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prit d'indiscipline et linstinet particulariste des Américains qu'il a eu principalement à lutter (1).
ne s'en laissa pas plus abattre : il avait la passion du bien de ses concitoyens. Que serait-il arrivé, S'il n'eût été si persévérant? La face des choses n'aurait peut-être pas été ce qu'elle est maintenant en Amérique.
H serait bien délicat de citer des noms parmi nos hommes publics dont le dévouement à été trompé. Que l'on nous permette, cependant, de rappeler que Georges Cartier, l'un des plus remarquables Pères de la Confédération canadienne, fut défait aux élections de 1N52 par l'immense majorité de 1.290 voix données à son opposant, à Montréal, qui lui devait son agrandissement et sa prospérité. Il se fit élire ailleurs, bien plus loin: les Manitobains l'accueillirent avec joie. Quoique atteint au cœur, il s'attacha davantage à son poste de travail; la mort seule, hâtée par le coup qu'il avait reçu de ses coneitoyens, l'en arracha comme malgré lui, Belexemple
de persévérance que d'autres, plus faibles de carac-
ère, n'eussent pas donné (2).
Il en est de plus heureux : la faveur populaire les mène aux honneurs. On les appelle des € chanceux ». Puissent-ils, dans la gloire, n'avoir pas le
(1) 1bid,, 199.
(2) Le 14 juin 1906, mourait à Québec Sir Hector Langevin, aussi l'un des auteurs de la Coniedération. Dans un télégramme adressé à la famille en deuil, Sir C. Fitzpatrick, juge en chef de la Cour Suprème, disait : « Dé,à, on jui rend justice. » Sir Wilfrid Laurier, dans la Chaimbre des Communes, rendait à sa r'émoire le plus bel homimage, Chez les hommes bien pensants, Fhistoire commence des que la tombe est fermée,
vertige el perdre de vue ceux qui leur ont donné une poussée vers i5> hauteurs! Plus imposants sont leurs devoirs. La confiance sans limites de leurs concitoyens doit être tournée à leur bien : malheur à ces élus de la nation, s'ils s'en prévalent et en abusent pour une satisfaction personnelle ! L'histoire, quoique tardive, les jugera ; les plus beaux noms du présent seront en exécration dans l'avenir. La race n'oubliera pas.
Nous parlons des citoyens en vedette, de ceux qui sont chefs de nation ou de parti. Pourtant, les plus humbles sont appelés à jouer un rôle, plus caché, il esUvrai, mais non moins important et aussi nécessaire, En nos temps de démocratie moderne, où regne le suffrage universel, du haut en bas, à tous le civisme s'impose par cette pensée : « Ma race, celle ‘loù je viens et dont je vis, n'existe que par mon ‘oncours, le sort heureux ou malheureux de mes concitoyens dépend, d'une part, de ma conduite, Je ne dois pas me laisser guider par des motifs excluits et personnels ; je ne dois chercher aucun profit qui les prive d'un bien qui leur est dû. Ce que je fais aux iniens, je le fais à moi-même. puisque je suis membre de ce corps qui est la patrie, Quand les lois sont justes, je dois les approuver ; quand l'injustice souvre un chemin, je dois l'enrayer; quand des hommes droits et sincères réclament mx confiance, je la leur dois accorder : quand d'autres ne sont à es jeux que des spéculateurs éhontés, des ambi- ‘eux assoiflés de places et d'honneurs, foulant aux mieds les plus miroitantes promesses, rejetant au dernier plan les intérêts publics, quelque offre qu'ils ne fassent, quelque prix qu'ils attachent à ma par-
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ticipation à leurs actes malfaisants, je dois me dresser de toute la grandeur du citoyen outragé, non seulement les repousser d'un geste de mépris, mais, dans mon indignation, les précipiter de « leur chaire de pestilence ».
« Lorsque, en dehors de mon seuil, je suis témoin de souffrances auxquelles je puis apporter soulagement et consolation, je dois tendre la main et essuver les larmes qui coulent, Aux heures de calamités nationales. j'ai à prendre ma part de deuil, comme, aux jours de joies “ de triomphes, à m'exalter,
« L'honneur qui se répand sur ma race rejaillit jusque sur moi, et je puis en être le foyer. Ce serait l'amoindrir devant les peuples que de me diminuer. Si je me couvre de honte, elle rougira de mes actes, Il y a entre nous deux la plus étroite solidarité. Tous mes eflorts doivent tendre vers ce but : l’embellir et lu glorifier, et je suis honoré de mes concitoyens d'un autre sang.
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«Tout bien vient de Dieu, et tou! bien nous arrive par ie moyen de la prière. Ce moyen, je ne dois pas le réserver pour moi seul. Prier pour la patrie, c'est prier pour soi, Dans le temple saint, en face des sacrés autels où préside le Dieu des nations, je dois implorer pour elle dans ses épreuves, surtout durs ses fautes: je dois appeler les bénédiclions divines sur ses entreprises et ses projets, comme je dois rendre grâces dans ses succès, Le Seigneur, passant de la race à moi, me regarder: favorablement. »
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Ce n'est pas en vain que l'Eglise, dans sa sagesse
et sa charité pour les peuples, leur à désigr, ‘em ange tutélaire dans le ciel. Nous. de « la nobie
nation canadienne (1) », invoquons le glorieux Pré. curseur du Christ, saint Jean-Baptiste, Vous de la la grande nation américaine, que de vos cœurs échappe la plus ardente des prières vers la Vierge, mére du Sauveur et de l'humanité (2).
Couronnons par cette pensée pieuse les devoirs à accomplir dans ta vie de ciloyen, à mon frére.
Pour te tenir à une hauteur où tu dois être, mais, hélas! d'où il l'est si facile de tomber, à cause de ton Propre poids, considère le plus idéal des ciloyens, Jesus de Nazareth.
Sa mission est universelle, elle e
mbrasse tous les hommes « qu'il veut sauver (3) » : mais sa prédilec-
lon paraît s'être posée à ce petit coin de terre où il consentit à naître, vivre et mourir, En descendant du sein de son Pére, il se fit sembl milieu desquels il devait opérer laits, assure-t-on, étaient de |
able à ceux au la Rédemption : ses a race qu'il avait choisie; à l'entendre, on eût dit que le reste du monde lui importait moins que ses ‘ l'ai été envoyé pour les brebis perdues dans la Haison d'Israël (5)», dit-il, I se dépensa dans In Judée € qu'il parcourait en faisant le bien et guéris- “nUtous ceux que le démon tourmentait (5) ».
\ppartenir à la nation juive était un titre
concitoyens,
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(1) Parole de Pie X.
2} Les États-Unis ont pour patronne Fimmaculée ‘de la Bienheureuse Vierge Marie,
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