saxonne se rencontrent, les moins aptes à se fusionner.
Que l'on ne nous oppose pas le cas des Louisianais qui n'ont pas su, comme les Canadiens, de qui, par Iberville et Bienville, ils tiennent leur beau pays, se garantir de l’envahissement des États voisins(n). Quand même ils auraient à la bouche la tournure anglaise où américaine, qui ne distinguerait leur type d'avec celui qui les environne et les encombre ? Malgré leur américanisme, n'ont-ils pas conservé les traits presque ineffaçables des mœurs ancestrales ?
Les Tures, maîtres et tyrans de la Grèce, durant plus de trois siècles, se scout appliqués à élever dans le sang toute trace hellénique. Pour se convaincre de leur échec, que l'on fasse un court séjour à \thènes : non seulement le type, que l'on connait par les œuvres encore subsistantes des artistes ‘nciens, s'est peu ou point altéré ; mais la langue, quelles que soient ses modifications, est bien srecque.
D'ailleurs, est-ce que, au Canada, l'on nous conlonmt'avec l'Anglais ou l'Irlandais ? Est-ce que, dans la Babel qu'est la république américaine, on ne sait pas qui nous sommes ? Même :rux des nôtres qui lrahissent leur race, dans : 5: l'autre pays, en
4) Courrier des Etats-Unis, 1° mars igio. Article de \ndré Béziat, professeur à l’université de Tulane,
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